Mahen Jhugroo: «Il ne faut pas qu’il y ait une opposition au sein du gouvernement»

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Mahen Jhugroo, Chief Whip et député de la circonscription n°12 (Mahébourg–Plaine Magnien).

Mahen Jhugroo, Chief Whip et député de la circonscription n°12 (Mahébourg–Plaine Magnien).

Des députés peuvent poser leurs questions lors de la réunion des parlementaires. Ils ne doivent pas poser des questions embarrassantes pour le gouvernement au Parlement, estime Mahen Jhugroo.

Comment digérez-vous votre expulsion mardi ?

Je l’ai oubliée dès le lendemain. Il y avait une importante conférence qui se tenait à l’hôtel Le Méridien mercredi et jeudi. Et là, j’ai rencontré la Speaker et nous nous sommes bien parlé. Pour moi, la page est tournée.

N’empêche que vous aviez reçu plusieurs avertissements de la part de la Speaker…

Écoutez. Je me suis énervé quand j’ai constaté que le député du Parti travailliste Osman Mahomed faisait de la démagogie. Il voulait que le gouvernement introduise des subsides sur des sacs en plastique. Si ce n’est pas de la démagogie, c’est quoi alors ? En passant, je dois souligner que l’ancien ministre a eu le courage d’interdire les sacs en plastique.

Cela fait presque 18 mois que vous êtes Chief Whip. Comment voyez-vous le fonctionnement du Parlement ?

Très correct. Tout se déroule dans la transparence. Les journalistes savent depuis le matin, sinon la veille, le déroulement des travaux parlementaires, le nombre de projets de loi qui seront débattus et à quelle heure prendront fin les travaux. Dans le passé, on n’en savait rien. Après la Private Notice Question, l’ancien Premier ministre disparaissait du Parlement et souvent, on ne savait pas à quelle heure les travaux prendraient fin. Et les parlementaires, y compris ceux du gouvernement, ne savaient pas où se trouvait le Premier ministre. En tant que Chief Whip, je connais ceux qui seront présents et ceux qui seront absents. Je n’aime pas voir une chaise vide dans les rangs du gouvernement. D’ailleurs, le Premier ministre est toujours présent à toutes les séances du début jusqu’à la fin…

Vous parlez de chaise vide. Nous avons constaté que Xavier-Luc Duval a brillé par son absence lors de la seconde partie de la dernière séance, alors qu’un ministre du PMSD, en l’occurrence Aurore Perraud, avait présenté un projet de loi…

Difficile de vous répondre car j’ai été expulsé ce jour-là. Mais peut- être que Xavier-Luc Duval avait un engagement.

Ne pensez-vous pas que Xavier-Luc Duval a voulu exprimer son mécontentement car il n’a pas été consulté concernant la nomination des nouveaux membres de l’Equal Opportunities Commission ? Non. Je ne peux répondre à cette question.

Toujours concernant le PMSD, il y aurait un malaise car ce parti voulait être repré senté au sein de l’Association des parlementaires de l’océan Indien. Êtes-vous au courant ?

Effectivement, Guito Lepoigneur voulait faire partie de cette association. Mais je lui ai fait comprendre qu’au sein du comité panafricain, il y a deux représentants du PMSD et un du MSM. On a voulu rétablir l’équilibre et on a inclus un député du ML, en l’occurrence Eddy Boissézon.

Connaissez-vous la réaction du PMSD ?

Non. Tout ce que je sais, c’est que Guito Lepoigneur a quitté la conférence jeudi matin et je ne l’ai pas revu. Je n’ai pas demandé de renseignements.

Les relations entre le PMSD et le MSM ne semblent pas au beau fixe… Non, pas du tout. C’est le contraire qui est vrai.

Chaque semaine, des «backbenchers» du gouvernement, surtout ceux de votre parti, le MSM, soutiennent qu’ils sont contraints de retirer leurs questions.

Non, peut-être qu’ils n’ont pas bien formulé leurs questions.

Il y a deux semaines, Bashir Jahangeer a dû retirer une question concernant le CEB et, cette semaine, une question du «backbencher» Rughoobur a été enlevée de l’agenda. Il semble que les députés n’ont pas cette liberté au sein du MSM ?

Écoutez. La veille de chaque séance parlementaire, les députés de la majorité se regroupent. Ils ont le loisir et la liberté de poser n’importe quelle question et de demander des éclaircissements. Personne ne les en empêche…

Mais il y a des questions d’intérêt national qui doivent être posées au Parlement et sur lesquelles ils peuvent rebondir. Ne pensez-vous pas que celles-ci doivent être posées au Parlement ?

Je ne crois pas qu’il devrait y avoir une opposition au gouvernement. Il ne faut pas qu’ils posent des questions embarrassantes aux ministres. Ils ont été élus sous la bannière du gouvernement et doivent «toe the party line».

Est-ce cela la démocratie ?

Vous savez, le MSM est un parti très démocrate. Nous avons un bureau politique et un comité central qui fonctionnent dans la transparence. N’importe qui est libre de poser n’importe quelle question. Personne n’a de pistolet collé à la tête. Je me demande si quelqu’un au PTr a le courage de demander à Navin Ramgoolam de «step down» en attendant que tous ses procès se terminent. J’ai ouvert cette parenthèse pour vous expliquer que le MSM est un parti où règne la démocratie.

Un ancien membre du MSM, Danielle Selvon, qui a la liberté de la parole aujourd’hui, dit qu’elle n’avait pas le droit d’exprimer son point de vue …

Je ne comprends pas ces personnes. Elles sont venues demander un ticket au parti. Elles l’ont obtenu et ont été élues. Elles ont pris la place d’autres et aujourd’hui elles disent qu’on n’a pas la liberté de parler au MSM. Pourquoi donc se sont-elles jointes au parti ? Ce sont des démagogues.

Beaucoup de personnes estiment qu’en voulant discréditer l’ancien régime, vous posez souvent la même question au Parlement, comme cela a été le cas sur le conseiller de l’ancien Premier ministre, Andrew Scott.

L’opposition a adressé une question sur les conseillers du Premier ministre, notamment Dev Beekharry et Prakash Maunthrooa. J’appelle cela de la démagogie. Donc, j’ai voulu démontrer ce que valaient les conseillers de l’ex-Premier ministre. Et surtout les frasques du conseiller en matière économique. Andrew Scott n’a pu produire un seul rapport et on sait ce qu’il a coûté à l’État. Ainsi la population peut faire la différence.

En matière de dépenses, on vient d’apprendre que le ministre Roshi Bhadain a effectué 14 voyages en un an, qui ont coûté presque Rs 10 millions. Quelle est votre réaction ?

Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus!

Tout n’est pas rose au sein du MSM et du gouvernement. Deux ministres du MSM, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Roshi Bhadain, sont en conflit, l’un ayant même juré un affidavit contre l’autre…

J’ai été surpris de ce conflit. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre et l’équipe gouvernementale a retrouvé sa sérénité.

Est-ce que ce gouvernement ira jusqu’à la fin de son mandat ?

Pas jusqu’à la fin, mais au-delà de 2019.

Et qui sera alors le Premier ministre ?

Sir Anerood Jugnauth demeure le Premier ministre pour l’instant…

Non, je parle de l’après sir Anerood Jugnauth, soit au-delà de 2019. Il a clairement dit que c’est son dernier mandat.

Pravind Jugnauth attend son jugement. Je suis convaincu qu’il sera blanchi. Une fois innocenté, il se positionnera comme le futur Premier ministre.

Pravind Jugnauth, de qui vous êtes proche, s’est montré très discret depuis sa condamnation. En connaissez-vous la raison ?

Sans doute qu’il attend le jugement. Toutefois, je peux vous dire que son absence au sein du Cabinet est grandement ressentie par le MSM. Mais, comme je vous l’ai dit, je suis confiant qu’il retrouvera très vite sa place au sein du Cabinet. Surtout qu’on connaît la capacité de Pravind Jugnauth quand il était ministre de l’Agriculture et ensuite ministre des Finances. Il a beaucoup fait pour les travailleurs du pays.

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