Film documentaire Gaëtan Duval : Au grand galop

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Tantôt haï, tantôt adulé, sir Gaëtan Duval est un fils du sol qui a marqué l'île Maurice moderne de son empreinte et qui a laissé peu de Mauriciens indifférents. 

«Gaëtan Duval, une vie», film documentaire d’Alain Gordon-Gentil est à l’affiche aux cinémas Star.

Alain Gordon-Gentil avait promis un film documentaire, «sans concession», sur Gaëtan Duval. Nous n’avons pas été déçus, vendredi soir, lors de l’avant-première de Gaëtan Duval, une vie. Ce film de 90 minutes est actuellement en salle dans tous les cinémas Star.

Certes, l’admiration, l’affection même du réalisateur pour son sujet est palpable dans le texte qu’il fait dire à Philippe Houbert en voix off. Aparté : on voit un Gaëtan Duval, hilare lors du lancement de sa biographie, écrite par le réalisateur, «l’une de ses dernières sorties publiques».

Ce sont les intervenants choisis par Alain Gordon-Gentil pour raconter Duval et égratigner Gaëtan qui font contrepoids. Pour restituer les hauts faits, ainsi que les méfaits d’un homme devenu personnage de son vivant. Le tout dans un langage libéré des périphrases quand ils évoquent les communautés.

Derrière les photos de l’orateur tendant les bras à la foule, dans, «une jouissance qui est mieux que le sexe» (des propos rapportés par Lindsay Rivière, l’un des intervenants les plus récurrents du film), ou du «playboy jovial», qui laisse une ribambelle d’enfants envahir sa décapotable bleue, ce ne sont pas les aspérités qui manquent.

À commencer par l’affaire Azor Adélaide, du nom de cet agent politique tué par balle, par des tapeurs du parti du coq. C’est un Dev Virahsawmy ému, malgré le temps qui a passé, qui redit ce qu’il affirme avoir dit en cour : personne ne pouvait savoir qu’il serait à Curepipe ce jour là, dans cette voiture-là.

La caméra fouille ensuite dans l’ombre du Roi créole. Mais Amédée Darga n’y va pas avec le dos de la cuillère. «Il a détruit la communauté créole car il a détruit l’élite de la communauté. C’est parce qu’il était en partie l’homme du secteur privé. La communauté a été en partie un instrument pour servir les intérêts du secteur privé». Avec Yvan Martial, autre intervenant du film, ils se chargent de démystifier ce roi qui se pavanait à cheval et qui participait aux courses hippiques. Ce sont eux que l’on retient, dans la série d’amis et de proches.

C’est en cela que le film d’Alain Gordon-Gentil accroche. Le parti pris de l’hommage garde les yeux ouverts sur le côté obscur du personnage que l’on entend célébrer. Cela en présence de son fils, de son petit-fils et des pontes du parti, qui étaient là, le soir de l’avant-première.

Le film repose sur deux piliers. En premier lieu, les intervenants, des admirateurs qui finissent en larmes, comme Armand Maudave. Jean Juste, le «compagnon» de Duval, que la caméra retrouve, le crâne dégarni et les yeux secs, pour raconter le dernier soir. Second pilier : la profusion de documents d’archives.

L’ancien côtoie le moderne. En ouverture du film, un drone plonge de la mer, vers le campement de Grand-Gaube. «Non, rien de rien, je ne regrette rien». C’est la chanson  d’Edith Piaf qu’affectionnait Gaëtan Duval. Le drone s’élève de sa tombe au cimetière de Saint Jean. Là où l’homme nous nargue avec son épitaphe : «Passant, je ne suis pas mort, je fais semblant». La caméra prend de la hauteur sur Fly me to the moon. La boucle est bouclée.

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