«Les politiciens doivent réaliser que la politique ne peut se faire sans la jeune génération»

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Vous avez déclaré, lors d’une récente interview qu’il «n’y a pas de leadership au sein du mouvement patriotique». Qu’entendez-vous par là ?

En fait, je voulais dire que le MP n’a pas de leader mais un leadership collégial. C’est le seul parti politique qui fonctionne de cette manière. Je pense que c’est un exemple que le MP a donné à tous les autres partis politiques. C’est une preuve de la démocratie vivante qui existe au sein de notre parti. 

En effet c’est une des considérations qui m’a poussé à me joindre à ce parti. En tant que jeune, je pense qu’il faut en finir avec ces leaders qui considèrent le parti comme leur propriété privée et qui agissent comme des petits dictateurs. 

Le MP peut-il raisonnablement représenter une alternative politique ?

Certainement. Les cinq députés de ce parti disposent d’assises solides dans leurs circonscriptions respectives. Il ne fait pour moi aucun doute qu’il faudra compter avec eux pour des prochaines élections. Nous consolidons nos assises en ce moment dans les autres circonscriptions, et les déçus des partis «mainstream» continuent à demander leur adhésion à notre parti. Pour moi le MP sera appelé à jouer un rôle important sur l’échiquier politique dans les années à venir.

A-t-il été simple pour le jeune que vous êtes de se faire une place dans ce parti ? 

Je ne peux parler au nom des autres partis politiques mais je dirai oui certainement pour le MP. Nous avons mis en place une aile jeune au sein du parti, regroupant des jeunes, et qui m’a impressionné par sa diversité à tous les niveaux. De par la nature démocratique de son fonctionnement, le MP favorise les différents courants d’opinions. Donc un jeune qui veut faire de la politique, qui veut s’initier à la politique, se retrouve aisément au sein du MP comme ce fut le cas pour moi. J’ai connu le Mouvement militant mauricien pendant plusieurs années et la différence entre ces deux partis au niveau du traitement accordé aux jeunes m’a stupéfié.

Depuis sa création, le MP ne rate jamais une occasion d’égratigner le Parti mauricien social démocrate (PMSD) lors de ses sorties publiques? Pourquoi? 

Ce n’est pas vrai. J’admets que le MP a quelquefois émis des critiques à l’encontre du vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval mais le MP n’en a jamais fait une cible particulière. Durant ces derniers mois le MP a, à plusieurs occasions, critiqué beaucoup d’autres ministres, dont Anil Gayan, Ivan, Collendavelloo, Nando Bodhaet même le Premier ministre. Il est totalement inexact de dire que le MP se cible uniquement le PMSD et qu’il a un quelconqueagenda caché à ce niveau. 

Que vous inspire l’affectation de Vishnu Lutchmeenaraidooau ministère des Affaires étrangères? 

Lui attribuer un autre portefeuille n’est qu’un colmatage et une solution temporaire pour désamorcer une crise au sein du gouvernement. Les Mauriciens ne sont pas dupes. Le ministère qu’il a été appelé à diriger impliquera pour lui beaucoup plus d’effort physique en termes de voyages et de déplacements. La stratégie du Premier ministre a été dictée par des considérations purement politiques, afin d’éviter une démission et une élection partielle. Le chef du gouvernement sait qu’il doit éviter une telle situation car son gouvernement n’est plus aussi populaire.

Pensez-vous, comme beaucoup d’observateurs, que la popularité de l’alliance Lepepest en déclin depuis son arrivée au pouvoir? 

Rarement un gouvernement aura perdu son capital sympathie aussi rapidement. La principale raison est la frustration et la colère de la population par rapport à des promesses électorales non tenues. Après les premiers mois, la population est restée sur sa faim car rien de concret n’a été réalisé en termes de développement économique et de lutte contre le chômage. Pire, ce gouvernement semble être revenu sur sa parole en ce qui concerne les nominations et les recrutements. Sur ce point, l’on ne note aucune différence avec l’ancien régime.

Les jeunes, on le voit, ont perdu foi dans les politiciens. Comment faire aujourd’hui pour les convaincre de s’engager en politique et de prendre leur avenir en main?

Le fait que les jeunes soient aujourd’hui en retrait ne signifie pas forcément qu’ils ne s’intéressent pas à la politique. Ils ont juste beaucoup de mal à se faire une place et à faire entendre leur voix. On l’a vu lors des dernières élections, les jeunes ont pris leurs responsabilités et sont allés voter pour renverser l’ancien régime. C’est la preuve que les jeunes ont aujourd’hui soif de démocratie et de valeurs. Il faut les encourager à s’engager et un parti comme le MP est idéal car il accorde de la place aux jeunes. Les politiciens doivent réaliser que la politique ne peut se faire sans la nouvelle génération. Elle représente l’avenir de ce pays. 

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