Ajay Gunness: «Le gouvernement aurait dû réduire les salaires des parlementaires»

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© BEEKASH ROOPUN

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D’ici trois mois, le rapport de la «taskforce» sera validé, soutient Ajay Gunness, secrétaire général du MMM. Mais il concède que certaines propositions sont «tellement idéalistes que leur mise en pratique s’avère compliquée».

L’assemblée des délégués du MMM se réunit dimanche. S’agit-il d’un «remake» de la journée de réflexion du 1er mai ?
Mettons les choses dans leur contexte. Le 1er mai, nous avions le choix entre l’organisation d’une journée de réflexion pour discuter du rapport de la taskforce sur les changements à apporter à la constitution du parti et l’organisation d’un rassemblement public. Nous avions opté pour la journée de réflexion.

Mais au même moment, nous avions fixé la date du 22 mai pour une assemblée des délégués sur la situation politique dans le pays. Cette assemblée des délégués étant purement politique, aucune décision ne sera prise. Nous voulons là créer le déclic chez les militants pour ensuite lancer une série de congrès régionaux.

N’est-ce pas la crainte de ne pouvoir mobiliser les troupes qui a fait que la journée de réflexion a été organisée ?
Ah non, c’est plutôt par respect pour les militants présents le 1er mai 2015 (NdlR : où il avait été décidé d’instituer ladite taskforce) et par respect pour la taskforce qui a fait son travail et a soumis son rapport. Le débat sur le rapport était sous la présidence du leader, Paul Bérenger, ce qui démontre tout le sérieux de l’exercice du 1er mai. Nous n’avions aucun doute que nous aurions pu rassembler une foule ce jour-là. Mais d’un autre côté, les syndicats ont pu faire leur 1er-Mai et aussi, il n’y a pas d’élections générales dans l’immédiat.

Quand ce fameux rapport sur la relance du parti sera-t-il validé ?
Pourquoi fameux ? Bon, le rapport est prêt et on ne sait pas combien de réunions spéciales du bureau politique (BP) seront nécessaires pour en discuter. Ça prendra trois mois ou plus pour le valider. Il n’y a pas de gros désaccords sur ce rapport, c’est un super-programme réactualisé et moderne.

Plusieurs points de ce rapport font tiquer Paul Bérenger. Certaines propositions sont-elles trop idéalistes ou est-ce le changement qui effraie ?
Ce n’est pas qu’il ne soit pas d’accord, mais certaines propositions sont tellement idéalistes que leur mise en pratique s’avère compliquée. Le BP se réunira autant de fois que nécessaire et, ensuite, les amendements seront proposés au comité central. Si celui-ci les approuve, on va convoquer une assemblée des délégués qui validera, ou pas, les recommandations.

Le MMM s’active sur le terrain. Certains membres du parti se positionnent-ils en cas d’élection partielle ?
Le pays a besoin de plus que des élections partielles et nous sommes prêts. En 16 mois, ce gouvernement fait tout le contraire de ce qu’il avait promis : les nominations, l’économie et la création d’emplois, entre autres. Nous avons des possibilités concernant les candidats mais c’est prématuré d’avancer des noms.

Entre vous et Pradeep Jeeha (NdlR : un des quatre adjoints au leader du MMM), qui se positionne pour seconder Paul Bérenger en cas de victoire du MMM lors des prochaines élections générales ?
Pour le poste de Deputy Prime Minister, le Premier ministre (Paul Bérenger) fera son choix, et je suis sûr qu’il sait qui choisir, ou pas. Il n’y a pas de compétition entre Pradeep Jeeha et moi. Nous travaillons ensemble comme une équipe, il n’y aura pas de division.

Frédéric Curé (NdlR : gendre de Paul Bérenger) assiste de temps en temps aux travaux parlementaires. Il se positionne pour un poste plus important au sein du parti ?
Je ne savais pas que Frédéric Curé se rend au Parlement. C’est une bonne nouvelle, il fait son apprentissage. C’est bien qu’il s’intéresse aux travaux parlementaires. Il est un candidat potentiel pour des élections générales.

Les parlementaires mauves font entendre leur voix au Parlement. Pas de censure donc pour les questions parlementaires ?
Je félicite nos députés. Ils ne sont que sept mais donnent du fil à retordre au gouvernement. Au niveau du MMM, il n’y a pas de censure mais il y a, évidemment, une discipline avec un Whip qui se charge de s’assurer que les questions parlementaires correspondent à la ligne du parti. En ce qui concerne la censure frappant ces quelques députés de la majorité gouvernementale qui essayent de faire entendre leur voix, c’est triste. Ils parlent en dehors du Parlement mais capitulent et retirent leurs questions parlementaires quand on les leur demande. Soit ils parlent ouvertement et maintiennent leurs positions en posant leurs questions soit ils se taisent.

La hausse des salaires des parlementaires et d’autres membres de la hiérarchie politique est-elle justifiée ?
Ça vient au mauvais moment. Le Premier ministre gagne environ un demi-million de roupies mensuellement et il n’a pas encore indiqué s’il touche toujours une allocation en tant qu’ancien président de la République. Le gouvernement aurait dû envoyer un signal fort à la population, en réduisant les salaires des parlementaires de manière symbolique pour montrer leur soutien à la population.

Sinon, au sujet du conflit Soodhun-Uteem, comment gère-t-on les choses au MMM ?
Bon, Soodhun c’est Soodhun ! On n’a qu’à voir son désaccord avec Sam Lauthan (NdlR : le Chairman démissionnaire du Centre culturel islamique). Je crois qu’il ne pense pas avant de parler. Sir Anerood Jugnauth s’est entouré de deux fous furieux, entre Soodhun et Bhadain. La diarrhée verbale de Soodhun sur Reza Uteem n’est pas à prendre au sérieux.

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