Tamarin: levée de boucliers contre l’empiètement sur le barachois

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Jhan Hingah (à.g) et Sténio Labonne tiennent à ce que cet espace, menacé par les développements à outrance, reste intact.

Jhan Hingah (à.g) et Sténio Labonne tiennent à ce que cet espace, menacé par les développements à outrance, reste intact.

Les habitants de Tamarin et les associations veillent au grain. Ils se sont donné pour mission de protéger un domaine, le barachois. C’est aussi un patrimoine naturel qu’ils veulent léguer à la génération future. Ils sont ainsi montés au créneau afin de dire non au développement à outrance qui menace de leur arracher la dernière parcelle de nature qui leur reste dans ce village.

Travailleurs sociaux, villageois et associations se mobilisent pour barrer la route au développement qui se fait à Tamarin au détriment des habitants. En effet, tous militent pour qu’on ne touche pas à ce qu’ils appellent «la dernière portion de nature» qu’il reste à Tamarin.

«Le village de Tamarin est coincé entre la mer et la montagne. Il n’empêche qu’on est en train de bétonner partout : des projets immobiliers du côté de la montagne et des hôtels du côté de la mer. Il ne va bientôt plus rester de bois ou de forêt à Tamarin», explique Jhan Hingah, pêcheur qui est aussi un activiste au sein du Mouvement et bien-être des pêcheurs de Tamarin.

Avec son collègue Sténio Labonne, il nous invite à visiter ce qu’il considère être le poumon de Tamarin: le barachois. Déjà, celui-ci longe la plage publique, lieu de vie incontournable du village. Ensuite cet espace est aussi un coin de choix pour les habitants, pêcheurs ou non.

Foisonnement de vie sauvage

C’est une manne d’algues, de petites bêtes comme les sardines, crabes ou autres fruits de mer d’où chacun vient puiser. Ce, pour trouver des appâts ou enn ti cari. Il y a aussi là un foisonnement de vie sauvage, une faune et une flore que les habitants décrivent comme étant propres au barachois.

«Il y a des oiseaux notamment, les poules d’eau et les bécasses qui vivent et surtout viennent pondre sur l’îlot Cassis qui s’y trouve», dit Sténio Labonne.

Finalement, c’est un endroit qui constitue le patrimoine commun du village, intimement lié à son histoire, à des repères du temps comme la rivière et ce moignon de roche, vestige de l’ère sucrière, où certains vont encore pêcher. Beaucoup de personnes viennent encore y flâner et respirer l’air frais le matin, ajoutent nos guides.

«Nous voulons que nos enfants voient la nature qu’il y a à Tamarin, pas seulement les grands hôtels et le béton.»

Cet espace, les habitants souhaitent le conserver tel quel, car c’est le dernier versant du Tamarin authentique, encore inviolé. «C’est ce que nous voulons offrir à nos enfants. Nous voulons qu’ils voient la nature qu’il y a à Tamarin, pas seulement les grands hôtels et le béton», disent les membres de l’association.

Cette levée de boucliers des gens de Tamarin est due à l’annonce de la création d’une smart city dans le village et aussi d’une passerelle devant enjamber le barachois. «Que ce soit un pont en hauteur ou un pont flottant sur l’eau, il aura un impact sur ce lieu et nous n’en voulons pas», insistent nos interlocuteurs.

Ils avaient organisé une grande réunion au début du mois. Des actions sont prévues dès le mois de janvier. «Nous veillons et toute une série d’activités et de manifestations commenceront dès la nouvelle année», dit Sténio Labonne.

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