Royaume-Uni: la prévision de croissance abaissée à 2,0% pour 2016

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Le ministre britannique des Finances George Osborne, le 16 mars 2016 à Londres

Le ministre britannique des Finances George Osborne, le 16 mars 2016 à Londres

Le ministre britannique des Finances a annoncé mercredi un net abaissement de la prévision de croissance pour le Royaume-Uni en 2016, à 2,0% contre 2,4% jusque-là, citant les incertitudes sur les marchés financiers et le ralentissement ailleurs dans le monde.

Lors d'un discours de présentation du budget de l'Etat britannique à la Chambre des communes, le conservateur George Osborne a ajouté que cette prévision, calculée par l'institut public OBR, était sujette de surcroît à l'éventuelle période d'"incertitude" qui résulterait d'une décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne (UE) lors d'un référendum en juin.

Le chancelier de l?Échiquier a précisé que l'Office de responsabilité budgétaire (OBR) avait présenté un ensemble de prévisions "significativement plus basses" que celles mises en avant lors du point d'étape budgétaire de novembre.

L'Office a en effet tenu compte de "l'agitation des marchés financiers" du début d'année, "d'une croissance plus faible des pays émergents et en particulier de la Chine" et "d'une croissance faible parmi les pays développés", a poursuivi M. Osborne.

L'institut public a réduit sa prévision aussi pour les années suivantes, et ne s'attend désormais plus qu'à 2,2% de croissance au Royaume-Uni en 2017 (contre 2,5% en novembre) et 2,1% en 2018 (contre 2,4%).

M. Osborne a cité directement le verdict de l'OBR concernant les conséquences économiques possibles du référendum du 23 juin sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'UE, un sujet qui déchire les conservateurs au pouvoir.

"Un vote pour partir lors du référendum pourrait entraîner une longue période d'incertitude à propos des termes précis de la relation à venir du Royaume-Uni avec l'UE", a cité le ministre, ajoutant, en s'appuyant toujours sur le texte de l'Office: "Cela pourrait avoir des implications négatives pour l'activité des entreprises et la confiance des consommateurs et pourrait entraîner une plus grande volatilité sur les marchés financiers et les autres marchés".

"La Chambre des communes connaît ma position: le Royaume-Uni sera plus fort, plus en sécurité et en meilleure position au sein d'une Union européenne réformée", a conclu M. Osborne sur ce point, cette fois en donnant son opinion personnelle, sous les huées d'eurosceptiques de l'hémicycle.

M. Osborne fait campagne, comme le Premier ministre David Cameron, pour que les Britanniques décident de rester dans l'UE, mais une frange de leur parti conservateur, dont le turbulent maire de Londres, Boris Johnson, est favorable au "Brexit" (sortie de l'UE).

Le chancelier de l?Échiquier a par ailleurs prévenu que, face à ces prévisions désormais moins reluisantes, un nouveau tour de vis budgétaire était nécessaire. "L'objectif est d'économiser 3,5 milliards de livres de plus" lors de l'année budgétaire d'avril 2019 à mars 2020, a expliqué M. Osborne.

Il a reconnu n'avoir pas réussi à tenir l'un de ses objectifs promis en début de législature, à savoir une baisse du ratio de la dette publique vis-à-vis du produit intérieur brut (PIB) chaque année, tout en assurant que cette proportion recommencerait à baisser dès l'exercice 2017-2018.

D'après les documents fournis par l'OBR, cette proportion va atteindre 86,5% pour l'année 2016-2017 en critères européens comparables "Maastricht", et devrait diminuer jusqu'à 79,2% en 2019-2020, année où M. Osborne vise un excédent budgétaire.

Le chancelier a confirmé cet engagement, avec un surplus attendu alors à 10,4 milliards de livres (13,3 milliards d'euros). En données "Maastricht", cet excédent des comptes publics atteindrait à ce moment là 0,3% du PIB, contre un déficit public de 2,5% attendu en 2016-2017.

M. Osborne a souligné que l'effort d'austérité engagé depuis le retour des conservateurs au pouvoir en 2010 avait entraîné une division par plus de deux du montant emprunté chaque année, passé de plus de 150 milliards de livres à quelque 72 milliards de livres cette année.

Les travaillistes au pouvoir auparavant avaient, sous l'égide du Premier ministre Gordon Brown, accru nettement les dépenses publiques pour soutenir l'économie face à la crise financière internationale de 2008-2009.

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