Séisme au Japon: nuit d’angoisse en vue pour les habitants de Mashiki

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Maisons détruites par les incendies dans la ville de Mashiki, préfecture de Kumamoto (sud) après le tremblement de terre, le 15 avril 2016

Maisons détruites par les incendies dans la ville de Mashiki, préfecture de Kumamoto (sud) après le tremblement de terre, le 15 avril 2016

Des habitants de la petite ville japonaise de Mashiki chassés de leurs maisons détruites faisaient vendredi soir la queue pour obtenir de l’eau potable, cherchant avant la nuit à conjurer la peur de répliques meurtrières, 24 heures après un puissant séisme.

Les secours continuaient de rechercher des survivants dans les décombres des habitations détruites par une secousse d’une violence inédite pour bien des riverains, et dans laquelle neuf des leurs ont péri et leur château vieux de 400 ans a été endommagé.

Près de 900 personnes ont été blessées, dont 52 gravement par une secousse de magnitude 6,5 suivie de nombreuses et puissantes répliques, qui a frappé jeudi soir la préfecture de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, à quelque 900 km au sud de Tokyo, selon le gouvernement.

Les sauveteurs ont sorti saine et sauve des décombres de sa maison une fillette de huit mois plus de six heures après le tremblement de terre, la portant délicatement dans une couverture.

Sa mère, son grand-père, sa grand-mère et son frère aîné, qui ont tous survécu, se trouvaient dans la salle de séjour et la cuisine pendant qu’elle dormait à l’étage, lorsque la première secousse est survenue à 21H26 (12H26 GMT), a rapporté le quotidien Mainichi Shimbun. Ils ont tenté de monter pour sauver l’enfant mais la maison s’est écroulée.

«La maison a été secouée de haut en bas», a raconté à l’AFP Nobuyuki Morita, 67 ans, un habitant de Mashiki, j’étais très surpris. Je n’ai jamais connu un tel tremblement de terre de ma vie».

M. Morita et son épouse ont passé la nuit dans une voiture, ne pouvant dormir chez eux avec un toit effondré et le mobilier éparpillé. L’horloge s’est immobilisée à 21H26.

La maison de Haruki Ito, 62 ans, est maintenant penchée à 45 degrés. «Nos chiens ont eu tellement peur, qu’ils se sont cachés dans ce qui reste de la maison», a-t-il déclaré à l’AFP. «Nous espérons pouvoir passer la nuit dans un refuge avec nos chiens».

La première secousse était d’intensité 7 sur l’échelle japonaise qui mesure le ressenti en surface, un niveau par lequel les personnes et les meubles peuvent être projetés en tous sens. La profondeur du foyer du séisme était faible, de 11 km seulement.

Certains habitants ont dormi sur des parkings publics, s’enveloppant dans des couvertures pour se protéger du froid, par crainte de revenir à l’intérieur et que les bâtiments ne s’écroulent.

- 134 répliques -

«Je n’ai pu sortir de chez moi qu’après cinq répliques, elles étaient tellement fortes, j’avais trop peur de bouger», a confié un commerçant, interrogé à la télévision. Dans sa boutique tout était sens dessus dessous, étagères, tables et articles divers répandus sur le sol.

Au total, 134 répliques ont été ressenties, d’une intensité parfois égale à celle du séisme du 11 mars 2011, a précisé l’agence de météorologie japonaise.

Des dizaines de maisons, pour la plupart vétustes et en bois, ont été totalement ou en partie détruites, poussant des milliers d’habitants à trouver refuge dans des centres d’accueil où ils ont reçu du riz et de l’eau potable. Ils étaient encore 15.000 vendredi après-midi.

L’exécutif a déclaré l’état de catastrophe naturelle et dépêché sur place près de 6.500 hommes - pompiers, policiers, soldats des forces d’autodéfense.

- Usines à l’arrêt -

Plusieurs grands groupes japonais, dont Toyota, Bridgestone, Honda et Sony, ont décidé vendredi de suspendre les opérations dans leurs usines situées dans la région, afin de faire un point avec les fournisseurs et d’évaluer les dégâts.

Des routes ont été éventrées et les transports perturbés.

Près de 12.000 foyers étaient toujours privés d’électricité et 24.900 n’avaient pas accès à l’eau courante.

L’agence de météorologie prévoit de la pluie dans les prochains jours, faisant craindre des glissements de terrain.

La compagnie qui alimente la région, Kyushu Electric Power, a assuré qu’aucune anomalie n’avait été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai où se trouvent les deux seuls réacteurs du Japon en service.

Les autres installations nucléaires situées dans la région secouée, à savoir celles d’Ehime et Genkai, n’ont pas été affectées, selon les informations rapportées par les opérateurs.

Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, le Japon subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre.

Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis le tsunami de mars 2011 qui a tué quelque 18.500 personnes et entraîné l’accident nucléaire de Fukushima.

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