Dans la pépinière du… Jardin d’Eden

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Roland Seevathian, le responsable de la pépinière, compte plus de 40 ans d’expérience dans le domaine horticole. [Photo: Krishna Pather]

Roland Seevathian, le responsable de la pépinière, compte plus de 40 ans d’expérience dans le domaine horticole. [Photo: Krishna Pather]

À la rue Victor Hugo, Beau-Bassin, se préparent les plantes destinées au magasin Jardin d’Eden, sis à la rue Royale, Rose-Hill. Un petit coin de paradis où le pépiniériste Roland Seevathian déploie son savoir-faire.
 
Nous sommes certes loin du Jardin des Plantes de Paris, là où Victor Hugo menait ses deux petits-enfants, Georges et Jeanne, dans les années 1870. Et pourtant, si l’illustre auteur romantique français venait aujourd’hui à Beau-Bassin, dans la rue qui porte son nom, visiter la pépinière qu’elle renferme, derrière une porte de métal, elle pourrait lui inspirer ces mêmes vers :
 
«L’été dans ce jardin montre de la ferveur, C’est un éden où juin rayonne, où les fleurs luisent»
 
Ce petit coin de paradis bien mauricien n’est autre que la pépinière du Jardin d’Eden, une entreprise dont le magasin se trouve rue Royale, Rose-Hill. Et des fleurs qui «luisent», en ce mois d’octobre où le soleil darde ses rayons, il y en a à foison : des rangées d’euphorbes («épines du Christ») multicolores aux hibiscus roses, jaunes ou rouges en passant par les pensées, les bougainvillées ou encore les pélargoniums… Le responsable des lieux, Roland Seevathian, a travaillé durant quarante et un ans à la station expérimentale du ministère de l’Agro-industrie, à Barkly, en tant que pépiniériste (Nursery Man), nous dit-il. Désormais retraité, il met son savoir-faire en matière de multiplication végétative au service de la pépinière de quelque 200 toises; un projet initié il y a sept ans par Rajen Acheemootoo, directeur du Jardin d’Eden.
 
Roland Seevathian est passé maître dans l’art du bouturage, du greffage et du marcottage, trois techniques de multiplication qu’il applique patiemment à la pépinière. L’on y trouve, par exemple, un large éventail d’agrumes greffés : pamplemoussier, «limon de Rodrigues», mandarinier, kumquat, entre autres. L’un des avantages de cette méthode étant que le plant ainsi obtenu rapporte plus rapidement, soit au bout d’une année.

Fleurs bleu turquoise

Pour ce qui est du marcottage, le pépiniériste l’utilise en vue d’obtenir de nouveaux pieds d’hibiscus et de liane de jade, notamment. Les grappes de fleurs bleu turquoise de cette plante originaire des Philippines font, par leur nectar, le bonheur d’un pic-pic, le petit zozo maniok. Sous la tonnelle réservée à la grimpante, Roland Seevathian nous explique comment il procède : au-dessus de certains noeuds, il enlève l’écorce sur une distance d’environ «un demi pouce», puis installe un manchon en plastique transparent qu’il remplit d’un mélange de terre et de compost. Au bout de trois mois, les racines se seront développées suffisamment pour prélever la marcotte.
 
Outre les agrumes, la pépinière met en vente de nombreux fruitiers dont des manguiers greffés des variétés José, Auguste et Orphée2 de même que le bibassier, le bilimbi et le sapotier. L’exploitation comprend par ailleurs une serre qui abrite les plantes d’ombre ou de mi-ombre : fougères, pachiras, Paphiopedilum (sabots de Vénus) et autres bégonias. La palette de végétaux d’ornement disponibles est réellement vaste et va des plus communs aux plus rares tels cette broméliacée au feuillage moucheté ou cet arbuste venu d’Afrique de l’Est, le Majidea zanguebarica (arbre à perles noires).
 
Enfin, dans son atelier bien rangé, assis sur son tabouret, Roland Seevathian modèle des bonsaïs au moyen d’un fil d’aluminium. Comment s’y prendil pour les ligaturer? «Mo fer travay mo lespri», répond sans ambages le passionné, tandis que notre regard se porte sur un Schefflera et un banian de l’Inde (Ficus benghalensis) miniatures.
 
Après ce tour du monde botanique, prenant congé de notre hôte, nous regagnons la rue Victor Hugo, en emportant le souvenir indélébile des arômes subtils d’agrumes en fleur.
 
1. «Le Poème du Jardin des Plantes» in «L’Art d’être grand-père» (1877).
2. Selon l’ouvrage de France du Pavillon, «Le Manguier à l’île Maurice» (1954), cette variété aurait été «trouvée par un esclave du nom d’Orphée dans les bois de la Rivière-Noire».

 

Infos pratiques…

La pépinière du Jardin d’Eden est ouverte du lundi au samedi, de 10 à 17 heures. Les heures d’ouverture du magasin de Rose-Hill sont, elles, de 9 à 17 heures du lundi au samedi et de 9 à 13 heures les jeudis, dimanches et jours fériés. De la terre préparée et du compost y sont également disponibles.

 

En images


Plante mère d’hibiscus.


Le «limon de Rodrigues» fructifie en abondance.


Un jeune pied de Majidea zanguebarica (arbre à perles noires).

 
Roland Seevathian expliquant le marcottage de la liane de jade.


Les broméliacées.


Le pépiniériste ligaturant un bonsaï.


Une pensée.


Les crotons se déclinent en des coloris détonants.

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