Rapport du PRB : l’augmentation des salaires des parlementaires divise

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Le Pay Research Bureau a proposé une hausse salariale de 5 à 8 % pour les ministres et députés.

Le Pay Research Bureau a proposé une hausse salariale de 5 à 8 % pour les ministres et députés.

Le Pay Research Bureau (PRB) a proposé une hausse salariale pour les ministres et députés (voir tableau). Cette augmentation prendra effet dès que le Conseil des ministres aura donné son aval et envoyé les propositions à l’Assemblée nationale. Là, elles vont figurer dans deux projets de loi. À savoir le President’s Emoluments and Pension (Amendment) Bill, pour les salaires de la présidente et du vice-président de la République, et le National Assembly Allowances (Amendment) Bill, pour le salaire des ministres et des autres membres du Parlement. Avec effet rétroactif au 1er janvier 2016.

Toutefois, avant même la finalisation de ces étapes, cette hausse salariale divise. Pour Shakeel Mohamed, député et chef de file du Parti travailliste à l’Assemblée nationale, le moment est mal choisi pour accorder une augmentation. «Il y a des familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et la situation économique est difficile. D’ailleurs, certains travailleurs n’ont obtenu que Rs 300 comme compensation salariale au début de l’année. Le PRB envoie là un mauvais signal.» Il affirme que le gouvernement ne devrait approuver cette augmentation en guise de solidarité avec la population.

Cependant, décrivant le travail d’un ministre, l’ancien titulaire du poste au ministère du Travail fait ressortir qu’un ministre n’a pas d’heure fixe pour mener à bien sa fonction. «Certains passent une partie de leur temps au bureau. D’autres y restent toute une journée et même tard le soir, et des fois sept jours sur sept.» D’autres encore sont des «pigeons voyageurs», déclare le député travailliste. 

Il ajoute qu’il faudrait avoir des règlements concernant le travail des ministres pour que ce soit plus facile de juger leur performance. «Pourquoi ne pas commencer par un système de check-in et de checkout au bureau du ministre ? Ce serait plus facile de connaître le nombre d’heures qu’ils passent au bureau.»

Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public, va dans le même sens que Shakeel Mohamed. Il avance que cette augmentation salariale suscite beaucoup d’interrogations et que le PRB doit pouvoir la justifier.

«Qui a déposé (…) ?»

Le directeur du PRB a pris un mois et demi pour proposer cette hausse des salaires, mais au préalable, il a fallu qu’il y ait des recommandations de la part des principaux concernés. Des ministres et députés auraient donc dû déposer devant le PRB.

«Qui a déposé et qui a fait des recommandations au PRB ?» se demande Rashid Imrith (voir interview du directeur du PRB en page 8). Il trouve surprenant que les membres de l’Assemblée nationale obtiennent une augmentation supérieure à celle des plus hauts fonctionnaires, c’est-à dire, les secrétaires permanents. Ces derniers ont obtenu une hausse salariale de Rs 8 000.

Le ministre, étant le political head de son ministère, ne répond qu’au Cabinet et pas à ses fonctionnaires. Personne ne décide de ses horaires et de ses congés, explique le syndicaliste. Le syndicaliste ajoute que le gouvernement doit introduire le Public Service Bill car cela réglementera les conditions et les plans de travail des ministres et instaurera une discipline car «ils sont payés des fonds publics».

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