Israël: l’ultranationaliste Lieberman entre au gouvernement

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) et Avigdor Lieberman viennent de signer un accord le 25 mai 2016 à la Knesset

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) et Avigdor Lieberman viennent de signer un accord le 25 mai 2016 à la Knesset.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a conclu mercredi un accord sur l’entrée dans son gouvernement de l’ultranationaliste Avigdor Lieberman qui a promis de se montrer «responsable», devant les interrogations sur un durcissement de la politique vis-à-vis des Palestiniens.

Après une semaine de laborieuses discussions, les alliés de MM. Netanyahu et Lieberman se sont entendus pour que ce dernier prenne le poste crucial de ministre de la Défense, qui supervise les Territoires palestiniens. Un autre membre de sa formation Israël Beiteinou, Sofa Landver, deviendra ministre de l’Intégration, autrement dit de l’immigration.

Les deux ministres doivent être investis la semaine prochaine.

Le remaniement porte de 61 voix à 66 la majorité de M. Netanyahu au Parlement, où siègent 120 élus. Il fait de ce gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël selon les commentateurs.

Le Premier ministre cherchait à élargir son gouvernement depuis sa victoire aux législatives de mars 2015 qui lui avait accordé une majorité parlementaire d’une seule voix. La nécessité d’étendre son assise semble s’être faite plus urgente avec un surcroît attendu de pressions internationales et peut-être américaines.

Face à la possibilité d’un durcissement de la politique à l’encontre des Palestiniens avec l’arrivée à la Défense d’un homme connu pour ses diatribes anti-arabes et son populisme belliqueux, M. Lieberman s’est employé à dissiper les inquiétudes.

«La première chose à laquelle je m’engage, c’est une politique responsable, raisonnable», a-t-il dit devant la presse alors qu’il officialisait l’accord avec M. Netanyahu.

'Une escalade de l’extrémisme'

M. Lieberman est une figure détestée des Palestiniens. «Ce gouvernement représente une vraie menace d’instabilité et d’extrémisme dans la région», a déclaré à l’AFP Saëb Erakat, numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Quant au mouvement islamiste Hamas qui dirige la bande de Gaza, il a dénoncé dans le retour de M. Lieberman «une escalade dans le racisme et l’extrémisme».

M. Netanyahu a signifié que le retour de celui qui fut son mentor puis son ministre des Affaires étrangères (2009-2012 et 2013-2015) ne changerait pas les orientations gouvernementales.

Avec M. Lieberman et les autres responsables de la sécurité, «nous allons continuer à préserver la sécurité des Israéliens, et nous le ferons avec détermination et sens des responsabilités”, a-t-il assuré.

«Mon gouvernement continuera a chercher à parvenir à la paix avec les Palestiniens et avec tous nos voisins», a-t-il ensuite dit.

Quelques jours avant d’engager les négociations avec M. Netanyahu, M. Lieberman accusait le gouvernement de manquer de fermeté face aux attaques palestiniennes et de ne pas construire dans les grands blocs de colonies de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

Agé de 57 ans, M. Lieberman remplace à la Défense Moshé Yaalon, considéré en Israël comme un avocat de la retenue envers les Palestiniens.

A la différence de plusieurs autres membres d’un gouvernement qui fait la part belle aux nationalistes religieux et à la droite du Likoud, M. Lieberman n’est pas hostile à la création d’un Etat palestinien. Mais il défend un échange de territoires qui ferait passer sous administration palestinienne une partie de la minorité arabe d’Israël contre des colonies de Cisjordanie. Une idée inacceptable pour les Palestiniens.

Conditions

Selon différents commentateurs, M. Lieberman pourrait se montrer pragmatique à l’épreuve du gouvernement et ce serait M. Netanyahu qui tirerait les ficelles.

Les deux hommes se sont durement affrontés par le passé et M. Lieberman a récemment décrit le Premier ministre comme «un menteur, un tricheur et une crapule».

M. Lieberman a renoncé à certaines de ses conditions qui, de la part de ce fervent laïc, portaient sur le mariage civil ou la conscription des ultra-orthodoxes. Mais elles heurtaient précisément la composante ultra-orthodoxe du gouvernement.

Il a insisté en revanche sur une exigence concernant les retraites des immigrés de l’ex-URSS, base électorale de ce natif de Moldavie. Le gouvernement a finalement accepté d’allouer environ 1,4 milliard de shekels (363 millions de dollars) aux retraites de tous les Israéliens.

M. Lieberman défendait aussi la possibilité accrue d’infliger la peine de mort aux auteurs d’attentats anti-israéliens. Selon l’accord, il a obtenu que la peine prononcée par les tribunaux militaires en Cisjordanie ne le soit plus à l’unanimité des trois juges, mais à la majorité. Dans les faits, Israël n’a pas appliqué la peine capitale depuis 1962.

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