Droits des consommateurs: fraudes alimentaires sur les produits frigorifiés

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Le poulet est très souvent «dopé à l’eau» avant d’être congelé, affirme Jayen Chellum, le secrétaire général de l’ACIM.

Le poulet est très souvent «dopé à l’eau» avant d’être congelé, affirme Jayen Chellum, le secrétaire général de l’ACIM.

Lorsqu’un consommateur achète un produit surgelé ou congelé, très souvent il paie aussi pour de la glace. Sans le savoir. C’est l’observation faite par l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), qui affirme que, même si parfois le taux de glaçage – aussi appelé glazurage – est insignifiant, dans la majeure partie des cas, la glace équivaut à un tiers du poids du produit. D’où l’arnaque.

Il y a deux semaines, un expatrié a porté plainte à la police de Triolet pour arnaque. Bruno François, un habitant de Grand-Baie, raconte qu’il a acheté une langouste chez un spécialiste de produits surgelés. «La langouste faisait 550 grammes à la pesée.» Une fois rentré chez lui, il l’a dégelée et a vu que celle-ci avait nettement rétréci. «Je l’ai pesée à nouveau, et là, elle faisait 380 grammes», soutient Bruno François.

Il s’est alors rendu, de nouveau, au point de vente pour se plaindre et la vendeuse lui aurait fait comprendre que la glace à l’intérieur de la langouste a fondu et que c’est pour cela qu’elle a rétréci. «Au final j’ai payé pour 170 grammes de glaçon», ce qui équivaut à Rs 155 pour de la glace, car la langouste a coûté Rs 500.

«Vol au grand jour»

Pour Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, «c’est du vol au grand jour». Il explique que l’association mène un combat contre les ventes frauduleuses des produits surgelés depuis plusieurs années. Il affirme d’ailleurs que c’est surtout le poulet qui est très souvent «dopé à l’eau» avant d’être congelé.

Quelle serait alors la meilleure pratique ? Selon Jayen Chellum, il faudrait peser le produit et le libeller avant de le congeler. «Ici, on congèle, ensuite on pèse et on vend. Il faudrait plus de contrôle sur la vente des produits congelés. Le service de Legal Metrology du ministère du Commerce doit être vigilant sur ce type de vente. Ils ferment les yeux sur ces pratiques.»

Du côté du ministère du Commerce, un officier soutient que ce n’est pas éthique de vendre du glaçon. «Dans les supermarchés, les produits ne sont pas trempés avant d’être congelés et vendus. Ils sont pesés, libellés et ensuite congelés», maintient-il. Un inspecteur du ministère fait, lui, ressortir que la vérification de la vente des produits congelés est «très compliquée à effectuer».

Toutefois, il y aurait un vide concernant les sanctions prévues par le ministère sur ce type de pratique. Aucune instance n’est en mesure d’affirmer si cette pratique est légale ou pas. Dans un souci de transparence, le représentant du ministère promet une descente aux points de vente et qu’il fera remonter ce problème aux autorités.

Entre-temps, des produits surgelés fourrés au glaçon sont vendus chaque jour. Et cela n’est que le sommet de l’iceberg ! 

Comment se produit l'arnaque à la glace ?

Pour les produits congelés et surgelés, la fraude à la glace se présente sous plusieurs formes: le produit, avant congélation, est aspergé d’eau potable afin de former une pellicule de glace protectrice, ce qu’on appelle le glazurage. Le gain de poids, après congélation, se situe autour de 10%.

Autre pratique, le trempage. Le produit subit une immersion prolongée dans l’eau pour que la chair s’en imprègne avant congélation. Jusqu’à 25% de gain de poids ! Tout comme l’injection d’eau dans la viande, qui augmente artificiellement le poids, avant congélation. Et c’est après ces processus que le produit est pesé, étiqueté et vendu. Ce qui fait que le client paie pour cette eau congelée, à son corps défendant.

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