Somduth Takoor, Food and Beverage Manager une voie royale…

Avec le soutien de

Le sourire de cet homme de  44 ans dévoile une belle fente entre ses deux incisives centrales. C’est qu’il a les dents de la chance ! On lui en a déjà fait la remarque. Mais ce n’est pas tant la chance que le dur labeur et la volonté de faire carrière dans l’hôtellerie de luxe qui l’ont mené là où il est aujourd’hui.

Somduth Takoor est l’aîné de quatre enfants. Son père est un fonctionnaire à la Local Government Authority et sa mère femme au foyer. De gros efforts parentaux sont fournis pour qu’il complète sa scolarité secondaire au collège Friendship de Goodlands. Etant un lecteur assidu des journaux, ce sont les interviews des célébrités de passage logeant à l’hôtel Royal Palm qui retiennent son attention. «Mon rêve a toujours été de travailler dans l’hôtellerie de luxe, en particulier au Royal Palm», confie-t-il.

Lorsqu’il termine sa FormVI, il évoque son rêve avec un ami qui travaille au sein de cet établissement. Celui-ci lui fait avoir un entretien avec Renée Lobry, Food and Beverage Manager de l’époque. Elle lui donne sa chance et l’embauche comme plagiste. Ainsi, de 8 heures  à 16 heures, il arpente la plage, prenant les commandes des clients qui se dorent au soleil et leur propose des serviettes. Mais il converse également avec eux et les incite à consommer. La tactique  est payante.

Comme les ventes de ce département augmentent, au bout de cinq mois il est muté au restaurant de la plage qui n’a, à l’époque, qu’une quinzaine de tables. Boissons et snacks y sont proposés. Il se familiarise avec le menu et les plats proposés afin de pouvoir mieux les expliquer aux clients. Les cours de formation internes l’aident beaucoup. Lorsqu’il intègre le département de Bar-Plage, il travaille matin et soir jusqu’à la fermeture du bar. «J’ai déjà vu le soleil se lever en période de pointe», se rappelle-t-il. Au début, il fait la plonge, mais sa soif de connaissances le pousse à observer et à aider le barman.

Vu son intérêt pour le métier, il est promu serveur et est autorisé à tenir la soversation avec la clientèle et à prendre les commandes. En 2002, il est nommé Assistant Head Barman et seconde le titulaire au poste de barman. Il apprend les recettes de cocktails par cœur et se soumet tous les ans aux tests de contrôle. À trois reprises, il sort premier. «Les longues heures importaient peu, j’avais tellement envie de faire ce métier.» Bien qu’il soit marié à Sangeeta et père d’une fille nommée Darshinee, les trois quarts de son temps se passent au travail. «Heureusement que j’ai une épouse compréhensive !» En 2004, il est promu barman. À l’heure de l’apéro, cela signifie une centaine de clients à servir en simultané.

«C’est triste qu’aujourd’hui, les Mauriciens ne veulent plus travailler dur mais veulent avoir de l’argent facilement.»

Somduth Takoor ambitionne de grimper encore l’échelle de la hiérarchie. Il accepte de prendre la responsabilité du restaurant de la plage. Il augmente le nombre de couverts avec un menu plus élaboré, en y ajoutant salades et desserts. Les clients apprécient, si bien que le midi, ils viennent manger au restaurant de la plage. Cela se répercute positivement sur les chiffres. Il continue à suivre des cours auprès de la Beachcomber Training Academy dans l’optique  de se perfectionner.

Il fait si bien ses preuves qu’au bout de trois ans, d’autres responsabilités lui sont attribuées, à savoir la gestion du bar de la terrasse et du restaurant de la plage, des plagistes et du Room Service. Il chapeaute 70 employés. Son principal défi concerne surtout le Room Service car une bonne partie des clients préfère prendre le petit déjeuner en chambre. Somduth Takoor revoit le service, les produits et s’entoure d’employés prêts, comme lui, à relever le défi.

Son investissement personnel porte ses fruits et en 2011, c’est la consécration. Il est nommé responsable du restaurant gastronomique La Goélette, comptant  80 couverts. Il s’occupe de la sommellerie, des achats, de la gestion du personnel et du fonctionnement du restaurant. Si au départ, il sent une petite résistance au niveau des employés qui se voient pour la première fois travailler sous les ordres d’un compatriote, mais de par son approche simple, il obtient rapidement leur adhésion.

Somduth Takoor s’acquitte de cette tâche avec brio. La récompense suprême vient sous forme de sa nomination comme Food and Beverage Manager. Au lieu d’un seul restaurant, il en gère désormais trois – le restaurant italien La Breezza, le restaurant de la plage et La Goélette, la sommellerie mais aussi deux bars, celui de la terrasse et du Spa. En termes de produits, cela équivaut à 700 références pour la cave, 200 pour les bars et 100 pour le Room Service.

 Il est heureux de pouvoir côtoyer les vedettes qui séjournent au Royal Palm et cela va du défunt président François Mitterrand au champion de tennis Raphaël Nadal. Ses nouvelles responsabilités l’entraînent dans plusieurs palaces, en France et en Suisse, où il observe et apprend dans le but de répliquer ce qui est possible de l’être au Royal Palm.

Humblement, il affirme que sans l’équipe qui l’entoure, il n’aurait jamais pu arriver aussi loin. La seule difficulté qu’il évoque est l’absentéisme, qui perturbe le service. «C’est triste qu’aujourd’hui, les Mauriciens ne veulent plus travailler dur mais veulent avoir de l’argent facilement.»

 Plusieurs hôtels d’ici et même de l’étranger ont essayé de le débaucher mais Somduth Takoor a tenu bon. «Je suis un pur-sang du Royal Palm. Pourquoi m’en irais-je quand je suis dans le top des tops ?» Cela ne l’empêche pas de rêver et de toucher du doigt les sommets. À quel poste on se hasarde à lui demander ? «Le prochain poste que la direction voudra bien m’accorder…»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires