Affaire Appavoo: Winsy Buttié ne pourra disposer de ses biens

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Winsy Buttié fait face à un procès au civil que lui intente son ex-employeur, Clensy Appavoo. Ce dernier l’accuse de fraude.

Winsy Buttié fait face à un procès au civil que lui intente son ex-employeur, Clensy Appavoo. Ce dernier l’accuse de fraude. 

Winsy Buttié devra, d’ici avril, faire un relevé de tous ses avoirs et le communiquer à son ex-patron, Clensy Appavoo. Elle ne pourra, en outre, disposer de ses biens à hauteur de Rs 114, 770 418. Ainsi en a statué la juge Rehana Mungly-Gulbul, dans le sillage du procès civil intenté par Clensy Appavoo contre celle qui a été Senior Executive d’Appavoo & Associates avant la découverte de pratiques frauduleuses en 2014. 

Dans son jugement rendu en cour commerciale durant la semaine, la juge a indiqué qu’il y a suffisamment d’éléments pour établir qu’il y a eu fraude. «I am satisfied that the affidavits adduced on behalf of the applicants disclose prima facie evidence that a fraud has been committed to the prejudice of the applicants which have incurred losses to an extent of Rs 114,770,418»,soutient-elle.  

Winsy Buttié est en fait accusée de détournement. Son ex-patron l’accuse d’avoir falsifié ses comptes, en gonflant son salaire ainsi que ceux de deux chefs-comptables de la société. C’est en 2014 que Clensy Appavoo affirme avoir découvert l’ampleur de cette fraude, notamment après une réclamation de la Mauritius Revenue Authority (MRA).

Après une réunion de la direction au cours de laquelle Winsy Buttié a été appelée à s’expliquer, Clensy Appavoo a jugé ses explications insatisfaisantes. Il l’a par la suite limogée en mars de cette même année.

«Après des enquêtes plus approfondies, il a été révélé que Winsy Buttié avait demandé au IT Manager de provoquer le crash du serveur du groupe qui contenait toutes les données sur les transactions financières et sur les fonds qui ont été alloués de manière frauduleuse», explique la juge. Tandis que Winsy Buttié, pour sa défense, a indiqué que tous les paiements ont été notés et peuvent être vérifiés dans les comptes du groupe. Elle avait d’autre part donné la réplique à son ancien patron, expliquant qu’il voudrait «la faire taire»car elle comptait le dénoncer à la commission anticorruption.

Dans un procès connexe, Clensy Appavou demande réparation et que la cour ordonne au défendeur de lui payer, entre autres, environ Rs 96 millions représentant la somme qui a été détournée mais aussi Rs 10 millions en tant que dommages moraux. Mais, en attendant que le procès passe en cour, il dit craindre que celle-ci ne dispose de ses biens pour empêcher ces réclamations.

Avec force détails, Clensy Appavou a décrit le mécanisme de la fraude perpétuée. Il a allégué que son ex-employée avait même mis sa propre mère sur une fiche de paie. Il souligne notamment qu’elle a de manière frauduleuse eu accès à ses mots de passe pour effectuer des transferts illégaux vers d’autres comptes. Et que cela remonte à 2010. Elle aurait également inscrit des employés fictifs sur le système. Dont sa mère qui bénéficié d’un «salaire» allant de de Rs 158 000 à Rs 200 000 mensuellement sur un compte joint avec sa fille. 

Ce sont là autant d’éléments qui ont fait pencher la balance en faveur du plaignant, face à une fraude «of an ingenious nature committed by a long term employee of the applicants who had been in the applicants’ employment for some twenty-five years. She held a position of trust and had access to information pertaining to the applicants including personal information of the applicant No. 1, the CEO of The Group. The amount allegedly misappropriated is huge, amounting to a total of Rs 114,770,418», commente la juge.

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