La justice israélienne condamne un prédicateur islamiste héraut de la défense d'Al-Aqsa

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Les violences en cours depuis début octobre, dont l'esplanade est l'épicentre, ont continué avec les dernières en date d'une série d'attaques quotidiennes au couteau de Palestiniens isolés contre des Israéliens.
 
Deux Palestiniens ont poignardé et sérieusement blessé un soldat israélien avant d'être abattus par d'autres soldats en Cisjordanie occupée, près du Goush Etsion, un ensemble de colonies israéliennes entre Bethléem et Hébron, a indiqué l'armée.
 
Selon des responsables de la sécurité palestinienne, les deux assaillants présumés étaient deux habitants d'Hébron âgés de 17 et 22 ans.
 
Plus tard, un autre Palestinien a tenté de poignarder un soldat à Hébron, avant d'être également abattu, toujours selon l'armée.
 
Amnesty International a accusé Israël "de meurtres illégaux de Palestiniens et d'usage intentionnel de la force meurtrière sans justification" à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées: Dans au moins quatre cas, "des Palestiniens ont été délibérément tués par les forces israéliennes alors qu'ils ne posaient aucune menace imminente de mort, dans ce qui s'apparente à des exécutions extrajudiciaires".
 
Le système judiciaire israélien a déjà reçu des plaintes sur l'usage excessif de la force. Le procureur général Yehuda Weinstein a ainsi affirmé lundi que "l'usage d'armes à feu pour prévenir un danger immédiat pour les vies humaines est admissible uniquement dans le cas d'une réelle menace pour les vies, ou la sécurité de la police ou autres, et qu'il n'y ait aucun autre moyen".
 
Il répondait à des plaintes déposées par Adalah, qui défend les droits des Arabes israéliens et des Palestiniens, assurant avoir ordonné l'examen des cas mentionnés par cette ONG.
 
- Interdire la "branche nord" -
 
Cheikh Raëd Salah, chef du "Mouvement islamique - branche nord" a été condamné en appel par un tribunal de Jérusalem pour incitation à la haine dans un discours tenu en février 2007 à Jérusalem.
 
Il avait été condamné à huit mois en 2014 pour avoir appelé "tout musulman et Arabe à venir en aide aux Palestiniens et à lancer une intifada islamique" pour Jérusalem et l'esplanade.
 
Le tribunal a alourdi la peine et l'a assortie de huit mois de sursis. Son avocat va saisir la Cour suprême. "La prison ne nous fait pas peur", a proclamé Raëd Salah, présent à l'audience et censé se livrer le 15 novembre.
 
Le "Mouvement islamique - branche nord", organisation légale, est désigné par le Premier ministre Benjamin Netanyahu comme l'un des principaux instigateurs des troubles autour de l'esplanade des Mosquées, dans la partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël.
 
L'esplanade, site sous la garde de la Jordanie mais dont Israël contrôle tous les accès et y fait la police, est au coeur d'une escalade qui a réveillé le spectre d'une troisième intifada. M. Netanyahu accuse notamment la "branche nord" d'exciter les passions sur ce troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.
 
Défendre l'esplanade est l'un des principaux cris de ralliement lancés par la "branche nord" pour mobiliser les Arabes israéliens, les quelque 1,4 millions de descendants de Palestiniens restés sur leurs terres en 1948 et ayant la citoyenneté israélienne. Ils sont très largement solidaires des Palestiniens.
 
M. Netanyahu a dit vouloir faire interdire "la branche nord", comme l'en presse la droite.
 
- Le rêve d'une ministre -
 
Le soupçon qu'Israël veuille changer les règles régissant l'esplanade des Mosquées (le "statu quo"), autoriser les juifs à prier et à terme prendre le contrôle du site passe pour un déclencheur primordial des violences récentes.
 
M. Netanyahu affirme constamment son engagement à maintenir le "statu quo" et a été contraint de rappeler son gouvernement à la discipline après des propos potentiellement incendiaires d'un de ses membres.
 
"Je rêve de voir le drapeau israélien flotter sur le mont" du Temple, nom désignant l'esplanade pour les juifs, a dit la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, qui s'est aussi prononcée pour le droit des juifs à prier sur l'esplanade.
 
Le bureau de M. Netanyahu a réagi en affirmant que celui-ci n'avait "pas changé" de politique et qu'il attendait de tous les membres du gouvernement qu'ils "agissent en conséquence". Mme Hotovely a dû faire marche arrière et assurer sa loyauté au gouvernement.
 
Conscient du caractère explosif du site d'où est partie la deuxième Intifada, M. Netanyahu a accepté, sous les auspices des Etats-Unis, la mise en place d'une vidéosurveillance 24H/24 qui établira, selon lui, qui sont les fauteurs de troubles.
 
A peine annoncé, cet accord a déjà suscité une querelle entre Israël, la Jordanie et la fondation islamique qui administre le site sur qui installerait les caméras et les surveillerait.
 
Depuis le 1er octobre, la vague de violences dans les Territoires palestiniens, à Jérusalem et en Israël a fait d'un côté 59 morts, des Palestiniens et un Arabe israélien - pour moitié des auteurs d'attentat -, et de l'autre neuf morts israéliens.
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