«Révélations» de Dawood Rawat: Roshi Bhadain s’explique

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Dawood Rawat a eu recours à l’arbitrage privé en France pour porter plainte contre l’État.

Dawood Rawat a eu recours à l’arbitrage privé en France pour porter plainte contre l’État.

Le grand patron du groupe BAI n’en démord pas. Dawood Rawat affirme que le gouvernement a orchestré la chute de son empire. Dans une plainte en réclamation à l’Etat, il évoque le retrait d’argent de la Bramer Bank de trois membres du gouvernement dont Roshi Bhadain. Ce dernier s’explique…
 
Dawood Rawat, l’ancien grand patron du groupe BAI estime que le gouvernement mauricien a orchestré la chute de son empire. Sans compter que l’ambition finale, serait, selon lui, que l’État s’approprie les filiales de son groupe. C’est ce qu’il déclare dans une plainte en réclamation faite à l’État. Réclamation qui s’élève à Rs 35 milliards.
 
Dans sa plainte, Dawood Rawat détaille les événements qui ont mené au démantèlement d’un empire qu’il a pris «toute une vie à bâtir». Et il n’hésite pas à pointer un doigt accusateur vers l’État qui aurait, affirme-t-il, tout manigancé. «Je ne savais rien de la situation du groupe BAI jusqu’au jour de la révocation de la licence de la Bramer Bank», affirme cependant le ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain.
 
Ce dernier explique qu’une semaine avant la révocation de la licence, il a reçu la visite de trois cadres du groupe BAI. Il avance que ces derniers insistaient pour le rencontrer en disant que cela a trait à la Financial Services Commission (FSC).
 
«J’ai accepté. C’est là qu’ils m’expliquent que la Banque de Maurice les somme d’injecter Rs 350 millions dans la Bramer Bank et qu’ils demandent à pouvoir prendre de l’argent des autres filiales. La FSC était présente à cette rencontre et la présidente a dit que c’était impossible parce que le groupe avait déjà dépassé le seuil autorisé pour ce genre de transaction avec 80 % des fonds qui provenaient des filiales. Les trois cadres ont dit que le groupe avait réduit ce pourcentage à 58 %», avance le ministre. Il ajoute que la FSC réfutait ce point avancé par les trois cadres, indiquant que même si c’était le cas, autoriser une transaction pareille n’aurait pas été légale.
 
En sus de réclamer Rs 35 milliards à l’État pour dommages et intérêts, l’ancien grand patron du groupe BAI évoque aussi le retrait d’argent de trois membres du gouvernement notamment le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, l’ancien ministre des Technologies, de la communication et de l’innovation Pravind Jugnauth et le ministre de la Bonne gouvernance Roshi Bhadain. Selon lui, entre janvier et février 2015 ces derniers ont retiré Rs 741 000, Rs 4, 4 millions et Rs 6 millions respectivement de leurs comptes à la Bramer Bank.
 

Prêt de Rs 4 millions

 
Nous avons vainement tenté d’avoir Pravind Jugnauth au téléphone. Quant à sir Anerood Jugnauth, il avait déjà avoué avoir pris les devants pour un retrait de son argent dans une précédente déclaration à la presse en juin dernier. «Abé ki mo rann mwa kouyon? Mo less mo kass laba mem? Premie zafer, monn tir mo kass. Enn bato pé koule, mo sov mo la po.», avait-il affirmé. Ce jour-là, le Premier ministre a raconté comment, ayant eu vent du Ponzi allégué du groupe BAI, il a retiré son argent de la Bramer Bank.
 
En revanche, Roshi Bhadain, sollicité hier soir, nie avoir retiré Rs 6 millions de la Bramer Bank. Tout simplement parce qu’il affirme qu’il n’a jamais eu cette quantité d’argent au sein de la banque.
 
«Zamé mo finn éna Rs 6 millions dan Bramer ! Tout ce que j’ai retiré c’est Rs 700 000. Et là encore, il y a une explication», souligne-t-il. Roshi Bhadain affirme qu’il a son compte personnel à la State Bank of Mauritius depuis des années. «Lorsque Jayraj Sonoo va à la Bramer Bank, j’ouvre un compte là-bas pour mon cabinet d’avocat et je contracte un prêt d’à peu près Rs 4 millions pour le cabinet», explique-t-il.
 
Sauf que, pendant la campagne électorale, Roshi Bhadain explique avoir confié la gestion du cabinet à son cousin Yash Bhadain. «Entre-temps, nous avons gagné les élections. J’avais déjà payé mon emprunt à la Bramer et il restait Rs 700 000 que j’ai transférées à mon compte personnel à la SBM», affirme-t-il en expliquant que c’était parce qu’il voulait fermer ce compte qu’il avait ouvert au nom de son cabinet qu’il s’apprêtait à revendre à son cousin.
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