Humiliée par Ramgoolam, Sandhya Boygah bronze au soleil

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La Parliamentary Private Secretary lors d’un meeting à New Grove, le 24 novembre 2014.

La Parliamentary Private Secretary lors d’un meeting à New Grove, le 24 novembre 2014.

Belle revanche pour Sandhya Boygah. Humiliée par Navin Ramgoolam au temps où elle était membre du PTr, la Parliamentary Private Secretary (PPS) s’offre, semble-t-il, une «nouvelle naissance» avec le MSM. Une ascension aussi fulgurante que controversée

Depuis quelques semaines, la députée du n°11 (Vieux-Grand-Port–Rose-Belle) fait, en effet, les choux gras de la presse. Raison : il y a peu, la compagnie de son époux Yashodhar Boygah a obtenu un contrat du ministère de la Pêche pour exploiter un barachois à Poudre-d’Or. Plus récemment, la Gambling Regulatory Authority (GRA) a restitué à Empowering People Ltd, compagnie de Sandhya Boygah, ses permis de bookmaker. Permis suspendus en 2011 (voir encadré).

L’express revient sur deux dates marquantes de la carrière politique de Sandhya Boygah. Flash-back. 2005. La campagne électorale bat son plein. La jeune Sandhya Boygah, alors enceinte, donne un coup de main à Balkissoon Hookoom, Dhanraj Boodhoo et Mahen Gowressoo, les candidats de l’Alliance sociale. Cette native de Rivière-du-Rempart jouit, en effet, d’une certaine popularité dans cette région.

Six mois plus tard, devenue une activiste rouge, elle se porte candidate aux élections villageoises. Les trois anciens candidats de l’Alliance sociale lui renvoient l’ascenseur. Faisant forte impression, elle est élue avec aisance. Sandhya Boygah, qui détient un BA Economics, un MBA et un Advance Diploma in software Engineering – c’est du moins ce que mentionne son «biodate» sur le site de l’Assemblée nationale –, est vite propulsée au conseil du Nord, où elle est élue vice-présidente au côté du président Ranjiv Woochit. Ce dernier est un ami proche de Navin Ramgoolam.

Moment de gloire de courte durée

La jeune femme a de l’ambition. Ce qui n’est pas au goût de tous. Notamment du président et de quelques autres membres du conseil du Nord. Sandhya Boygah n’en a cure. Et s’entête. Contre toute attente, en 2010, elle crée la surprise. Malgré le mot d’ordre du leader du PTr, Navin Ramgoolam – qui était également député de la circonscription n°5 (Pamplemousses–Triolet) – de ne pas la soutenir, des conseillers du Nord font la sourde oreille. Quelques-uns ne répondront d’ailleurs pas aux appels télé- phoniques du Premier ministre à quelques minutes des élections… C’est ainsi qu’elle devient la première présidente du Nord après une campagne qualifiée de «sous-marine», c’est-à-dire en cachette.

Mais ce moment de gloire ne sera que de courte durée. Aussitôt l’élection de Sandhya Boygah, trois élus déposent une motion de blâme contre elle. Devant la pression venant de «haut lieu», elle se sent mal et sera admise en clinique un week-end entier. Avant de démissionner le lundi matin, alors même que la lettre de destitution est en route.

L’état-major du PTr évoque un acte d’«indiscipline», d’où sa destitution. Le lendemain, elle annonce sa démission du PTr lors d’une conférence de presse. «If you are not poupée and you do not tous sali, you do not have your chance», a-t-elle lancé pour expliquer le fonctionnement du PTr.

Ayant pris goût à la politique, Sandhya Boygah demeure active sur le terrain. Si Paul Bérenger affirme qu’elle a frappé à la porte des mauves, c’est finalement au MSM qu’elle obtient un ticket pour les élections générales de 2014 dans la circonscription n°11 (Vieux-Grand-Port–Rose-Belle). Le 30 novembre, en pleine campagne électorale à Rose-Belle, elle lâchera cette phrase à l’intention de Paul Bérenger et de Navin Ramgoolam : «Enn sans mo ti al tal lamin. Si mo ti al tal lézot kitsoz, laéropor ti pou mwa zordi.»

Cette directrice d’entreprise, qui a aussi travaillé comme Business Development Manager, est élue en deuxième position. Sir Anerood Jugnauth la nomme par la suite PPS. À chaque fois qu’elle prend la parole au Parlement, elle ne manque pas d’égratigner Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Mais ses interventions ne sont pas toujours au goût de tous. D’où le fait qu’elle a été rappelée à l’ordre à plusieurs reprises par la Speaker Maya Hanoomanjee. Et lors de sa première intervention au Parlement, elle avait évoqué sa césarienne, sujet considéré comme hors propos par quelques députés.

Tout cela ne semble toutefois pas affecter Sandhya Boygah, qui vit dans une autre sphère. Elle a quitté Rivière-du-Rempart pour Quatre-Bornes.

Suspension de permis en 2011

C’est en 2011 que la GRA suspend les permis de bookmaker d’Empowering People Ltd, compagnie spécialisée dans des paris sur des matches de football. La société n’avait pas versé des fonds non réclamés au gouvernement. À «l’express», dimanche, une source de la GRA affirme qu’Empowering People Ltd avait sollicité le Privy Council, qui a statué que l’instance régulatrice n’avait pas donné au contestataire l’occasion de se défendre. «Nous avons pris des conseils légaux et décidé qu’Empowering People Ltd pourra opérer dans cinq succursales.» La compagnie a payé une amende de Rs 50 000, mais elle devrait retirer sa demande de dommages faite en cour.

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