L'alliance Lepep: «Beaucoup d’améliorations à apporter à la MBC»

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Tout ce qui est arrivé au Parlement a pour toile de fond la gestion de la MBC. Êtes-vous satisfaits de la manière dont elle traite l’information ?
 
Ivan Collendavelloo: Ce n’est pas ça le débat… Qu’importe le débat de fond, ou pa zour dimounn, ou pa maltret Madam Speaker la. Bien sûr, vous exprimez votre désaccord. C’est ça le Parlement. Mais comment vous le faites ? (S’adressant au journaliste) Dans votre rédaction, vous injuriez votre rédacteur en chef et puis vous prenez la porte ? Voilà, la réponse à votre question.
 
Je vous rappelle que vous, leaders de l’alliance Lepep, avez critiqué la gestion de la MBC sous Navin Ramgolam. Êtes-vous d’accord du traitement de l’information de la MBC actuellement ?
Xavier-Luc Duval: Roshi Bhadain l’a dit lui-même et nous le redisons : il vient de reprendre la MBC. La réforme n’a pas vraiment été entamée. Il y a encore beaucoup à faire. Nou pa kapav dir ou MBC séki nou anvi mais nous pouvons vous dire que nous voulons qu’elle devienne une station nationale dont tout l’hémisphère Sud pourra être fier. Nous n’en sommes pas encore là.
 
Vous savez qu’avant qu’elle ne donne son verdict, la Speaker a dit qu’elle a eu recours aux enregistrements du jour. Mais dans une «standing position», Monsieur Bhadain a laissé présager que c’est lui qui décide qui est invité à la MBC…
Pravind Jugnauth: Les députés ne sont pas dans un bazar où ils peuvent entrer, sortir et dire ce qu’ils veulent. Il y a des standing orders. Nous vous invitons à les consulter. Si vous n’êtes pas satisfait d’un ruling, la procédure est de venir avec une motion. Ou alors vous comportez-vous comme un singe dans la forêt ? Le leader de l’opposition sait que s’il n’est pas satisfait de certaines choses, il peut poser une question, venir avec une PNQ ou une motion. Il décide de refuser cela pour faire du cinéma… C’est de mauvais goût.
 
Vous avez plusieurs fois dit que vous comptez sur les médias pour dénoncer toute transgression de la démocratie parlementaire. Avez-vous vu comment la MBC a rapporté l’incident mardi soir ? Le Chief Whip a répondu par la négative, en disant qu’il ne regarde pas la MBC.
Xavier-Luc Duval: Je n’ai pas vu ça particulièrement. Mais il faut faire ressortir que nous n’avons pas encore de directeur général à la MBC. Nous sommes tellement au milieu de tout ce que nous faisons.
 
Avez-vous vu la retransmission de l’incident ?
Xavier-Luc Duval: Non… Nous étions tous au Parlement.
 
Une de vos promesses électorales était de réformer la MBC dans un délai de trois mois. Neuf mois se sont écoulés depuis que vous êtes au gouvernement et toujours rien.
Pravind Jugnauth: Xavier vient de le dire. Le ministre Bhadain a aussi répondu au Parlement. Il y a beaucoup d’améliorations à apporter. Nous n’avons pas dit que la MBC est parfaite.
 
Il paraît qu’il y avait moins de contestations et d’allégations de manipulation sous la direction de Pritam Parmessur. Depuis qu’il a été licencié, il y a eu l’affaire des images des coffres-forts diffusées en plein reportage sur la sortie de Navin Ramgoolam à Kewal Nagar. Il y a eu la lettre d’une journaliste adressée au Premier ministre… Ce qui démontre que depuis le départ de l’ancien directeur général, le ministre Bhadain manipule la MBC. Le gouvernement en est-il conscient ?
Ivan Collendavelloo: Il se peut que vous ayez raison. Ou tort. Que faites-vous ? Ou lévé, ou ménas dimounn, ou bat dimounn, ou konport ou kom des voyous. Ou (il regarde le journaliste) vous faites comme vous le faites là, vous posez la question ? Pourquoi vous ne m’injuriez pas ? Parce que vous avez de bonnes manières.
 
Vous concédez qu’il y a un problème à la MBC ? 
Ivan Collendavelloo: Évidemment. Vous pensiez que j’allais vous dire qu’il n’y en a pas.
 
Que comptez-vous faire pour le régler ?
Ivan Collendavelloo: Xavier vient de le dire. (Xavier-Luc Duval prend aussitôt le relais). Il n’y a même pas de directeur général. Ensuite, c’est la forme et le fond. Tout député a le droit de se plaindre de la MBC mais pas durant le question time. On peut venir avec une motion. Il faut respecter les règles de la démocratie.
 
Pravind Jugnauth, vous avez aussi contribué aux dérapages au Parlement la semaine dernière. Ne pensez-vous pas qu’en tant que leader vous devriez donner le bon exemple ? 
Pravind Jugnauth: Pouvez-vous me dire comment j’y ai contribué ?
 
Votre gestuelle à l’égard de Rajesh Bhagwan…
Xavier-Luc Duval: Laissez-moi répondre. Il y a eu des provocations puis des réactions. (Il coupe) Je dois dire que l’honorable Rutnah a aussi été provoqué. Nous étions tous là quand il a été surnommé Ti Roquet. 
 
Ivan Collendavelloo: Laissez-moi rétablir les faits. C’est Rajesh Bhagwan qui a commencé. Il a regardé Pravind Jugnauth et lui a dit: «Sé ar sa (montrant les poignets menottés, NdlR) ki to pou sorti.» Et Pravind Jugnauth a répliqué: «Kieté ? Ki sa vé dir ?»
 
Pour qu’on sache ce qui s’est vraiment passé, allez-vous dire à la MBC de montrer les images des deux côtés de la chambre ? Mardi soir, nous n’avons vu que les images de l’opposition.
Ivan Collendavelloo: Nous sommes tous restés calmes. Ce n’est pas news value. Mais si vous voulez demander à la MBC de passer les rangs de la majorité, vous verrez que nous étions calmes.
 
Pourtant, quelqu’un du côté du gouvernement a lancé, à un moment, «rékin moustas».
Ivan Collendavelloo: Kiéna ladan, rékin moustas ? C’était à la fin quand ils (les membres du MMM et du PTr ; NdlR) quittaient l’hémicycle.
 
Pour vous, c’est normal qu’un membre du gouvernement dise cela ?
Dans un moment d’affrontement où il y a eu tous ces jurons, la seule chose que vous entendez c’est rékin moustas ? Qui a commencé à parler de requins… à Maurice ?
 
Vous critiquez seulement l’opposition. Ravi Rutnah a aussi lancé des provocations.
Qui a dit cela ? Rutnah n’a pas dit un mot. Je sais pourquoi je suis au courant de cela.
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