Heritage City: des architectes disent avoir été lésés lors de l’appel d’offres

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Maquette du projet de Heritage City.

Maquette du projet de Heritage City. 

RS 15 000. C’est la somme que ceux qui ont répondu à l’appel d’offres de la State Land Development Company (SLDC) pour le projet de Highlands Smart City auraient payée pour y être éligibles. Dans une lettre adressée au Chairman et au Chief Executive Officer (CEO) de l’organisme au début de la semaine du 28 mars, 19 architectes de la Mauritius Association of Architects (MAA) demandent à être remboursés. Ils expliquent que les détails de l’appel d’offres auraient été modifiés entre-temps.

«Le projet a changé. De ce fait, le premier  tender n’est plus valide. Nous demandons un remboursement», insiste un des signataires de la lettre.De plus, ils trouvent anormalque l’appel d’offres leur avait demandé un pourcentage de rémunération alors que le coût final du projet n’avait pas été annoncé.

Les architectes sont d’avis que la manière dont la SLDC a procédé est floue. Ils se posent des questions concernant le soumissionnaire qui a décroché le contrat, à savoir Stree Consulting. «Personne ne sait comment cette compagnie a été choisie», lance un architecte.

«La SLDC était à la recherche d’un team leader dont le rôle aurait été de mettre en place une équipe de travail» concernant la smart city de Highlands, dit unesource au sein de la MAA.C’est Lux Consulting qui avait été sélectionné.

Mais en cours de route, le projet a été transformé en Heritage City sans nouvel appel d’offres. La SLDC avait approché le State Law Office (SLO) pour savoir si elle pouvait aller de l’avant sans émettre un nouvel appel d’offres. Le SLO aurait acquiescé. «Lux Consulting aura à faire tout le ground work à Maurice, mais c’est Stree Consulting qui fera le master plan. Son plan est générique. Il peut être transposé n’importe », explique la source.

Une situation qui provoque la grogne des membres de la MAA. Les architectes avancent que certaines demandes de l’appel d’offres disqualifient de facto les entrepreneurs en bâtiment mauriciens et qu’il n’y a pas encore eu d’Environment Impact Assessment (EIA) pour le projet.

Sollicité, Claude Wong So, CEO de la SLDC, renvoie la balle à Heritage City Co. Ltd. «Le rôle de la SLDC se limite à la mise à disposition des terres. Tout le reste est géré par Heritage City Co. Ltd.» Et de préciser que l’EIA sera compris dans le master plan du projet.

Quid des Rs 15 000 demandées pour l’appel d’offres ? «Nous avons dû procéder à une évaluation du projet avant d’émettre le tender. Cela nous a coûté Rs 200 000. C’était le moyen le plus efficace de récupérer l’argent», explique le CEO de la SLDC. Il ajoute qu’un des signataires de cette correspondance était un membre du board qui avait procédé à l’évaluation du projet.

Contacté, un autre architecte de la MAA soutient que demander un paiement pour un tender  n’est pas une pratique courante. Toutefois, il précise qu’il est possible pour un corps parapublic de trouver les moyens de générer des fonds.

Quant aux changements dans le projet, Claude Wong So explique que la terre appartenant à la SLDC fait 2 179 arpents et que le site délimité pour Heritage City se trouve bien dans cette zone, tout comme l’était Highlands Smart City. La MAA a sollicité une rencontre avec le CEO et le Chairman de la SLDC.

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Le projet Heritage City fait couler beaucoup d’encre. Estimé à Rs 29 milliards, sur une superficie de 335 arpents, le design aurait déjà coûté plus de Rs 155 millions. Voici une invitation à mieux connaitre ce dossier brulant…

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