Éclairage: quand le fossé entre salaires est difficile à combler

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Les fonctionnaires de la classe moyenne, tels les policiers, méritent un salaire attrayant, selon Rashid Imrith.

Les fonctionnaires de la classe moyenne, tels les policiers, méritent un salaire attrayant, selon Rashid Imrith.

Attendu le mois dernier, le rapport du Pay Research Bureau (PRB)ne sera rendu public que pendant le premier trimestre de l’année prochaine. C’est en tout cas la promesse du Premier ministre sir Anerood Jugnauth faite au Parlement il y a deux semaines.

Synonyme d’augmentation, le rapport du PRB ne réduira pas vraiment la disparité salariale entre les petits employés et les hauts cadres. Cela d’autant plus qu’un fonctionnaire doit souvent attendre 30 ans environ, dit-on, pour toucher la rémunération maximum autorisée sous le PRB.

Faudrait-il donc revoir toute la grille de salaires ? Rashid Imrith, le président de la Fédération des syndicats du secteur public, propose l’instauration d’un salaire décent à l’intention des employés au bas de l’échelle. «Il leur faut un minimum vital, soutient-il. Nous luttons pour cela depuis plusieurs années. Il faut aussi un salaire attrayant pour les fonctionnaires de la classe moyenne.»

Dans cette catégorie, il y a notamment des policiers, des infirmiers et des pompiers qui représentent un grand nombre d'employés du gouvernement. S’ils ne sont pas satisfaits, prévient le syndicaliste, ils iront ailleurs. C’est une des raisons de l’exode des infirmiers qui a prévalu au début des années 2000.

Les hauts fonctionnaires ou les professionnels ne sont pas en reste. Rashid Imrith juge qu’il faut bien les rémunérer afin d’éviter un exode des cerveaux dans le secteur public. «Les patrons du privé souhaitent que les cadres du gouvernement touchent moins que ceux du privé car aussitôt que ces fonctionnaires ont de l’expérience, ils les débauchent en les appâtant avec un bien meilleur salaire», explique-t-il.

Qu’en est-il de la disparité salariale dans le secteur privé justement ? Peu d’études ont été menées à ce sujet. La Mauritius Employers’ Federation (MEF) a déjà entrepris un sondage pour connaître les salaires par secteur et par catégorie d’emplois. «Nous avons constaté que les salaires sont au-dessus de la moyenne recommandée dans la plupart des firmes», précise Pradeep Dursun, le CEO de Business Mauritius et ancien directeur de la MEF.

De son côté, Reaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé, ajoute que la disparité de salaires dans le secteur privé est flagrante dans la zone franche. «Il y a 100 000 employés qui ont comme salaire de base Rs 5 000. Depuis 2013, nous luttons pour qu’il y ait une révision du National Remuneration Order. L’ancien gouvernement n’a fait que des annonces alors qu’avec le nouveau, l’on attend toujours», déclare-t-il.

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