La réaction de SAJ attendue sur «le problème Gayan»

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Le ministre de la Santé est devenu la cible n°1 de l’opposition.

Le ministre de la Santé est devenu la cible n°1 de l’opposition.

La pression s’accentue sur Anil Gayan. L’opposition et l’Equal Opportunities Commission (EOC) ne comptent «pas lâcher» le ministre de la Santé. Même du côté du gouvernement, «le problème Gayan» fait douter. Certains ne veulent pas être associés à ses propos et prennent leurs distances. Du pain bénit pour l’opposition qui espère un geste fort du Premier ministre. Surtout après la correspondance de PILS.
 
«Nous attendons la réaction de SAJ, ensuite nous agirons. La balle est dans le camp du Premier ministre», indique Rajesh Bhagwan, député du MMM. «Nous continuerons à réclamer sa démission», insiste le secrétaire général Ajay Gunness.
 
Un autre député mauve indique qu’il attend que SAJ soit de retour au pays. C’est alors qu’il compte poser des questions sur les demandes des ONG pour la révocation d’Anil Gayan et sur les enquêtes de l’EOC : «Nous ne pourrons pas soulever la question tant que Xavier-Luc Duval assure la suppléance. Nous avions des questions mardi mais Gayan et SAJ n’étaient pas au pays. On reviendra à la charge quand SAJ sera présent au Parlement pour répondre à nos questions.»

«Frasques»

Il précise qu’il est nécessaire de laisser l’enquête de l’EOC suivre son cours : «Il ne faut pas qu’Anil Gayan tente d’intimider l’EOC, c’est une institution qui doit travailler en toute indépendance.» Clairement, le ministre de la Santé est devenu la cible n°1 de l’opposition, une «démarche concertée avec les travaillistes».
 
D’ailleurs, pour Shakeel Mohamed, chef de file du PTr au Parlement, les «frasques» du ministre de la Santé n’engagent pas que lui, mais tout le gouvernement: «Les agissements et les dires d’Anil Gayan en tant que ministre de la Santé engagent le gouvernement dans sa totalité. La décision pour la méthadone est une décision du Conseil des ministres, et la nomination de Vijaya Sumputh est une décision approuvée par le Conseil des ministres.» 
 
Le député rouge rappelle qu’il a été la cible des attaques d’Anil Gayan. Des attaques qui, selon lui, engagent aussi le gouvernement : «Quand il a indiqué au Parlement qu’il était choqué que je sois chef de file du PTr, il ne s’est pas excusé et personne ne l’a fait, donc cela signifie que le gouvernement le soutient.»
 
Dans les rangs de la majorité, certains essaient de sauver la face. «C’est du passé, il faut regarder l’avenir», élude le ChiefWhip, Mahen Jhugroo. Pourtant, ils sont de moins en moins nombreux à voler au secours du ministre de la Santé. Il faut dire que depuis six mois, ce dernier attire les problèmes comme un aimant la limaille de fer. Et en privé, les langues de ceux qui ne veulent pas faire les frais de l’éventuel échec d’Anil Gayan se délient.
 
Un signe qui ne trompe pas : du côté du Muvman Liberater, on s’agite déjà pour trouver l’éventuel successeur du ministre de la Santé. Le nom qui revient le plus souvent est celui de Sangeet Fowdar.

Image écornée

Anil Gayan n’est donc pas au bout de ses peines. Peut-il tenir ? C’est «la» question du moment. Il n’a commis aucune faute aux yeux de la justice pour l’instant. Mais le tribunal de l’opinion publique est moins indulgent. Il suffit de tendre l’oreille pour comprendre que l’image du ministre, y compris dans son propre camp, est sérieusement écornée.
 
Le rétropédalage sur le programme anti-VIH à base de méthadone a choqué. L’«affaire» Sumputh malmène la promesse électorale d’une société plus méritocratique, pourtant annoncée par les leaders de l’alliance Lepep comme «l’un des axes principaux pour les cinq prochaines années». Et les commentaires nauséabonds, dans les rangs de l’opposition, de repartir de plus belle sur «le parallèle Soornack-Sumputh».
 
L’autre bataille mal engagée, et qui risque d’affaiblir Anil Gayan, est celle menée contre l’EOC, au sujet de l’affaire Sumputh. Hier, une source proche du dossier estimait que «seule une improbable conciliation» évitera au ministre d’être déféré devant l’Equal Opportunities Tribunal. Sa stratégie ? Jouer la montre et repousser le plus possible une confrontation avec les enquêteurs, qui commencent à perdre patience.
 
Autre information qui n’arrange rien aux affaires du ministre : une pluie de plaintes est à prévoir dans le sillage de la polémique sur la méthadone. Après Rama Valayden, un collectif d’ONG et des habitants de la circonscription n°20 sont décidés à «ne pas laisser passer l’inacceptable».
 
Gayan, lui, reste silencieux. «Il est endurant et déterminé à poursuivre son travail», confie un proche parmi les proches. Est-il en sursis ? L’ex-MSM n’est plus, et depuis longtemps, dans les petits papiers d’Anerood Jugnauth. Lequel pourrait être tenté de «dégoupiller» son ministre pour asseoir son autorité et répondre ainsi aux demandes de sanction. Mais même les plus sévères détracteurs d’Anil Gayan savent qu’il ne peut s’agir que d’un dernier recours...
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