Britam, SCBG, NIC... Où en sommes-nous ?

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Des détenteurs de la police d’assurance du SCBG lors d’une conférence de presse hier, à Port-Louis. © YUDISH RAMKHELAWON

Des détenteurs de la police d’assurance du SCBG lors d’une conférence de presse hier, à Port-Louis. © YUDISH RAMKHELAWON

Où en est le gouvernement avec la vente de Britam ?

Le ministre Bhadain avance que le gouvernement a eu des offres spécifiques mais que, suivant le conseil du ministre des Finances, qui a anticipé une hausse de la valeur des actions, il valait mieux attendre. Entre-temps, une firme a proposé de racheter Britam à Rs 4,3 milliards. De plus, un groupe d’actionnaires existants a également proposé le rachat pour la même somme. Mais rien n’est finalisé pour l’heure.

Actuellement, où est l’argent de la défunte Bramer Bank ?
D’abord, il y a les 30 comptes, dont ceux appartenant à plusieurs membres de la famille Rawat, qui ont été gelés sur ordre de la Cour après une demande de l’Asset Recovery Unit. Ensuite, les actifs de la défunte Bramer Bank, quelque Rs 12 milliards, sont passés sous la National Commercial Bank, qui a ensuite fusionné avec la Mauritius Post Commercial Bank pour devenir la Mau- Bank. De plus, il y a l’argent (une somme qui tournerait autour de Rs 1 milliard) récupéré par l’ex-Receiver Manager de la Bramer Bank auprès des créanciers de la banque. Ce fonds placé sous la Bramer Banking Corporation Ltd (BBCL) (In Receivership) a été justement gelé suivant une demande d’injonction de Laina Rawat-Burns en tant qu’actionnaire de la BBCL. (NdlR : c’est aujourd’hui que les avocats de Laina Rawat-Burns et de Yacoob Ramtoola sont convoqués en cour commerciale.)

Est-ce que la National Insurance Company Ltd (NIC) a été vendue ?
Non. Là encore, les procédures se poursuivent. Le gouvernement fait ressortir que depuis la création de la National Insurance Company (ex-BA Insurance), la valeur des actifs a grimpé. Il estime que la manière dont cette entité a été gérée depuis et le nombre de polices d’assurance vendues y sont pour quelque chose. Le ministre Bhadain avait, lors de son point de presse de la semaine dernière, affirmé que plusieurs entreprises ont fait des offres pour la reprise de cette assurance. Parmi celles-ci, une grande firme internationale. Les autorités ont également proposé de céder un pourcentage d’actions de l’assurance à des sociétés qui s’y intéressent. Sans compter qu’une société locale souhaite acheter 10 % des actions de la NIC. C’est en tout cas ce que dit le ministre des Services financiers.

À quoi servira l’argent de la vente de Britam et de la NIC ?
L’argent devrait, selon l’administrateur spécial du groupe BAI, servir à repayer les détenteurs du Super Cash Back Gold (SCBG) et les investisseurs de la Bramer Asset Management (BAM).

Combien de fonds faut-il pour rembourser les détenteurs du SCBG et de la BAM ?
Au total, le gouvernement doit rembourser Rs 19,2 milliards aux détenteurs du SCBG et Rs 3,1 milliards aux investisseurs de la BAM. Et ce, au cours des cinq prochaines années. Pour l’heure, 10 133 des 16 341 détenteurs du SCBG ont été remboursés leur capital l’an dernier lorsque le gouvernement a remboursé ceux ayant investi moins de Rs 500 000. Au total, ce sont Rs 6 milliards, dont Rs 3,5 milliards provenant d’un prêt de la Banque de Maurice, qui ont été restituées aux clients. Les autres devront recevoir leurs debentures, représentant 20 % de leur capital, en juin et ce chaque année à la même période jusqu’en 2020. Dans ses comptes initiaux, l’administrateur spécial avait prévu de recouvrer Rs 13, 6 milliards et d’échelonner le reste jusqu’en 2020. Sans le transfert des actifs de la Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership), l’administrateur spécial se retrouve avec un manque d’un milliard dans les recouvrements.*



Des clients de SCBG «prêts» à poursuivre les Rawat 

«Nous ne doutons pas de la bonne foi du ministre Bhadain. Nou pou siport li parski sé laba ki nou pié diri été !» Déclaration de Me Vikash Rampoortab, avocat et détenteur de la police d’assurance Super Cash Back Gold (SCBG), à la presse hier, mercredi 9 mars, à l’hôtel Saint-Georges, Port-Louis. Tard la veille, d’autres clients du SCBG et lui avaient eu une réunion avec le ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance Roshi Bhadain. À l’issue de cette rencontre, ce groupe de clients a affiché sa détermination à poursuivre les membres de la famille Rawat, anciennement à la tête du groupe BAI.

Les membres de cette coalition font preuve d’un soutien indéfectible à Roshi Bhadain. «Le ministre nous a donné la garantie que nos actions en cour n’affecteront nullement l’engagement que le gouvernement a pris de nous rembourser notre capital», lance l’avocat Vikash Rampoortab. Les membres de cette coalition ont d’ailleurs pris la peine d’accrocher une banderole au mur, sur lequel on pouvait lire : «Avec le ministre R. Bhadain en toute confiance», signé SCBG policyholders.

«Aster inn larg nou lamé ! Nou pou met aksion lakour. Dormi trankil bann détanter SCBG et BAM, gouvernman inn promet pou rann nou nou kas», poursuit Me Vikash Rampoortab. Il a ajouté que le groupe BAI était «une arnaque puisque les clients du SCBG se sont fait arnaquer...»

«CATASTROPHE NATURELLE»

Dans la foulée, Me Vikash Rampoortab a fait une sortie contre l’avocat de Laina Rawat-Burns, Me Shakeel Mohamed, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger. Selon lui, les clients du SCBG et les investisseurs de la Bramer Asset Management (BAM)sont des victimes d’une «catastrophe naturelle». L’avocat fait le parallèle avec les victimes d’inondations. «Kaninn éna gro lapli, pann donn bann fon bann sinistré ? Zot ti viktim katastrof natirel et tou dimounn inn kontribié. Bé nou la… Nou pa viktim katastrof natirel ?» s’interroge l’avocat. Et d’ajouter que l’Insurance Amendment Bill a été voté au Parlement «dans l’intérêt des victimes de la BAI». 

Varen Andee, membre du Parti mauricien social démocrate (PMSD), a, pour sa part, rappelé que l’affaire BAI a fait des «victimes» dans toutes les classes de la société, indépendamment de leur couleur politique. Il a lui aussi réaffirmé «la volonté du gouvernement, mais surtout du ministre Bhadain, d’aider les victimes de BAI».

Ce membre du PMSD précise que le leader de l’opposition aurait dû avoir «la décence de retourner l’argent que lui a offert la BAI lors de la campagne électorale». Interrogé par la presse sur son point de vue sur «les faveurs» qu’ont reçues certaines personnalités de l’actuel gouvernement, Varen Andee répondra : «Sertennman li ti pou swétab ki zot randé !»

 
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