Attentats: l'enquête s'accélère en région parisienne, la France mobilise ses alliés

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Véhicule découvert à Paris, potentielle base arrière en Ile-de-France: les enquêteurs tentaient mardi de reconstituer le parcours des auteurs des attentats parisiens de vendredi, dont au moins un est en fuite. La France, elle, mobilise ses alliés contre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.

François Hollande rencontrera Barack Obama à Washington le 24 novembre et Vladimir Poutine à Moscou le 26, dans l'espoir de parvenir à une coalition unique pour "détruire" l'EI. Le président russe a ordonné a sa marine de "coopérer" avec la France.

Le chef de l'Etat s'est déjà entretenu mardi à l'Elysée avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Ce dernier a estimé que la Syrie était peut-être à quelques "semaines" seulement d'une "grande transition" politique entre le régime de Damas et l'opposition.

Paris a aussi réclamé l'assistance militaire des pays de l'Union européenne (UE), après une nouvelle nuit de bombardements français à Raqa, fief de l'organisation jihadiste dans le nord de la Syrie.

- Peut-être un deuxième fuyard -

L'enquête sur les tueries sans précédent perpétrées le 13 novembre par plusieurs jihadistes, dont sept kamikazes, qui ont fait 129 morts et 352 blessés près du Stade de France, dans la salle de concert du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants de la capitale, s'est à nouveau concentrée mardi sur la région parisienne.

Une Clio noire immatriculée en Belgique, qui a pu servir à la préparation des attentats, a été retrouvée dans le nord de Paris. Elle a été louée par Salah Abdeslam, suspect-clé toujours traqué par les enquêteurs, qui n'excluent pas l'hypothèse d'un deuxième fuyard.

Cet homme de 26 ans a également loué une Polo noire retrouvée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri. Les investigateurs pensent qu'il a formé avec son frère Brahim, qui s'est fait sauter boulevard Voltaire, l'équipe qui a criblé de balles des terrasses de restaurants, avant d'être exfiltré par deux complices en Belgique.

Deux hommes arrêtés samedi dans le quartier populaire bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du jihadisme, et inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste" sont soupçonnés d'être ces complices: Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans.

- Un Français a revendiqué les tueries -

Ils avaient été contrôlés samedi matin par des gendarmes français près de la frontière belge, avec un homme muni des papiers d'identité de Salah Abdeslam. Pas encore recherchés, ils avaient pu poursuivre leur route.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans un hôtel d'Alfortville, en banlieue parisienne, où deux chambres, aussi louées avec la carte bancaire de Salah Abdeslam, pourraient avoir été occupées par des assaillants.

Ce fuyard a côtoyé un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, possible "inspirateur" du carnage. Ce membre très actif de l'EI, 28 ans, déjà soupçonné d'avoir commandité des attentats projetés en Belgique, est recherché depuis janvier.

Autre jihadiste, français cette fois, qui intéresse de près les investigateurs: Fabien Clain, 35 ans, vétéran toulousain des filières radicales, est l'homme qui a lu dans un enregistrement la revendication des attaques parisiennes par l'EI, ont affirmé à l'AFP des sources proches de l'enquête.

Les attentats du 13 novembre "ont été décidés et planifiés en Syrie, préparés et organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises", selon les mots du président Hollande.

Plusieurs des sept kamikazes ont déjà été identifiés, tous français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Mostefaï, Amimour et Hadfi sont allés en Syrie dans les zones de jihad. C'est très probablement le cas aussi des deux frères Abdeslam et d'un cinquième kamikaze, près duquel a été retrouvé un passeport syrien. L'identité figurant sur ce document pourrait correspondre à celle d'un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois, a appris l'AFP de source proche de l'enquête.

Six personnes étaient toujours en garde à vue mardi en France dans l'entourage de Mostefaï et trois dans celui d'Amimour.

Dans la nuit de lundi à mardi, 128 nouvelles perquisitions, donnant lieu à dix interpellations, ont été réalisées en France, a annoncé le gouvernement, écartant toute défaillance des services de renseignements.

- Matchs de Ligue 1 maintenus -

Face à la menace, l'état d'urgence décrété dès vendredi est jugé insuffisant par l'exécutif, qui va soumettre au Parlement une révision de la Constitution pour créer "un régime civil d'état de crise".

Selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, "115.000 policiers, gendarmes, militaires" sont mobilisés "pour assurer la protection des Français". Les contrôles sont également renforcés dans les aéroports, notamment à Paris-Orly et Roissy-CDG, où plus de 5.000 sous-traitants, personnels des Aéroports de Paris, policiers et gendarmes sont réquisitionnés.

La sécurité dans les transports en commun franciliens "est au niveau humain à son niveau maximum", a assuré mardi le président de la région Jean-Paul Huchon.

Mardi, dernier des trois jours de deuil national en France, des dizaines de personnes se recueillaient encore devant les lieux des attentats, dans les Xe et XIe arrondissements de Paris, dans une ambiance pesante et silencieuse.

"Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne", titre dans son numéro à paraître mercredi le journal satirique Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée par l'attaque islamiste qui avait déjà traumatisé la France le 7 janvier.

Les musulmans sont appelés à se rassembler vendredi prochain à 14H00 devant la mosquée de Paris "contre le terrorisme" et l'"amalgame".

Recueillement, également, mardi soir à Londres: l'équipe de France de football affronte l'Angleterre à 21h00 (20H00 GMT) au stade de Wembley, un match amical au cours duquel les spectateurs anglais sont invités à chanter "La Marseillaise". La rencontre amicale Belgique-Espagne prévue mardi à Bruxelles a en revanche été annulée.

En France, les matches de Ligue 1 et de Ligue 2 prévus ce weekend sont maintenus. "Pas question" non plus d'annuler l'Euro-2016 en juin et juillet, a assuré le ministre des Sports Patrick Kanner

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