Recrutement de Youshreen Choomka: l’ICAC interroge les 23 employés de l’IBA

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L’ICAC a saisi des documents dans les locaux de l’Independent Broadcasting Authority en début de semaine

L’ICAC a saisi des documents dans les locaux de l’Independent Broadcasting Authority en début de semaine

La commission anticorruption a donné un énorme coup d’accélérateur à son enquête sur le recrutement de Youshreen Choomka cette semaine. Cette dernière est passée, le mois dernier, de présidente à directrice de l’Independent Broadcasting Authority (IBA) pour le triple de son salaire à l’issue d’un appel à candidatures. Elle a adhéré au Mouvement socialiste militant (MSM) en 2014.

Au cours des dernières 72 heures, des enquêteurs de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) ont effectué une descente dans les locaux de l’IBA et saisi certains documents relatifs à l’exercice de recrutement. Ils ont longuement discuté avec la responsable des ressources humaines. Ensuite, mardi, tous les employés, sans exception, ont été interrogés un à un dans les locaux de l’ICAC. Ils sont au nombre de 23. Youshreen Choomka, elle, n’a pas encore été interpelée, puisque techniquement, en tant que directrice, elle n’est pas membre du staff.

Même si cette enquête est un véritable os dur pour l’ICAC, cette dernière semble déterminée à aller jusqu’au bout. La difficulté sera de déterminer où se situe le potentiel conflit d’intérêts. Car Youshreen Choomka affirme qu’elle ne savait pas qu’elle passait un entretien pour ce poste précis puisque d’abord, elle n’était pas dans le comité de recrutement et, ensuite, l’annonce publiée dans les journaux ne mentionnait pas l’IBA.

Or, il se peut que les enquêteurs trouvent une issue dans une autre annonce: celle de l’exercice avorté en 2015. Youshreen Choomka, alors présidente, s’était, en connaissance de cause, portée candidate au poste de directrice. Et c’est à cause de sa candidature que le conseil d’administration avait décidé d’annuler l’exercice. Elle pourrait ainsi être confrontée aux deux documents qui se ressembleraient, à l’exception de l’apparition du sigle «IBA». Pouvait-elle en toute bonne foi ne pas savoir ? Surtout que les mots «broadcast», «broadcasting», et «regulator» apparaissent constamment dans les deux annonces. L’enquête de l’ICAC le déterminera.

Parallèlement, l’enquête de l’Equal Opportunities Commission, toujours sous la houlette de Brian Glover, progresse aussi. Demain, Thierry Goder, le directeur d’Alentaris, sera entendu pour la deuxième fois, car des éléments de sa déposition initiale ne correspondraient pas à certains des dépositions de Youshreen Choomka et du Permanent Secretary Jugdish Dev Phokeer, l’adjoint au président du conseil d’administration de l’IBA

Fuite de «board papers»

 Au milieu de ce tumulte, c’est une autre affaire, portée à la connaissance de la police, qui pourrait conduire à l’arrestation d’un employé de l’IBA. Celui-ci est soupçonné d’avoir fait fuiter certains «board papers». Les éléments concrets sur lesquels portent ces soupçons ne sont, pour l’heure, pas connus. Mais une source proche du dossier indique que «la taupe qui a sévi pendant très longtemps, pour son intérêt personnel au détriment de celui de l’IBA, a été identifiée et peu à peu cela va être prouvé».

L’employé risque d’être inculpé sous l'articl 31 de l’IBA Act pour violation du serment de confidentialité.

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De brillante jeune avocate à la première femme présidente du board de l’Independent Broadcasting Authority, Youshreen Choomka avait un avenir prometteur devant elle. Mais la chute a été dure avec une commission d’enquête instituée sur elle. Voici une compilation de textes sur toute cette polémique qui s'était ensuivie.

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