Vice-présidence: les dessous du désistement de Vidya Narayen

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Vidya Narayen a indiqué hier qu’elle refuse sa nomination car elle veut «rester au-dessus de toute controverse».

Vidya Narayen a indiqué hier qu’elle refuse sa nomination car elle veut «rester au-dessus de toute controverse».

Que s’est-il passé pour que Vidya Narayen refuse le poste de vice-présidente de la République ? Hier, mardi 8 décembre elle en a fait part au Bureau du Premier ministre (PMO). Et, dans un communiqué émis dans la journée, le PMO cite uniquement une déclaration de la principale concernée : «Dans la conjoncture actuelle, je ne suis pas intéressée à être considérée pour le poste de vice-présidente de la République de Maurice. Je veux rester au-dessus de toute controverse», dit-elle.

Toutefois, bien avant le refus de celle-ci, l’express a appris, de sources concordantes, que le gouvernement cherchait déjà un autre candidat pour ce poste et qu’il comptait faire marche arrière. Pourquoi ce revirement de situation ?

Plusieurs sources proches du gouvernement indiquent que le déclencheur a été une enquête menée par les services de renseignements sur l’ex-Ombudsperson for children. Il semblerait que l’époux de Vidya Narayen aurait un autre profil ethnique. Nous avons essayé de contacter cette dernière pour plus d’explications hier. En vain.

Mais des sources proches de l’ancienne juge affirment que celle-ci n’aurait pas bien digéré les critiques formulées à son encontre dans les médias venant des pro-Murday. «Elle n’a jamais été à l’aise sous les projecteurs. Elle a toujours opéré dans la discrétion. Devant la tournure des événements, elle a préféré refuser cette position qu’elle n’avait jamais réclamée en premier lieu.»

La pression maintenue

Le refus de Narayen réjouit ceux qui sont pour la nomination de Menon Murday en tant que vice-président de la République. L’on se souvient que la Mauritius Tamil Temples Federation ainsi que d’autres organisations socioculturelles étaient montées au créneau lundi pour dénoncer la non-nomination de Menon Murday et les propos de sir Anerood Jugnauth à son encontre. Lors de ce point de presse, plusieurs avaient, du reste, affirmé que Vidya Narayen n’était pas tamoule. L’Union Tamoule comptait même manifester aujourd’hui devant le Parlement pour protester contre sa nomination.

«On continuera à mettre la pression pour que ce soit Menon Murday qui soit nommé», laisse-t-on entendre. Toutefois, la dernière information circulant en comité restreint à l’hôtel du gouvernement fait état qu’un poste de Senior Advisor serait réservé à Menon Murday (voir texte ci-dessous).

Dans l’éditorial de l’express d’hier, nous faisions appel à Vidya Narayen en ces termes : «Au lieu d’accepter cette sinécure (qui coûte cher aux contribuables), peut-on s’attendre que Mme Narayen dise non avec une explication du genre : ‘Ma carrière est derrière moi et comme ancienne juge, je ne me vois pas comme quelqu’un représentant telle ou telle communauté. Aux yeux de la justice, nous sommes tous égaux. Enfin, je pense qu’il faut laisser la place aux jeunes, à ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’avoir une carrière aussi riche que la mienne’.»

Vidya Narayen ayant désormais refusé ce poste, ce n’est que l’année prochaine qu’un vice-président de la République sera nommé, indique le communiqué du PMO. Et Monique Agnes Ohsan Bellepeau reste à son poste.

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