1e Mai: est-ce vraiment la fête ?

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Réalité locale : la Fête du travail est victime de récupération politique. Le travailleur est ainsi devenu un spectateur passif de sa propre «fête». Les syndicats, eux, tentent de reprendre la main depuis peu, 2016 ayant vu une recrudescence du nombre de manifestations… Et c’est loin d’être l’accalmie. Le feu couve. Puis, qu’en est-il du salaire minimum promis ?

Pour Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public et aussi président d’All Employees Federation, qui regroupe plus de 29 000 membres, le salaire minimum est long overdue, car le gouvernement avait promis son introduction trois mois après sa prise de pouvoir. Au lieu de ça, «zot pé vinn avek enn komité kot sindika pou an minorité. Les paramètres montrent les difficultés pour instaurer ce salaire minimum. Nous avons rencontré le ministre Callichurn le 26 novembre dernier. Il nous avait promis qu’il discuterait avec les syndicats avant que le projet de loi n’aille au Parlement. Zamé nou finn gagn konténi Bill-la pou nou diskité. Zot pé pran travayer for granted». Rashid Imrith lance un appel aux travailleurs pour qu’ils s’unissent car le gouvernement, dit-il, croit qu’il a eu un chèque en blanc après son plébiscite électoral.

«Ena travayer ankor gagn mwins ki Rs 5 400 par mwa»

Pour Fayzal Ally Beegun, président de la Textile Manufacturing & Allied Workers Union, le salaire minimum doit aussi concerner les travailleurs étrangers. Avec plus de 50 000 d’entre eux qui travaillent à Maurice, il avance qu’il faut instaurer une convention cadre qui veillerait à ce que leurs conditions de travail soient respectées, qu’ils ne soient pas déportés arbitrairement et qu’ils vivent dans des conditions humaines. «Li inakseptab ki, apré 48-t-an lindépandans, éna travayer ankor pé gagn mwins ki Rs 5 400 par mwa. Zordi, nou éna 50 000 somer. Eski dan 5-an sif somaz pa pou dépas 80 000 ?»

Pour lui, le secteur textile est aussi menacé, avec les Mauriciens ne voulant pas y travailler du fait que les salaires ne conviennent pas à leurs besoins essentiels. D’autant plus que si les importateurs européens ouvrent les yeux sur les mauvais traitements infligés aux travailleurs étrangers, ils risquent d’aller voir ailleurs.

L’éducation est aussi sur des charbons ardents. Avec le secondaire privé qui vient de se mettre en grève, à travers l’Union of Private Secondary Education Employees, et qui accueille mal le Nine-Year Schooling. Le secondaire d’État, à travers la Government Secondary School Teachers Union et son président, Vikash Ramdonee, milite pour qu’au moins une fois dans sa carrière un enseignant ait droit à une promotion. Celui-ci se félicite de l’ouverture des dialogues avec le ministère de l’Éducation mais il souhaite une solution rapide concernant les points litigieux du rapport du PRB.

Les chiffres de l'emploi

 Au quatrième trimestre de 2015, le nombre de personnes actives, sur une population de 1,26 million, se chiffrait à 592 200. Soit une augmentation de 9 300 par rapport à 2014. 545 600 personnes avaient un emploi et 46 600 étaient au chômage. Ce dernier chiffre est en augmentation de 2 600, par rapport à 2014. Le taux de chômage pour 2015 se chiffre donc à 7,9 %. 6 700 personnes de plus avaient trouvé du travail en 2015. Des 46 600 sans-emploi en 2015, 19 700 étaient des hommes et 26 900 des femmes. Il y avait 11 100 jeunes, âgés de 16 à 24 ans, qui étaient à la recherche d’un premier job. La population dite inactive, âgée de plus de 16 ans et incluant les personnes âgées de plus de 65 ans, se composait de 116 100 hommes et de 262 500 femmes.

Un peu d’histoire

La Fête du travail est généralement célébrée le premier jour du mois de mai dans de nombreux pays. Cela, en mémoire de la grève générale des ouvriers américains, qui, le 1er mai 1886, durcirent le combat pour forcer le patronat à leur accorder la journée de huit heures. En 1889, l’Internationale socialiste, réunie à Paris, décida de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation. Cette fête des travailleurs sera ensuite reprise par beaucoup de pays. Elle est célébrée pour la première fois à Maurice le 1er mai 1938, par le Parti travailliste du Dr Maurice Curé, du pandit Sahadeo Rama et d’Emmanuel Anquetil, devant une foule de 20 000 travailleurs, au Champ-de-Mars. Et c’est à la suite de la motion de Guy Rozemont au Parlement en 1949, pour faire du 1er mai un jour de congé public, que cette fête devient fériée à partir de 1950

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