Roshi Bhadain: «Il nous faut promouvoir une culture de transparence»

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Après le laborieux travail derrière le vote de l’amendement constitutionnel et du Good Governance and Integrity Reporting (GGIR) Bill, nous avons cru que le ministre Roshi Bhadain allait lever le pied de l’accélérateur. Tel n’est pas le cas. Il présentera vendredi le Captive Insurance Bill tout en s’attaquant à plusieurs gros chantiers d’avenir. C’est ce qui ressort de l’entretien du ministre de la bonne gouvernance effectué, dans le cadre du bilan du premier anniversaire du gouvernement Lepep – qui sera publié le 11 décembre (la plupart des ministres ont défendu leur bilan devant nos caméras).

Comment vous sentez-vous après les débats houleux sur le GGIR ?

Je suis content du travail accompli et de la façon dont nous avons mené le débat en public, en rencontrant les différents partenaires. J’avoue que c’est draining, mais c’est une bonne expérience. Ce serait bien que toutes les lois puissent être débattues de la sorte.

Et maintenant que le GGIR est derrière vous...

C’est une loi désormais, mais il y a tout le travail de mise en place des structures (l’agence et le board) ainsi que l’application de la loi à réaliser. Tout le travail autour du GGIR s’articule autour du concept de transparence que nous voulons promouvoir – d’ailleurs la Declaration of Assets sera amendée à cet effet – et de la lutte contre tous les crimes en col blanc qui sera coordonnée, voire chapeautée, par la Financial Crime Commission qui sera mise sur pied pour harmoniser  toutes les agences (comme celle émanant du GGIR, de l’ICAC, de la FIU, etc) et d’autres qui devront être créées.

«L’express» vient de publier la liste des avoirs immobiliers – disponibles au Registrar – et certains politiques n’ont pas vraiment joué le jeu. C’est pour changer la donne que la «Declaration of Assets Amendment Act» sera proposée à la rentrée parlementaire de 2016…

Oui, nous le voulons, dans le même sens que votre démarche. Moi, j’ai participé à votre exercice en fournissant tous les détails car je ne suis pas entré en politique pour me faire des sous mais pour servir mon pays. Je n’ai strictement rien à cacher. Pour revenir à votre question, la Declaration of Assets Act sera amendée afin d’inclure les Senior Public Officials (incluant des juges, ministres, etc.) parmi ceux qui doivent déclarer leurs avoirs… Il faut que cette culture soit ancrée dans nos moeurs, mais en même temps il nous faut le respect de la vie privée. Avec le soutien de tout un chacun, on arrivera à cette culture de bonne gouvernance, surtout lorsqu’il s’agit du Tax Payers Money.

D’où la création du ministère que vous dirigez…

C’est un exemple intéressant, en effet. Nous avons tout créé à zéro. Au départ, nous n’avions pas de bureau, pas de staff, rien… Aujourd’hui, le ministère a déjà atteint sa vitesse de croisière, avec une équipe efficace, motivée, et qui travaille d’arrache-pied, sans compter les heures. Nous sommes results oriented.

Vendredi, vous allez introduire un nouveau projet de loi, le «Captive Insurance Bill*». Quels résultats attendez-vous de cette nouvelle législation ?

C’est un projet de loi technique qui régit le secteur des assurances et on a voulu le passer en First, Second et Third Readings, avec débats, si possible, avant la fin des travaux parlementaires de cette année afin de ne pas perdre du temps et les gros clients qui nous ont contactés ne peuvent pas attendre. Je vous parle là de gros clients comme la Old Mutual, Lloyds, Axa. Avec le projet de loi, les conditions seront créées pour leur installation chez nous afin de créer leur QG régional et pour cela,  on ne peut pas attendre la rentrée parlementaire de l’an prochain.

* Qu’est-ce qu’une captive?

Une captive est une compagnie d’assurances ou de réassurances appartenant à une société ou à un groupement dont l’activité commerciale n’est pas l’assurance. Une captive permet de diminuer la vulnérabilité de votre entreprise face aux fluctuations du marché de l’assurance, d’accéder directement au marché de la réassurance, de contrôler plus efficacement les risques et les sinistres, et de couvrir des risques difficilement ou non assurables sur le marché.

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