Un quinquagénaire broyé par une machine: Alteo ouvre une enquête interne

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La direction d’Alteo Milling, à Fuel, a ouvert une enquête sur les circonstances de l’accident de Gérard Baya (en médaillon).

La direction d’Alteo Milling, à Fuel, a ouvert une enquête sur les circonstances de l’accident de Gérard Baya (en médaillon).

C’est une image qui restera à jamais gravée dans la mémoire de cet employé d’Alteo Milling, à Fuel. En l’occurrence celle de son collègue Louis Gérard Baya se faisant presque broyer par une machine qu’il tentait de réparer, le vendredi 9 octobre. Ce père de trois enfants est tombé dans le coma. Il est admis à l’unité des soins intensifs de l’hôpital de Flacq où il a dû être amputé de la jambe gauche. Cet homme de 52 ans était vendredi soir sous respiration artificielle.

À Fuel, une enquête interne a été ouverte. Le ministère du Travail et la police de Flacq enquêtent, de leur côté. Les employés qui se trouvaient sur le site au moment du drame ont tous été interrogés.

En début d’après-midi vendredi, le groupe Alteo a émis un communiqué visant à «rassurer les employés que la situation est sous contrôle». Pour sa part, Serge Jauffrey, porte-parole des artisans sucriers, affirme qu’il compte suivre de près cette affaire. «Le coupable de cet accident devra démissionner. Je ferai tout pour le retrouver.»

«Il a été entraîné sur le tapis roulant avant d’être quasi broyé»

Le drame s’est produit peu avant 10 h 30. Gérard Baya, soudeur depuis trois ans pour le compte d’Alteo, a été rappelé en renfort pour réparer une machine communément appelée «éboueur» qui est tombée en panne. «Les superviseurs ont commencé à nous mettre la pression pour qu’elle soit réparée dans les plus brefs délais», raconte le collègue du quinquagénaire.

Toutefois, personne n’aurait informé Gérard Baya que la machine, dont le moteur ne fonctionnait plus, était toujours allumée. Lorsque ce dernier a commencé à inspecter l’engin, le moteur se serait tout à coup remis en marche. «Il a été entraîné sur le tapis roulant avant d’être quasi broyé», relate le témoin. Le personnel médical de l’usine a tenté de lui prodiguer les premiers soins avant de le transporter d’urgence à l’hôpital.

Sanjiv Parsan, le directeur de l’usine, aurait alors contacté Jean Marc, le frère de Gérard Baya, pour l’en informer. Celui-ci s’est immédiatement rendu à l’hôpital. Maureen Baya, l’épouse du quinquagénaire, ne se doutait pas de l’ampleur des blessures de son époux. «On nous avait dit qu’il avait juste subi une entaille.»

«Attendre 24 heures et de garder espoir»

Le plus dur pour elle a été d’expliquer à son fils, Andrew, âgé de neuf ans, ce qui était arrivé à son père. «On est démoralisé. Le médecin nous a demandé d’attendre 24 heures et de garder espoir.»

Il y a à peine un mois, se remémore Maureen Baya, son époux avait fait une chute. Et son médecin lui avait accordé deux semaines de repos. «Le sol de l’usine était glissant et il a perdu l’équilibre», explique-t-elle. Christina et Christelle, les filles de Gérard Baya, se disent outrées par les circonstances de l’accident dont a été victime leur père.

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