Rentrée politique 2016: redistribution des cartes

Avec le soutien de
Paul Bérenger et d’autres militants, mardi 29 décembre durant leur dîner annuel à Flic-en-Flac. Par ailleurs, le PMSD a refusé que nous prenions des photos de leur soirée.

Paul Bérenger et d’autres militants réunis, mardi 29 décembre, lors de leur dîner annuel, à Flic-en-Flac. Par ailleurs, le PMSD a refusé que nous prenions des photos de leur soirée. 

Dès le début de l’année,les activités politiques focaliseront l’attention. L’appel de Pravind Jugnauth, le leader du MSM, du jugement le condamnant dans l’affaire Medpoint sera entendu les12 et 13 janvier. Un proche du dossier affirme que les juges ne rendront pas leur verdict immédiatement à la fin du réquisitoire. «C’est un dossier très complexe. Ils prendront plusieurs jours avant de rendre leur jugement», dit-il.

L’issue de cette affaire aura un impact considérable sur la politique. Des proches du leader du MSM soutiennent que des hommes de loi mauriciens et étrangers sont confiants que Pravind Jugnauth sera blanchi.

Du côté du MSM, l’on se prépare déjà à ce que le leader fasse son retour au cabinet. Selon un proche de l’hôtel du gouvernement, PravindJugnauth deviendra Premier ministre après un mini-remaniement ministériel.

Si cette éventualité se concrétise, sir Anerood Jugnauth gardera son poste de député pendant quelque temps pour agir comme  «consultant» du gouvernement. Il devrait ensuite démissionner, provoquant une élection partielle à un moment qui soit favorable au gouvernement.

Au cas où sir Anerood Jugnauth quitterait le gouvernement, il faudrait d’abord qu’il mette fin à la guerre larvée entre quelques membres de son gouvernement. Il semblerait que ce soit entre Xavier-Luc Duval, le leader du PMSD, et le ministre orange Roshi Bhadain que le torchon brûle en ce moment. Il y a eu d’abord de vifs échanges au cabinet au début du mois. Et maintenant, c’est un sondage de «personnalité de l’année» effectué par un journal en ligne qui semble envenimer les choses.

Le leader du PMSD a demandé au journal de le retirer de cette liste alors qu’il était en deuxième position derrière Roshi Bhadain. Du côté des membres du MSM, l’on reproche à leur partenaire de vouloir grignoter leur électorat rural.

«L’année de l’opposition»

Au PMSD, Mamade Khodabaccus, le secrétaire général, dément tout conflit au gouvernement. Toutefois, il reconnaît que le PMSD ambitionne d’agrandir son électorat en puisant chez le MMM et le PTr, tout en veillant à ce que les 20 comités régionaux mis en place fonctionnent pendant toute cette nouvelle année.

D’ailleurs, avant le dîner offert à ses membres hier, Xavier-Luc Duval a déclaré à l’express qu’il est satisfait du travail de ses ministres. «L’année 2016 sera importante pour nous car nous allons consolider notre assise au sein du gouvernement.»

Par ailleurs, que ce soit du côté du MMM et du PTr, les dirigeants persistent à dire que 2016 sera l’année de l’opposition. Lors du dîner annuel des Mauves hier soir, à Flic-en-Flac, Paul Bérenger a donné une indication de ce qui les attendra prochainement.

«Il y a une question à trancher. Même si Paul Bérenger se présente seul comme Premier ministre ou si c’est un partage de pouvoir de trois ans et que quelqu’un d’autre fera deux ans, il nous faut présenter un vice-Premier ministre. Quand le moment viendra en 2016, nous prendrons la décision par bulletin secret», a souligné le leader des Mauves.

L’express a appris que celui qui se positionne pour partager le pouvoir avec Paul Bérenger est l’actuel adjoint au leader Pradeep Jeeha. «Il faut déjà lancer l’idée et voir si cela est accepté au niveau du parti et de la population. Si ça ne mord pas, on peut réajuster la stratégie», indique-t-on au MMM.

Pour sa part, le PTr tiendra son congrès en février pour ensuite célébrer son 80e anniversaire. Et ceux qui croient que Navin Ramgoolam pourra perdre le leadership de ce parti l’année prochaine ont tort. La  «constitution» du parti lui permet d’occuper ce fauteuil jusqu’à 2017 à moins qu’il démissionne.

En revanche, l’ancien Premier ministre pourra voir ses démêlés avec la justice s’aggraver si son ancienne amie Nandanee Soornack rentre au pays pour devenir un témoin à charge. Quoi qu’il en soit, des cadres travaillistes font ressortir que si le PTr veut ressurgir, il est temps que, dès l’année prochaine, les responsabilités soient redistribuées au sein du parti.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires