Ils ont du métier- Andy Tandrayen 44 Ans: le «marsan lotri» sort le grand jeu

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Vendredi matin, à Rose-Hill. C’est l’attroupement autour d’un van. Ce qui attire les gens comme des mouches ? Les billets de loterie,  qui se vendent comme des petits pains.

«Tiraz taler (NdlR : hier)», souligne le revendeur. Puisque le hasard fait bien les choses, l’on saisit cette chance au passage, tentons un coup de poker, essayons d’en savoir plus. L’homme se prête volontiers au jeu des questions-réponses.

Son métier, cela fait plus de 26 ans qu’il le pratique. D’entrée de jeu, Andy Tandrayen, 44 ans, joue cartes sur table. Il a bien essayé de faire autre chose, mais le jeu n’en valait pas la chandelle. Alors il a tenté sa chance et postulé pour être salesman. Bingo ! Il a su dès le départ, dit-il sans tricher, qu’il avait trouvé sa voie.

Ainsi, depuis presque trois décennies, il grimpe à bord du van que l’entreprise met à sa disposition. Les journées démarrent à 8 h 30. Il se gare en général au même endroit, histoire  qui veulent tenter leur chance en achetant ses billets. Pour écouler ses talons de 100 billets chacun, il mise sur son arme fatale : la tchatche. «Pou klian vinn ar ou, ou bizin met dialog ek ou bizin poli.»

La tactique est payante. Les clients défilent, pressés de récupérer ces morceaux de papiers qui pourraient les transformer en millionnaires. Tiens, en passant, Andy est-il joueur ? A-t-il déjà remporté un pactole quelconque ? «Non, sinon ti pou lwin la !»

Qu’importe, il est beau joueur. Ce qu’il a de plus précieux, poursuit-il, c’est sa petite famille. Ses trois «grands enfants», âgés de 13, 14 et 17 ans. C’est pour eux que cet habitant de  Tranquebar trass sa petite vie chaque jour. Côté salaire, est-ce le gros lot ? «Bah, je gagne Rs 9 000 mensuellement. » Il précise que les salesmen ne touchent pas de commission s’ils vendent plus de billets.

Retour à la table de jeu. Combien de billets justement vend-il au quotidien ? Cela dépend, avoue Andy. Mais si c’est un bon jour, il lui arrive d’en écouler 500. Tout en sachant que les «habitués» réservent leurs billets à l’avance. «Ena kontan zoué memmem sif sak fwa.» Il faut croire que le quadragénaire a la main  heureuse, puisque, à trois reprises, il a vendu les billets ayant permis à d’heureux veinards de toucher le jackpot. A-t-il eu «enn ti zafer» en retour ? «Non, zot fonn lor map

Mais encore une fois, ce n’est pas cela qui compte. «Mo kontan travay-la, mo kontan gagn kontak ek dimounn.» Andy s’estime en effet chanceux de pouvoir faire un job qu’il aime pour gagner sa vie, d’avoir un ticket avec les billets.

Il espère que l’histoire durera longtemps encore et ne souhaite en aucun cas changer de terrain de jeu.

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