Roches-Noires: Ramgoolam devra rembourser Rs 40 M à l’ex-Bramer Bank

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La défunte Bramer Bank à Port-Louis.

La défunte Bramer Bank à Port-Louis.

Il lui faudra passer à la caisse. Navin Ramgoolam devra rembourser à l’ex-Bramer Bank le prêt de Rs 40 millions que celle-ci lui avait accordé en novembre 2010 pour l’acquisition de son campement à Roches-Noires. André Bonieux et Mushtaq Oosman, les Receiver Managers, nommés par la Banque de Maurice, ont déjà enclenché les procédures. Celles-ci visent à recouvrer les dettes de la défunte filiale de la British American Investment (BAI) auprès de l’ex-Premier ministre aussi bien qu'auprès d’autres débiteurs identifiés par la société singapourienne Ntan.

Ce prêt a déjà valu à l’ancien chef du gouvernement une inculpation pour blanchiment d’argent, le samedi 15 mai. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) l’a accusé d’avoir obtenu cet argent sans qu’il n’ait eu à offrir la moindre garantie en contrepartie. Mieux : les Rs 40 millions ont été puisées des placements des clients du pôle assurance de la BAI et le capital n’a jamais été remboursé. Un mois après cette transaction, la BA Insurance s’est portée garante pour Navin Ramgoolam auprès de la Bramer Bank à travers deux de ses directeurs, en l’occurrence Swadeck Taher et Rishi Sookdawoor.

SES COMPTES BANCAIRES SONT GELÉS

Une question reste, toutefois, en suspens : comment l’ex-Premier ministre, qui a dirigé le pays entre juillet 2005 et décembre 2014, va-t-il faire pour rembourser cette somme ? Ses comptes bancaires ont été gelés et le fisc compte lui réclamer Rs 55 millions sur les Rs 220 millions saisies dans ses deux coffres-forts, il y a sept mois.

Au Parti travailliste, on maintient que les récentes informations publiées dans la presse sur Navin Ramgoolam sont le fruit d’une vaste machination visant à le discréditer. De son côté, l’hôtel du gouvernement mène, ces jours-ci, une enquête discrète sur la nationalité que le Bureau du Premier ministre a accordée, le 20 septembre 2011, à Geneviève Augusta Anne-Marie Larmeroux, une Française née le 21 mars 1929 à Neuilly-sur-Seine. Cette dirigeante de la société Coccinelle France était en négociation avec le couple Ramgoolam, en 2011, pour racheter le campement de Roches-Noires à Rs 60 millions.

L’octogénaire, spécialisée dans le commerce de biens immobiliers, avait accepté d’acheter le bungalow pour la somme de Rs 36,3 millions. Soit, la dépendance à Rs 1,2 million et le droit du bail à Rs 22,5 millions. C’est ce que révèle le compromis de vente que l’express a en sa possession. La transaction devait être effectuée au plus tard le 30 novembre 2011, à l’étude de Me Didier Maigrot, à Port-Louis. Mais il semble qu’elle ne se serait jamais faite.

BLANCHIMENT ALLÉGUÉ. «RELATIONSHIP MAPPING» TERMINÉ POUR L’EX-PM

La National Crime Agency (NCA) de la Grande-Bretagne a déjà établi une liste de personnes proches de Navin Ramgoolam qui lui auraient permis de blanchir de l’argent à Londres. Le «relationship mapping» a démontré qu’un de ses amis agirait comme «comptable» pour lui et qu’il ne serait pas étranger à certaines transactions. C’est à partir de cette liste que la NCA a réclamée à l’Attorney General’s Office (AGO) des détails sur des cartes et documents bancaires saisis dans les deux coffres-forts de l’ex-Premier ministre à son domicile en février. L’AGO avait réclamé une entraide judiciaire en juillet à la demande du Central Criminal Investigation Department et pas par la Financial Intelligence Unit comme précédemment publié.

L’AFFAIRE ROCHES-NOIRES SUR LA TABLE DU DPP

La décision de déposer les charges formelles contre les suspects sera prise aussitôt que le DPP le conseillera, révèle le PM.

Le campement de l’ex-Premier ministre à Roches-Noires a été cambriolé en 2011.

LA police a bouclé son enquête sur le vol perpétré au campement de Navin Ramgoolam à Roches-Noires le 3 juillet 2011. C’est ce qui ressort d’une réponse écrite déposée au Parlement, jeudi après-midi, à la suite d’une question de Ravi Rutnah, député du MSM.

Dans sa réponse, le Premier ministre sir Anerood Jugnauth indique que le dossier a été remis au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). «La décision de déposer les charges formelles contre les suspects sera prise aussitôt que le DPP le conseillera», lit-on.

Trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire, dont l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam. Elles sont accusées provisoirement de complot pour commettre un acte illégal. Les suspects ont été relâchés sous caution.

Dans sa réponse, le Premier ministre rappelle que l’enquête a été rouverte après que Doomeswarsing Gooljaury, aussi appelé Rakesh, est venu «volontairement» consigner une déposition au Central Criminal Investigation Department, le 11 janvier 2015, en compagnie de son avocat. «Il est venu dire qu’il n’était pas présent à ce campement au moment du cambriolage, mais que Navin Ramgoolam et Nandanee Soornack étaient sur le lieu.»

Dans une première déposition qu’il avait faite en 2011, cet ancien ami de Navin Ramgoolam avait déclaré qu’il était présent au campement de Navin Ramgoolam lorsque le cambriolage avait eu lieu

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