Attaquée par un parasite: la banane bientôt à plus de Rs 10 l’unité?

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En 2013, la production de bananes se chiffrait à 12 000 tonnes, contre 3 000 tonnes l’an dernier. Au banc des accusés : le champignon «Phyllosticta cavendishii».

En 2013, la production de bananes se chiffrait à 12 000 tonnes, contre 3 000 tonnes l’an dernier. Au banc des accusés : le champignon «Phyllosticta cavendishii».

Depuis 2012, la production de bananes a chuté d’environ 75 %. Les planteurs se disent inquiets et estiment même que la banane pourrait coûter entre Rs 10 et Rs 15 l’unité, d’ici la fin de l’année. Alors qu’elle coûtait moins de Rs 5, il y a trois ans. En cause: un parasite, le champignon «Phyllosticta cavendishi». 
 
 
Selon les données compilées par une consultante mandatée par des petits planteurs: en à peine un an, la production de bananes, touchées par un parasite, a chuté de 9 000 tonnes. En 2013, elle se chiffrait à 12 000 tonnes, contre 3 000 tonnes en 2014. 
 
La situation est telle que ces petits planteurs estiment qu’il n’y aura bientôt plus assez de bananes pour satisfaire à la fois les besoins des hôtels et ceux des grandes surfaces. Et à l’approche de la saison touristique et des fêtes, disent-ils, le manque se fera de plus en plus sentir.
 
Ces petits planteurs se sont en fait regroupés pour fonder une société dont le but est de commercialiser et d’importer des bananes. Et, pour eux, face à la situation, la seule solution est l’importation saisonnière de bananes de Madagascar et d’Afrique de l’Est afin d’approvisionner le marché local. Concrètement, ils demandent au gouvernement d’octroyer un permis en ce sens.
 
Sauf que les autorités ne voient pas cette proposition d’un très bon oeil. Le hic en ouvrant la voie à l’importation, assure-t-on, serait d’importer, en ce faisant, d’autres maladies qui risqueraient de mettre en danger le marché local. «Nous devons nous assurer que les fruits qui entrent sur notre territoire sont sains», explique le ministre de l’Agroindustrie, Mahen Seeruttun.
 
 
Pénurie généralisée
 
 
Il estime, pour sa part, que la production est sous contrôle et que les précautions nécessaires sont prises, comme des filets protecteurs sur les bananes. La situation n’est, selon lui, pas aussi alarmante. Du coup, le ministre est d’avis que l’importation n’est pas une solution à envisager en priorité. D’autant plus, déclare-t-il, qu’il faudra attendre que le Native Terrestrial Bill soit voté avant de pouvoir ouvrir le marché à l’importation de fruits et de plantules. Cette loi, souligne-t-il, régira l’introduction d’espèces exotiques à Maurice. Pour l’heure, indique le ministre, la priorité est de protéger les producteurs locaux.
 
 
Avis partagé par une responsable du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI). Pour elle, l’importation ne peut se faire de manière saisonnière. En ouvrant la voie, poursuit-elle, les bananes importées risquent d’inonder le marché et les planteurs auront du mal à rivaliser avec ces fruits «of export grade».
 
 
De son côté, la consultante, mandatée par des planteurs pour mener l’étude, juge «inacceptable» que les autorités n’acceptent pas la solution portant sur l’importation saisonnière. Selon elle, il faut se rendre à l’évidence que nous courons vers une pénurie généralisée de bananes.
 
 
Des fruits frappés par la maladie
 
 
Au banc des accusés: le champignon «Phyllosticta cavendishii», responsable de la «Freckle Disease» qui affecte la qualité et la viabilité des fruits pour la distribution. D’aucuns affirment que c’est ce qui expliquerait la pénurie de bananes. D’ailleurs, une première infestation a eu lieu en 2012. Et certaines plantes seraient encore touchées par la maladie. La responsable du FAREI concède que la «Freckle Disease» est toujours présente. Mais elle indique que tout est sous contrôle. Et d’ajouter que les centres de recherche préparent des plantules in vitro qui sont saines à 100 %. De plus, souligne-t-elle, le gouvernement souhaite surtout protéger l’agriculture mauricienne.
 
Journalistes : Lynn ERASMUS et Fabrice JAULIM
 
 
 
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