Production locale: de plus en plus de pesticides dans les fruits et légumes

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De 2011 à 2014, le pourcentage de produits présentant un taux trop élevé de pesticide est passé de 2,3 % à 10 %.

De 2011 à 2014, le pourcentage de produits présentant un taux trop élevé de pesticide est passé de 2,3% à 10%.

Le constat n’est pas «alarmant», insiste-t-on au ministère de l’Agro-industrie. Il n’empêche qu’en quatre ans, le pourcentage de fruits et légumes présentant un taux plus élevé de pesticides que le seuil autorisé est passé de 2,3% à 10%. C’est ce qui ressort des chiffres du ministère. Dans les milieux concernés, on estime que ce taux serait plus considérable.

Chaque année, un échantillonnage de quelque 500 fruits et légumes est analysé. Des échantillons sont collectés auprès des planteurs par des employés du Food and Agricultural Research & Extension Institute et analysés au Food Tech Lab  du ministère de l’Agro-industrie, à Réduit. Ainsi, selon les résultats, en 2010, 2,3% des produits contenaient un taux de pesticides supérieur au Maximum Residue Level (NdlR : la quantité autorisée de pesticide dans les fruits et légumes, qui est calculée selon des normes internationales).

«Les pesticides sont liés au cancer, aux maladies respiratoires, à l’infertilité...»

En 2011, ce taux est passé à 2,7 %. En 2012, il a grimpé à 6 % et en 2013, il a atteint 7,2 %. Si le dernier rapport disponible sur l’utilisation des pesticides fait mention de pourcentages entre 2010 et 2013, le chiffre pour 2014, soit 10%, nous a été communiqué par une source autorisée du ministère. La situation est d’autant plus inquiétante que jusqu’à présent, il n’y a aucune agence qui s’occupe du contrôle de pesticide, d’insecticide ou de fertilisant dans le pays.

Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters’ Association, concède que des planteurs continuent à abuser des pesticides «pou  fer kas». Résultat : dans bien des cas, surtout lorsque ces planteurs ne patientent pas le temps qu’il faut pour la récolte, le taux de pesticide autorisé dans les fruits et légumes est supérieur au Maximum Residue Level.

Au niveau des professionnels de la santé, le Dr Mohammad Isshaq Jowahir, vice-président de la Private Medical Practitioners’ Association, est catégorique : la hausse du nombre de cas de cancer à Maurice est, entre autres, liée à l’utilisation non réglementée de pesticides. «Les pesticides sont liés au cancer, aux maladies respiratoires, à l’infertilité, voire aux maladies de la peau.»

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