Zika: des tests sur des macaques mauriciens

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Le premier cas d’infection par le virus Zika a été enregistré aux Phillippines. Selon l’agence de presse AFP, ce dimanche 6 mars, c’est une Américaine qui a été infectée après un séjour de quatre semaines en janvier. Jusqu’ici le pays le plus touché est le Brésil avec 583 cas depuis octobre. En deuxième position : la Colombie avec plus de 47 000 contamination, dont 8 890 femmes enceintes. Les autorités estiment du reste que le pire est à venir d’ici deux mois. La maladie progresse également en Guadeloupe, en Martinique et en Guyanne, entre autres. Comment arrêter ce virus transmis par le moustique Aedes Aegypi ? Des macaques mauriciens sont mis à contribution pour la recherche d’un vaccin, a indiqué Nada Padayatchy, un des responsables de Bioculture, spécialisé dans l’élevage et l’exportation de singes à des fins médicales. Un premier groupe a ainsi déjà rejoint un laboratoire de recherches aux Etats-Unis.

En attendant, des chercheurs des universités Johns-Hopkins, à Baltimore, de l’État de Floride et Emory, Atlanta, ont démontré que le virus Zika est capable d’infecter des cellules-souches à l’origine du cortex cérébral. Ils en ont fait la démonstration in vitro. L’étude est décrite dans un article publié dans la revue Cell Stem Cell.

Le virus s’est multiplié dans les cellules, provoquant leur mort ou perturbant leur croissance. La maladie provoque des troubles neurologiques, dont le syndrome de Guillain-Barré et la microcéphalie, qui influe sur le périmètre crânien inférieur aux normes, avec des atteintes cérébrales chez des fœtus et des nouveau-nés après infection de la mère au cours de la grossesse, entre autres.

Quels risques pour Maurice ?

Alors que le virus Zika fait rage à l’étranger, le ministre de la Santé se veut rassurant. Maurice est bien armé, affirme Anil Gayan qui ajoute que les autorités ont pris les mesures qui s’imposent pour prémunir la population contre le Zika. Quelles sont-elles ?

La coordination des autorités :Depuis les épisodes précédents de dengue et de chikungunya, les différentes unités de l’État sont avisés en cas d’urgence sanitaire.

La destruction d’éventuels foyers épidémiques :Les exercices de fumigation et d’élimination des poches accumulation d’eau propices à la reproduction des moustiques sont constants à Maurice. Ce, afin d’éviter l’apparition de foyers épidémiques en période de grosses pluies.

La sensibilisation :Les Mauriciens sont déjà sensibilisés sur les mesures de protection contre les piqûres de moustiques depuis les tristes épisodes d’épidémie de chikungunya en 2006-07 et de dengue en 2014.

La surveillance sanitaire renforcée : La mise en alerte aux points d’entrée du pays est très efficace, notamment au port et à l’aéroport. Des scanners thermiques permettent de détecter des cas de fièvre suspecte. Tout ressortissant étranger entrant sur le territoire est suivi systématiquement par les services sanitaires et le moindre cas suspect peut être référé aux autorités médicales.

Toutefois, malgré ces mesures, Maurice demeure vulnérable au virus Zika. Notre vulnérabilité tient en plusieurs points, notamment :

Le climat tropical : Maurice, qui jouit d’un climatique tropical, est vulnérable au virus Zika. D’autant que la transmission du virus se fait à travers l’Aedes, communément appelé moustique tigre, une espèce très répandue dans l’île.

Absence d’immunité de la population :N’ayant pas connu de précédent épisode d’épidémie de Zika, la population n’a pas développé une immunité naturelle contre le virus et demeure donc plus vulnérable.

La période pluvieuse :Les fortes pluies de ces dernières semaines occasionnent des poches d’accumulations d’eau dans lesquelles les moustiques peuvent se reproduire plus facilement.

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