Évaluation des parlementaires: ces nouveaux venus à l’épreuve

Avec le soutien de
Ils sont 34 à avoir effectué leur baptême du feu à l’Assemblée nationale cette année.

Ils sont 34 à avoir effectué leur baptême du feu à l’Assemblée nationale cette année. 

Les journalistes ayant suivi les travaux parlementaires durant tout le long de l’année ont effectué un exercice pour situer la performance des nouveaux venus. Ils sont 34 à avoir effectué leur baptême du feu à l’Assemblée nationale. Du côté des ministres, c’est, sans conteste, Roshi Bhadain qui se démarque, alors que chez les «backbenchers», Sudesh Rughoobur est celui qui a été le plus actif.

Cet exercice ne vise nullement à discréditer ceux qui ont obtenu de mauvaises notes car, il faut le reconnaître, ce n’est pas donné à tout le monde de participer à des débats quand vous avez en face de vous des ténors comme Paul Bérenger, sir Anerood Jugnauth, Shakeel Mohamed, Ivan Collendavelloo, Vishnu Lutchmeenaraidoo ou encore Alan Ganoo ou des enquiquineurs comme Rajesh Bhagwan et Mahen Jhugroo. Sir Anerood Jugnauth, en 1976, et Navin Ramgoolam, en 1991, ont vécu l’expérience.

Toutefois, ces députés ont intérêt à être plus actifs. Et ce sera l’occasion pour leurs mandants de mieux les juger que nous.

  • Roshi Bhadain (3,71 - B)

C’est le parlementaire qui a marqué de son empreinte les travaux parlementaires durant toute l’année. Intelligent, maîtrisant bien ses dossiers, il n’a pas besoin de notes pour fournir des chiffres. Mais il se croit supérieur aux autres. Il digère mal les critiques, même si elles sont justifiées. Il a été rappelé quelquefois à l’ordre par la Speaker pour son comportement antiparlementaire. Mais être responsable de la MBC n’est pas du tout en sa faveur.

  • Sudesh Rughoobur (3,23 - B)

Une bonne note pour le député Rughoobur. Il ne se passe pas une seule séance sans qu’il n’y ait au moins deux ou trois questions de lui à l’ordre du jour. De plus, il ne lâche jamais l’affaire. Il use de nombreuses questions supplémentaires pour obtenir une réponse satisfaisante.

  • Bashir Jahangeer (2,83 - C)

Il frôle un B. Le député s’est démarqué en tenant tête à Ivan Collendavelloo lors des questions concernant le dossier énergétique. Il a aussi marqué des points en se prononçant contre certains amendements proposés dans la loi contre l’enrichissement illégal.

  • Osman Mahomed (2,65 - C)

Le député du Parti travailliste se démarque avec un C. Soit légèrement au-dessus de la moyenne. Est-ce parce qu’il siège au banc de l’opposition ? Le fait reste qu’Osman Mahomed répond présent à l’heure des questions aux ministres tout comme au Premier ministre.

  • Soodesh Callichurn (2,57 - C)

Très sollicité lors du Question Time et même appelé à présenter quelques législations, Soodesh Callichurn a fait montre d’une bonne maîtrise de ses dossiers. Mais il peine quelquefois quand il a à répondre à des questions supplémentaires. Il reste, néanmoins, un jeune qui promet.

  • Ravi Rutnah (2,56 - C)

Souvent, ses interventions n’ajoutent rien au débat. Toutefois, de temps en temps, il fait ressortir des points pertinents et c’est surtout lors des débats sur les projets de loi.

  • Zouberr Joomaye (2,48 - C)

C’est un décollage timide pour Zouberr Joomaye. Toutefois, ses quelques questions sur différents aspects de la santé publique ont attiré l’attention. Il maîtrise également le dossier MedPoint.

  • Ritesh Ramful (2, 46 - C) 

Il a eu beaucoup de peine à «décoller» comme parlementaire. Mais il a au moins appris. Du moins, il s’intéresse beaucoup à sa circonscription. Il aura intérêt à participer davantage aux débats, même si on sait qu’au sein de son parti, c’est Shakeel Mohamed qui est désigné à être sur tous les fronts.

  • Ezra Jhuboo (2,45 - C)

Ses interventions sont souvent saluées par les membres de la majorité. Il démontre un certain intérêt pour la cause environnementale et les infrastructures publiques. Un jeune prometteur.

  • Danielle Selvon (2,33 - C)

Elle a fait parler d’elle en claquant la porte du MSM à cause des clauses du projet de loi sur l’enrichissement illégal. Outre cela, elle demeure plutôt silencieuse au Parlement.

  • Yogida Sawmynaden (2,33 - C) 

Le jeune ministre connaît bien son dossier. Mais il a trop tendance à rester sur sa position, refusant de prendre note des suggestions de l’opposition, notamment celles de Franco Quirin. Ses commentaires sur les athlètes participant à des sports nonolympiques et aussi sur les Jeux des îles quand il avait déclaré que Maurice ne sera pas une roue de secours lui ont fait du tort.

  • Raj Dayal (2,33 - C) 

Voilà un ministre qui veut répondre plus rapidement que son ombre ! Il n’a pas changé ses habitudes. Comme commissaire de police, il croyait pouvoir tout réaliser et comme ministre il croit pouvoir tout faire. Ses réponses et ses commentaires sont toujours longs et difficiles à digérer.

  • Maneesh Gobin (2,19 - C)

Lui, on ne l’a pas beaucoup entendu durant l’année. Sauf deux ou trois fois lors des débats sur des projets de loi et ses points étaient toujours percutants.

  • Alain Wong (2,11 - C)

Calme, Alain Wong fait partie des ministres qui quittent rarement leur siège, même si les débats sont monotones. Dommage qu’il soit rarement sollicité. Il est difficile de savoir s’il maîtrise bien son dossier ou non. Comme dirait l’Anglais, «he can do better».

  • Joseph Léopold (2,08 - C)

On ne le remarque pas vraiment. Pourtant, il est intervenu plusieurs fois lors des débats sur des projets de loi, démontrant un certain potentiel qui peut être mieux exploité.

  • Malini Sewocksingh (2,07 - C )

On espérait beaucoup de cette députée de Curepipe-Midlands. À part des participations aux débats du discours-programme et du Budget, elle reste plutôt muette à l’Assemblée. L’apprentissage est dur pour elle. «A lot of room for improvement», comme dirait l’Anglais.

  • Sanjeev Teeluckdharry (2,02 - C)

Avec ses rares questions aux ministres de temps à autre, le député du n°5, Pamplemousses–Rivière-du-Rempart, décroche un C. Ni plus ni moins.

  • Santaram Baboo (2,01 - C)

Il s’en sort bien avec cette note. Un ministre limité qui a des difficultés à maîtriser ses dossiers. Sa détermination à suivre les débats attentivement lui fera sans doute du bien et son calme sera également à son avantage.

  • Sudhir Sesungkur (1,97 - D)

Il affiche une certaine volonté de bien faire. Il pose beaucoup de questions. Mais pas forcément les plus pertinentes. Il passe à côté d’un petit C mais a encore beaucoup d’effort à faire.

  • Marie-Claire Monty (1,90 - D)

Sa voix ne résonne qu’à l’heure des débats. Si elle a pu briser la glace contrairement à certains de ses camarades députés du gouvernement avec une question à son actif, Marie-Claire Monty a encore beaucoup de chemin à faire.

  • Gowkaran Oree (1,89 - D)

Inexistant au Parlement. Même dans son camp, certains ont des difficultés à se rappeler son nom. Il a intérêt à mieux faire son travail de parlementaire et aurait pu poser des questions au moins sur sa circonscription.

  • Adrien Duval (1,82 - D)

Il est le plus jeune des nouveaux arrivés au Parlement. À quelques reprises, il s’est fait remarquer dans son rôle de Deputy Speaker. N’empêche qu’il a encore du chemin à faire.

  • Guito Lepoigneur (1,69 - D)

Prendra-t-il enfin ses marques à compter de la prochaine séance? Jusqu’ici, mauvais départ pour le député de Beau-Bassin–Petite-Rivière qui récolte un D avec zéro question parlementaire au compteur.

  • Kalyan Tarolah (1,67 - D)

Le député de Montagne-Blanche a beau signer des questions parlementaires aux ministres comme au Premier ministre mais il peine à se distinguer.

  • Bobby Hurreeram (1,66 - D)

L’on retiendra ses piques lancées à l’encontre de Shakeel Mohamed mais pas sa contribution pour l’avancement des travaux parlementaires. Ce qui lui vaut un petit D.

  • Patrice Armance (1,50 - D)

Avec une notation de 1,50, Patrice Armance s’en sort avec un D. Le backbencher est discret et pas très Participatif.

Le système de notation :

4-5 pts : grade A
3-4 pts : grade B
2-3 pts : grade C
1-2 pts : grade D

Quid des PPS ?

SUR les dix Parliamentary Private Secretaries (PPS), la grande majorité, soit sept – hormis Eddy Boissézon, Francisco François et Thierry Henry – sont à leur première expérience au sein de l’hémicycle. S’il est un fait que les PPS ne posent pas de questions, ils peuvent, toutefois, faire entendre leur voix lors des débats autour des projets de loi.

Ils récoltent tous un D. Pas très reluisant comme démarrage ou encore décevantes premières armes. Sur les 44 séances parlementaires, leurs interventions à l’heure des débats ont été quasi inexistantes.

De ces sept nouveaux venus, seule Roubina Jadoo-Jaunbocus rate de peu une meilleure note par rapport à ses autres camarades PPS. Comme quoi, elle peut mieux faire si elle se consacre davantage aux affaires du Parlement.

          PPS                                   POINTS            NOTATION

Roubina Jadoo-Jaunbocus      1,96                       D

Raj Rampertab                            1,79                      D

Sharvanand Ramkaun               1,75                      D

Toolsyraj Benydin                       1,71                     D

Stephan Toussaint                     1,60                     D

Sandya Boygah                          1,46                      D

Salim Abbas-Mamode              1,41                     D

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires