Dhiren Moher: l’homme au caractère positif

Avec le soutien de

Rencontrer les gens au marché central, connaître leurs pensées. Voilà comment Dhiren Moher, Community Liaison Officer au sein de Prévention, Information et Lutte contre le sida (PILS), occupe ses samedis. En marge de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, qui sera célébrée le mardi 1er décembre, nous sommes allés à sa rencontre. 

Vous avez dévoilé votre séropositivité il y a quelques années. Était-ce une bonne ou mauvaise décision?

Sans hésitation, je réponds que ce fut une bonne chose car cela a permis de mettre un visage humain sur la maladie. Malgré les pressions que ma famille a subies de la part d’hommes religieux et de bien pensants au sein de la communauté pour m’empêcher de parler, j’ai résisté à toute tentative de bâillonnement. Grâce au soutien de mes parents et proches, j’ai surmonté les obstacles pour donner une nouvelle direction à ma vie. Au début, c’était très difficile en raison des tabous et de la stigmatisation envers les malades. Je n’ai jamais baissé les bras et j’ai fait du combat contre la discrimination mon cheval de bataille. J’ai transformé une situation négative en situation positive pour aider ceux qui sont infectés et affectés et cela fait 18 ans que je milite en ce sens.

La situation des personnes séropositives à Maurice s’est-elle améliorée ?

Oui et non. Au niveau médical, nous avons de nouveaux traitements qui sont désormais disponibles à Maurice. Il y a eu aussi la décentralisation des services de soins. Néanmoins, il y a le problème de co-infection des patients infectés au VIH et un souci concernant leur prise en charge. Sur le plan légal, il y a également le HIV Act de 2006, qui protège les personnes infectées. Néanmoins, au niveau social et dans la pratique, il y a toujours des préjugés, certains patients arrêtant même leur traitement en raison de la stigmatisation.

Que faites-vous durant votre temps libre ?

 Je lis, je regarde des documentaires et j’essaie de faire le vide dans ma tête et me ressourcer à travers la méditation.

Et pendant vos week-ends?

Je suis sur le terrain. Je rencontre les gens au marché central pour parler de l’actualité, de la politique, du social, bref, tâter le pouls de la population et savoir ce qu’elle pense.

Cuisinez-vous ?

Non. Heureusement que mon épouse est un cordon-bleu.

Gourmand ou gourmet ?

Gourmand. J’adore un bon curry de viande et de pommes de terre avec des faratas.

 Un péché mignon ?

 Une bière bien fraîche.

 Quels livres lisez-vous actuellement ?

Une biographie sur le Premier ministre indien Narendra Modi. C’est très intéressant.

Votre idée du bonheur?

C’est d’être en harmonie avec tout le monde, de se respecter les uns les autres et d’être solidaires.

Qu’auriez-vous voulu accomplir avant de quitter ce monde ?

Apporter ma petite pierre à l’édifice, afin de rendre ce monde plus tolérant et dépourvu de sida et des autres fléaux sociaux.

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