Pravind Jugnauth, l’homme pont entre SAJ et Lutchmeenaraidoo

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(De g. à dr.) Maneesh Gobin et Menon Murday de la circonscription n°13 en compagnie de SAJ, Soorooj Phokeer, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Pravind Jugnauth en 2014.

(De g. à dr.) Maneesh Gobin et Menon Murday de la circonscription n°13 en compagnie de SAJ, Soorooj Phokeer, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Pravind Jugnauth en 2014.

«A la surface», c’est le Premier ministre qui a mené l’opération de damage control. Mais en coulisses, les tractations ont surtout été menées par Pravind Jugnauth, explique-t-on. Le leader du MSM a été l’homme pont entre sir Anerood Jugnauth (SAJ) et Vishnu Lutchmeenaraidoo, au plus fort de la crise qui a secoué le gouvernement. Et affirme-t-on dans l’entourage de Pravind Jugnauth, c’est lui qui a réussi à décanter la situation et faire en sorte que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne soit pas révoqué.

Interrogé le mercredi 16 mars à ce sujet, Pravind Jugnauth a affirmé que «le remaniement est la prérogative du Premier ministre». Il n’a pas souhaité faire de plus amples déclarations.

Mais cette «sortie» de crise suscite des interrogations. Pourquoi le chef du gouvernement, qui est connu pour son fameux «péna katakata ar mwa», n’a-t-il pas révoqué son ancien ministre des Finances? Comment Vishnu Lutchmeenaraidoo a-t-il pu accepter d’être parachuté aux Affaires étrangères? Et surtout, comment Pravind Jugnauth s’y est-il pris afin que le ministre accepte ce «compromis»?

Silence radio pour l’heure parmi ceux interrogés, le mardi 15 mars, du côté du Sun Trust. En revanche, dans l’entourage du Premier ministre, on laisse entendre que le prêt de 1,1 million d’euros contracté par l’ex-ministre des Finances auprès de la State Bank of Mauritius – et que l’emprunteur a tenu à justifier deux fois sur sa page Facebook depuis la publication du document bancaire dans la presse, dimanche – ne serait pas «le seul squelette tombé du placard».

Une chose est sûre : avant que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne décide de rentrer dans les rangs, les tractations ont été ardues. Les tentatives de Showkutally Soodhun se sont d’ailleurs soldées par un échec. D’où l’entrée en scène de Pravind Jugnauth. Il s’est rendu au domicile de l’ex-grand argentier en pas moins de trois reprises depuis que ce dernier est sorti de clinique, où il était admis pour une bronchite aiguë. Le leader du MSM y a notamment été vu en fin de semaine dernière et durant le week-end.

Le pire a été évité

Qui plus est, au moins deux personnes à qui l’express a parlé avancent que c’est Pravind Jugnauth qui a fait en sorte que SAJ et Vishnu Lutchmeenaraidoo ouvrent le dialogue, lundi matin. Car à dimanche après-midi, il n’était pas question pour le Premier ministre de rencontrer le grand argentier. Lors de la Garden Party, au Réduit, le chef du gouvernement avait même déclaré : «Ki manier pou zwenn enn dimounn ki malad, ki pa sorti so lakaz?»

En fait, à dimanche, le Premier ministre avait déjà décidé de destituer son ministre des Finances. Décision qui aurait d’ailleurs été prise avant même l’arrivée du président malgache à Maurice, jeudi.

Même si très peu d’informations ont filtré sur les dessous de ces tractations, ils sont plus d’un au Sun Trust à dire que le pire a été évité. Le pire pour le MSM étant la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo, adhérent au parti soleil depuis un peu plus d’un mois. Démission qui aurait de facto entraîné une partielle au n°7, Piton–Rivière-du-Rempart.

«Une telle éventualité aurait été catastrophique pour le gouvernement dans la conjoncture actuelle. Cela aurait été du pain bénit pour les adversaires», confie un député du MSM. En effet, d’aucuns s’accordent à dire que les événements de ces derniers jours ont fait planer le spectre de la partielle de 2003 au n°7, après le départ du Premier ministre d’alors, SAJ, pour la State House et l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre. Partielle où le candidat MSM Prakash Maunthrooa avait été battu à plate couture par un jeune loup du Parti travailliste à ce moment-là, Rajesh Jeetah.

N’empêche, des observateurs politiques sont unanimes à dire qu’à deux semaines de la rentrée parlementaire, le ver est déjà dans le fruit… D’ailleurs, même au MSM, on se veut prudent, malgré le désamorçage de cette «crise». Car, laisse-t-on entendre, ce qui s’est passé avec Vishnu Lutchmeenaraidoo peut se répéter. Autant dire que le comité central et le Bureau politique, samedi, risquent d’être très animés.

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