Ils ont du métier: le croque-mort qui croque la vie à pleines dents

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Samuel L. Jackson, Morgan Freeman et autres peuvent se rhabiller. Voici venir Jocelyn, sa classe, son costard et sa cravate. Sauf qu’il n’est pas acteur mais employé des pompes funèbres, chauffeur de corbillard et commercial, entre autres. Une de ses missions : conduire les morts à leur dernière demeure. Et au quotidien, il mène un train d’enfer. 

De toute façon, quand on fait ce métier, «on n’a pas le temps de se reposer», lâche Jocelyn, 58 ans, arborant un sourire angélique. Les morts peuvent le réveiller à n’importe quelle heure. «Je suis on call pratiquement 24 heures sur 24.»

Sinon, ses clients lui rendent-ils visite durant son sommeil ? Et les cauchemars ? «Ah non ! La mort fait partie de la vie. Il vaut mieux ne pas y penser.» À mort les idées reçues. Lui, il garde le sourire même si ce n’est pas drôle tous les jours. 

Des images marquantes, Jocelyn en a plein la tête. Certaines le hantent toujours. Comme «cette dame morte brûlée… pa fasil», marmonne-t-il, la mort dans l’âme. Il y a aussi les enfants… Mais ça, il ne souhaite pas trop en parler. Quid de ses enfants à lui ? Ils ont entre 18 et 26 ans, confie Jocelyn. L’un est prof, l’autre policier et le cadet est à la recherche d’un emploi. Se pourrait-il que ce dernier suive les traces de papa ? Funeste présage. Le non est presque catégorique. 

Mais pas de tête d’enterrement qui tienne. De toute façon, Jocelyn est lui-même un touche-à-tout. Avant de s’occuper des défunts, il s’employait, en tant que mécanicien, à redonner vie aux voitures. Puis, il est tombé dans la marmite des pompes funèbres. «C’était dans les années 80.» À l’époque, l’entreprise pour laquelle il travaille n’était pas aussi prospère. «J’étais garnisseur, chauffeur, commercial, tout ce que vous voulez.» Il l’est toujours. L’entretien est d’ailleurs interrompu, le temps d’un appel. «C’était quelqu’un qui cherchait un cercueil.» Plus professionnel que lui tu meurs. 

Sinon, est-ce qu’on est fauché quand c’est la Grande faucheuse qui fournit du travail ? «La paye n’est pas mal…» Traduction : la mort fait vivre son homme. Quand il ne travaille pas, il passe du temps avec ses proches. Des moments sacrés pour lui. Raison pour laquelle il faut prendre le temps de vivre, conclut-il.

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