Cirque Zavatta: ces enfants qui travaillent pour le rire

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 Malgré la fatigue après 30 heures de voyage, Moges (en haut) et ses acolytes étaient montés sur la piste vendredi dernier.

 Malgré la fatigue après 30 heures de voyage, Moges (en haut) et ses acolytes étaient montés sur la piste vendredi dernier. 

Un petit bonhomme venu d’Éthiopie exécute de belles figures. Comme sans efforts. Combinant voltige et acrobaties dans un numéro de jeux icariens. Lui, c’est Moges Negese. Il a 14 ans, mais en paraît facilement la moitié. Il fait partie des enfants qui illuminent la piste du Cirque Zavatta, qui est actuellement en représentation au parking du centre commercial de Bagatelle.

Il a vraiment 14 ans ce petit bonhomme ? Devant notre incrédulité, Natacha Rozel, directrice du cirque, confie: «J’ai vérifié sur les papiers d’identité.» Avec le fils de la directrice, Ross, 11 ans, Moges fait partie des plus jeunes de cette troupe de cirque.

Sauf que raconter le quotidien de Moges équivaut à escalader la tour de Babel. Natacha Rozel nous prévient: «Nous communiquons par gestes.» L’ado au physique d’enfant ne parle pas un mot d’anglais. Il n’est pas venu seul. Trois autres de ses compatriotes ont été embauchés pour cette escale mauricienne. Il y a Tigita Getu, qui a 19 ans, mais qui en paraît 16. Elle pratique le hula hoop. Et les deux plus âgés qui ont la vingtaine: Wubetie Nega et Shumeti Dutes.

Péniblement, nous parviendrons à comprendre que cela fait un an et demi que Moges pratique les jeux icariens. Qu’ils viennent tous de Bahir Dar, ville d’Éthiopie en pleine expansion. Et que Wubetie, le plus âgé, est «happy meeting people». Avec le Cirque Zavatta, qui a démarré les séances vendredi dernier, ils donnent une représentation le vendredi, deux le samedi et deux le dimanche. Le reste du temps est consacré aux entraînements et au repos.

«Le premier jour, ils sont arrivés après 30 heures de voyage», raconte Natacha Rozel. «Mais même s’ils sont très jeunes, ils sont professionnels.» Malgré la fatigue du voyage, ces jeunes artistes sont montés sur la piste, affirme la responsable. «J’en connais d’autres dans ce milieu qui n’auraient pas travaillé le même jour.» En attendant, elle nous a expliqué qu’elle comptait acheter des tissus et chercher une couturière pour confectionner de nouveaux costumes à ses recrues. «Pour le moment, ils ont des costumes très basiques.»

Avoir un avenir

Ces Éthiopiens ont été recrutés par petite annonce postée sur Facebook, ajoute Natacha Rozel. «J’ai dit que je cherchais des artistes pour une tournée dans l’océan Indien et ils m’ont envoyé des vidéos. Grâce au cirque, ils pourront avoir un avenir.»

Natacha Rozel est la mère du jeune clown de 11 ans qui égaie le spectacle. Mère de trois enfants, leur avenir, elle ne l’envisage pas autrement que sous un chapiteau. «Je veux que plus tard, ils aient chacun leur propre cirque.»

Le rythme de la famille : «Nous sommes sur les routes toute l’année.» Après Maurice, ce sera deux mois à Mayotte et un mois et demi aux Seychelles. Fin mai, elle retrouvera sa caravane en France. Les tournées devraient reprendre en juillet. «En France, nous changeons de ville deux fois la semaine.»

Pour l’école, ce sont les parents eux-mêmes qui font la classe aux enfants. Ils les aident avec les cours par correspondance. «Ils iront jusqu’à la première et puis c’est fini. Je ne vais pas pousser pour le bac», confie Natacha Rozel. Le plus important étant de maîtriser la gestion d’un cirque, avec ce que cela implique comme démarches administratives et savoir tenir les livres de compte. «Tout ce qu’on sait faire, on le leur expliquera.»

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