Financement: SCBG et Heritage City risquent de faire exploser la dette publique

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L’Etat n’est pas au bout de ses peines. Après les nombreux scandales financiers, ce sont à présent les indicateurs économiques qui donnent du fil à retordre au gouvernement. Notamment les chiffres de la dette publique, qui devraient être plombés par deux projets d’envergure. D’une part, l’émission d’obligations par le National Property Fund (NPF) pour recueillir un peu plus de Rs 19 milliards afin de rembourser les 16 341 détenteurs de polices d’assurances Super Cash Back Gold (SCBG) et, d’autre part, le montage financier pour la construction de Heritage City.

Un dilemme qui reste entier, pour le gouvernement, car ces deux projets, explique-t-on au bâtiment du Trésor, sont jugés prioritaires. «C’est un véritable casse-tête chinois pour le gouvernement qui ne souhaite pas laisser filer la dette publique à un point où celle-ci pourrait devenir insoutenable pour l’économie», remarque un observateur économique.

D’ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) s’appuie sur le constat économique dressé dans son Article IV Consultations pour exprimer des inquiétudes par rapport à la tendance haussière de la dette publique. Celle-ci est passée à Rs 259 milliards en décembre 2015 contre Rs 237,7 milliards en décembre 2014. En pourcentage du PIB, elle est passée de 61,5% en décembre 2014 à 63,8% en décembre 2015.

Essentiellement, ce sont les Rs 3,5 milliards prêtées par la Banque de Maurice au gouvernement dans le sillage de l’affaire Bramer Bank qui expliquent cette hausse. Or, une question se pose: un tel taux est-il gérable pour un pays comme Maurice. Analystes financiers et experts économiques n’arrivent pas à s’entendre à ce sujet. La dette publique est source d’inquiétude si le taux dépasse 60% du PIB, selon la définition internationale. Ce qui est le cas pour Maurice.

«Mais cette analyse ne se limite pas à un taux», insiste un ex-ministre du Développement économique qui a requis l’anonymat. Celui-ci soutient que si le gouvernement emprunte pour financer des dépenses courantes, exerçant une pression sur la dette publique, il y a lieu de s’inquiéter. «Ce qui ne serait pas le cas si les emprunts étaient utilisés pour développer des projets d’infrastructures, car ces projets ont un potentiel de croissance à l’avenir.»

DÉFICIT BUDGÉTAIRE

Le calcul de la dette publique, selon la définition locale, donne un autre taux, soit 56% du PIB. L’objectif budgétaire est de ramener ce taux, au 30 juin 2016, à 54,2% du PIB. Ce que certains jugent techniquement impossible. «En se fondant sur une croissance de 5,3% en juin 2016, ce qui paraît nettement irréaliste, le ministère des Finances n’aura d’autre choix que de gonfler le déficit budgétaire et alourdir sa dette publique pour maintenir son programme de dépenses publiques», estime l’économiste Rajeev Hasnah.

La dette publique est passée à Rs 259 Mds en décembre 2015, contre Rs 237,7 Mds un an plus tôt. En pourcentage du PIB, cela équivaut à 63,8 %, contre 61,5 % en décembre 2014.

The Public Debt Management Act de 2008, adopté à l’époque par le tandem Rama Sithanen-Ali Mansoor, avait prévu que la dette publique soit ramenée à 50% en 2013 . Ce qui n’a pas été réalisé. «Il faudra attendre 2018. Pourtant, tout laisse croire que cet objectif ne sera toujours pas réalisable», soutient un autre spécialiste.

Selon une autre école de pensée, le taux de la dette publique ne doit pas constituer un frein au développement économique d’un pays. En effet, d’autres critères doivent être pris en compte, comme la taille économique du pays, sa capacité de remboursement et la composition même de cette dette. 

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