La Rage au Ventre: Victoire par K.-O. de Gyllenhaal

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Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entraînement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

LA NOTE : 7/10

Artisan compétent jusquelà majoritairement dévoué aux «action flick» criblés de balles («Equalizer», «La Chute de la Maison Blanche»), le réalisateur Antoine Fuqua range un temps les gros calibres au placard pour s’atteler à un mélodrame sportif taillé dans le muscle. Le premier rôle de «La Rage au ventre», un temps promis au rappeur Eminem qui signera tout de même le titre «Phenomenal» sur la BO, atterrit finalement entre les mains de Jake Gyllenhaal. Un bon deal puisque l’acteur américain de 34 ans est aujourd’hui une valeur sûre d’Hollywood – ses récents coups d’éclat dans des oeuvres remarquables telles que «Prisoners», «Enemy» ou encore «Night Call» parlent pour lui – et il s’est plié à un entraînement intensif afin de métamorphoser son physique. Et on y croit.

Côté scénario, c’est un peu la  même rengaine de ce qu’on a l’habitude de voir dans les films qui usent de la boxe pour promouvoir de nobles success stories sportives, genre «Raging Bull», «Rocky», «Ali», «Million Dollar Baby» et autres «Fighter». Et le problème de ce film, c’est qu’il semble ne prendre absolument aucun risque vis-à-vis de la concurrence. Quoi qu’il en soit, si au niveau de l’intrigue, tout y est trop attendu et sonne classique, le film se trouve une âme grâce à la performance hallucinante de sa tête d’affiche. Gyllenhaal met en effet son talent au service du cinéaste Antoine Fuqua pour délivrer (encore) une grande partition. Gants aux poings, face à son adversaire, le regard est perfusé d’une rage que l’on sent authentique. En dehors il apporte également une dimension dramatique à son personnage cabossé et groggy, devenu vulnérable aux coups assénés violemment par la vie. Avec un côté dramatique appuyé mais jamais forcé, le film aborde une relation père/fille qui laissera naître une dose d’émotion légitime.

Côté réalisation, cette efficacité que l’on connaît à Antoine Fuqua est palpable dans «La Rage au ventre». Il impressionne par cette assurance et cette rigueur lorsqu’il filme des combats rythmés en contact direct du sang et de la sueur. Une séquence d’entraînement croisée entre les deux boxeurs rivaux à l’approche du duel final, certes un peu cliché mais qui fonctionne toujours, ne serait sans doute pas reniée par un bon épisode de la saga « Rocky ». Au final, si ce film ne s’impose pas chez les poids lourds de la catégorie, il reste fort divertissant, reposant essentiellement sur la performance physique saisissante de Jake Gyllenhaal. À voir pour les fans de films dramatiques et les amateurs de boxe.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Southpaw

Genre : Drame, Sport

Durée : 2 h 04

De : Antoine Fuqua

Avec : Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Whitaker, Oona Laurence, 50 Cent, Naomie Harris

Salles : Star Bagatelle, La Croisette

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