Affaire Dayal: l’ombre d’une partielle sur quatre circonscriptions

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Raj Dayal a été contraint de démissionner de son poste de ministre de l’Environnement, mercredi 23 mars.

Raj Dayal a été contraint de démissionner de son poste de ministre de l’Environnement, mercredi 23 mars.

Débandade au sein du gouvernement. Après Pravind Jugnauth, c’est maintenant au tour de Vishnu Lutchmeenaraidoo et  Raj Dayal d’avoir des démêlés avec la justice. Sans compter l’affaire Fowdar.

RAJ DAYAL, N° 9 (FLACQ–BON ACCUEIL)

Il n’a plus fière allure depuis mercredi 23 mars. Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a contraint le ministre de l’Environnement a «step down» le temps que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) mène son enquête. À ce stade, Raj Dayal reste le député de la circonscription n°9. Il avait d’ailleurs été élu en tête de liste. Mais si l’enquête établit qu’il y a matière à poursuites, il sera obligé de démissionner, notamment sous la pression politique et populaire.

Entre-temps dans la circonscription n°9 les avis divergent concernant l’affaire Dayal. Si certains trouve cette affaire «banale», d’autres sont remontés et condamne l’ex-ministre.

«Vous savez, Dayal, c’est un vaish. Il est premier ministrable. Là où on peut se débarrasser des gens comme lui, on ne va pas hésiter. Surtout pour qu’il ne fasse de l’ombre au fils Jugnauth», explique un homme rencontré à Bon-Accueil. Pour lui, l’affaire est claire. «Si le Premier ministre a demandé à Dayal de step down, c’est qu’il a de bonnes raisons

Anwar Bahadoor, fonctionnaire à la retraite, n’a, lui, que des critiques. Il affirme savoir «kouma zot travay. Péna personn ki travay pou lépep. They fight for their power. Adméton Dayal inn fer sa, mo pa trouv nanyen de mal ladan. Zot tou fer sa». Pour ce citoyen en colère, l’affaire Dayal est «banale». «Vous savez, j’ai été Deputy Returning Officer dans ma carrière. Mais je n’ai jamais voté. Je ne crois pas en le système mauricien. Dimounn drwat péna dan politik. Travay pou lépep pa egzisté sa, amwin ki mwa mo vinn premié minis», dit-il en souriant.

Ton acerbe aussi à Bon -Accueil. Dès que nous prononçons le nom de Raj Dayal, le commentaire fuse: «Li pann fer nanyen. Pa trouv li mem isi.» Pourquoi ce maçon veut-il voir Raj Dayal ? «Li ti kapav met enn bann dimounn mizer dan travay». D’autant plus que «nous avons lutté pour lui», soutient ce maçon. «Nou finn expozé nou finn al kol lafis

Par contre, concernant les allégations de corruption, Ritesh Balchand, marchand de goyaves de Chine, n’y croit pas. «Li mem li éna enn ta kas. Ki larzan li pou al rodé ankor

Des détracteurs oui, mais ceux qui disent du bien de Raj Dayal dans sa circonscription ? Un tonton de Lallmatie dit seulement: «Li pa fer donasion pou sosiété plis ki so kapasité.» Pas comme d’autres avant lui.

Une vieille dame en sueur attend son tour au dernier rang du Citizen’s Advice Bureau de Lallmatie. La seule chose qu’elle pourra dire sur Raj Dayal: «Li enn bon dimounn».

SANGEET FOWDAR, N°6 (GRAND-BAIE–POUDRE-D’OR)

«S’ils m’emmerdent trop, je provoque une partielle!» Le député du Muvman Liberater, élu en troisième position au n°6, n’y est pas allé de main morte lors d’une interview à l’express dimanche, le week-end dernier. Cela fait plusieurs semaines déjà qu’il est en délicatesse avec son parti, suivant des propos qu’il a tenus sur les ondes d’une radio privée. Dans l’entourage de Sangeet Fowdar, on affirme qu’il n’a rien à perdre s’il démissionne. D’autant plus que toute sa famille se trouve à l’étranger.

VISHNU LUTCHMEENARAIDOO, N°7 (PITON–RIVIÈRE-DU-REMPART)

L’ex-ministre des Finances semble de plus en plus embarrassé par le prêt de 1,1 million d’euros qu’il a contracté auprès de la State Bank of Mauritius (SBM). L’Independent Commission against Corruption a ouvert une enquête préliminaire et dans les milieux concernés, nul ne serait étonné si Vishnu Lutchmeenaraidoo démissionne comme ministre des Affaires étrangères et comme député d’ici quelques jours. Lors des élections législatives, il avait été élu en deuxième position derrière sir Anerood Jugnauth.

PRAVIND JUGNAUTH, N°8 (MOKA–QUARTIER-MILITAIRE)

Le leader du MSM est le premier ministre du gouvernement de l’alliance Lepep à avoir eu des démêlés avec la justice. Le 30 juin 2015, à la surprise générale, il a été reconnu coupable de conflit d’intérêts dans l’affaire Medpoint. Suivant le verdict de la cour, Pravind Jugnauth a démissionné comme ministre de la Technologie, de la communication et de l’innovation.

Il a interjeté appelet est actuellement en attente du verdict. Mais aux membres du comité central du MSM, Pravind Jugnauth a souvent laissé entendre que s’il perd son appel, il pourrait démissionner comme député du n°8. Et ce, même s’il fait appel devant le Privy Council. Il avait été élu en deuxième position, derrière Leela Devi Dookun-Luchoomun.

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