John Lam Choo, président du National Price Consultative Council : Au chevet des consommateurs

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Étant lui-même un consommateur, le nouveau président du National Price Consultative Council (NPCC) qui est aussi un homme d’affaires avisé, vit la hausse des prix comme tout le monde. Il entend bien étudier les facteurs qui les font grimper et trouver le juste milieu entre les besoins des consommateurs et ceux des importateurs.
 
Impossible de berner John Lam Choo, qui sera bientôt quinquagénaire. Il est un homme qui connaît le monde des affaires et a de solides notions en économie. Ce fils aîné d’un couple de commerçants de la capitale a étudié les sciences au collège John Kennedy et se destinait au départ à la médecine.
 
Au final, une fois à l’université de Concordia à Montréal au Canada, il change son fusil d’épaule, optant pour une formation débouchant sur un diplôme en économie. Le Canada étant très strict dans les années 80 – et n’ayant pas de famille établie en Amérique du Nord pour le parrainer –, il regagne Maurice et prend de l’emploi dans une firme comptable.
 
Et lorsque le ministre des Finances abolit la taxe sur le textile au milieu des années 80, il reprend en main le commerce familial et le rend profitable en le spécialisant en accessoires de textile tels que les fils, boutons, élastiques, fermetures éclair, etc.
 
Une fois le business familial remis sur les rails, il passe la main à sa fratrie et ouvre pour lui Fashion Footwear, une usine de fabrication de chaussures à des fins d’exportation au Zimbabwe, en Tanzanie et au Kenya. Mais le plus gros de ses exportations va chez Bata au Zimbabwe qui envoie sa production dans les boutiques Edgars en Afrique du Sud.
 
«Je dois dire que c’est sur les encouragements de Chand Bhadain qui était à l’époque directeur de la défunte MEDIA, que j’ai été en Afrique.» Et cela lui réussit car pendant une dizaine d’années, l’usine tourne à plein régime.
 
C’est sans compter le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui se lance dans l’expropriation des terres des fermiers blancs et impose un contrôle de devises. «Aux coûts élevés de transport du fait que le Zimbabwe soit enclavé est venue s’ajouter la pénurie de devises.» Il ferme donc l’usine et crée en 2002 une nouvelle société et propose des cadeaux d’entreprise. Ses affaires marchent bien jusqu’à ce que le ralentissement de l’économie fasse les entreprises rogner leurs dépenses. «Les affaires ont bien ralenti», admet-il.
 
Mais il trouve tout de même le moyen de rebondir avec l’importation d’accessoires pour produits de nettoyage et d’hygiène au niveau industriel qu’il importe d’Asie et fonde une autre compagnie pour s’occuper de cette ligne.
 
John Lam Choo ne serait pas connu du grand public si sa route n’avait pas croisé celle d’Ashit Gungah, ministre de l’Industrie, du commerce et de la protection des consommateurs avec qui il sympathise. «J’ai senti le ministre très concerné par la hausse du coût de la vie.» Au cours d’une autre rencontre, le ministre Gungah lui parle du NPCC et indique qu’il veut empêcher certains importateurs sans scrupules de berner les consommateurs. Il le sonde en lui demandant s’il serait intéressé à en faire partie. John Lam Choo acquiesce car il sent lui-même le poids des prix sur son portefeuille de consommateur.
 
Il est toutefois surpris lorsqu’un vendredi aprèsmidi, l’attaché de presse du ministre Gungah l’appelle pour lui dire qu’il n’a pas été nommé membre mais président de ce conseil. «Je me suis dit que c’était l’occasion pour moi de passer de l’autre côté de la barrière et que le ministre Gungah m’offrait là un grand challenge.»
 
Le président du NPCC veut non seulement éduquer les consommateurs à propos de leurs droits mais aussi veiller, avec les autres membres du conseil, à ce qu’il y ait parité des prix dans toute l’île.
 
«La vie est chère. Les importateurs n’abusent pas en règle générale mais il y a quelques brebis galeuses qui le font. Nous veillerons à ce que cessent les abus. Nous examinerons tous les facteurs pour voir ce qui fait grimper les prix et voir où il est possible de les comprimer. Avec la bonne volonté de tous ceux concernés, je suis persuadé que nous y arriverons», assure cet homme marié à une informaticienne employée d’une banque commerciale et père d’une fille de 14 ans. Les consommateurs ne demandent qu’à voir…
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