Ramesh Caussy, inventeur du robot Diya One: «Développer l’intelligence artificielle dans mon pays natal»

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Il a mis au point le premier robot neuro-inspiré, qu’il a baptisé Diya One. Cette invention lui a valu une reconnaissance mondiale et une collection de prix scientifiques. Et ce Franco-Mauricien, président fondateur de Partnering Robotics, une société française, nous a rendu visite durant la semaine. Conversation autour d’un parcours, d’une invention et d’un rêve… 

Quels types de robots produit votre société, «Partnering Robotics» ?

C’est une jeune entreprise innovante qui développe des robots dotés d’intelligence artificielle. Notre première création est Diya One, le robot qui prend soin de votre environnement intérieur. Il faut préciser que c’est un robot non-humanoïde. Diya est un mot indien qui veut dire la petite lumière. Et puis en France, où je travaille, on évoque souvent le siècle des Lumières, période historique. Cela m’a paru intéressant de faire le parallèle. On veut rayonner dans le monde.

 Quels talents possède Diya ?

C’est le premier robot mobile autonome qui prend soin de votre environnement intérieur, qui détecte la pollution de l’air et qui le purifie. Il n’a besoin de personne et se déplace comme un grand. En plus, comme vous et moi, il est capable de comprendre l’environnement qui change. Il navigue tout seul, est équipé de différentes technologies qui ont été validées par le Centre technique et scientifique du bâtiment en France. C’est une organisation extrêmement écoutée et honorable. Elle estime que les performances de Diya One en matière de détection et de purification de l’air intérieur sont tout  à fait remarquables.

Quelles sont les technologies qui ont été utilisées ?

La robotique de service, qui est la rencontre de plusieurs champs technologiques. On utilise donc de l’intelligence artificielle pour que Diya One soit capable de naviguer tout seul, mais aussi capable d’interaction, d’apprentissage. Il a l’équivalent du cerveau d’un petit rat, dispose de capteurs, est équipé de technologie laser et de technologie photonique.

Sa fonction première, c’est de purifier l’air. Mais où ?

Diya One est prévu pour fonctionner sur des plateaux d’entreprises et dans des musées, par exemple. Il évolue tout seul, détecte des choses et garantit la qualité de l’air dans ce genre d’espace.

Qu’en est-il des maisons ?

Diya s’occupe des bâtiments et des lieux publics. Il est prévu que dans  18 mois, nous aurons une version plus petite, moins chère et équipée d’autres services propres à l’espace domestique.

 Que diriez-vous aux gens pour qu’ils «embauchent» Diya ?

Diya est une plateforme sur laquelle on peut rajouter d’autres technologies. Pour faire simple, on l’a doté d’un système qui est capable de détecter les consommations électriques instantanées. Ce faisant, le robot peut aider à faire baisser les factures d’électricité dans les bâtiments.

Qu’est-ce qui distingue votre robot des autres ?

99,9 % des robots qui existent aujourd’hui utilisent des techniques de localisation pour pouvoir se repérer. Diya One fonctionne différemment. C’est un robot qui s’inspire des petits mammifères. Diya est doté de neurones artificiels qui lui permettent de reconnaître, de comprendre l’environnement qui change, qui évolue. Prenons un exemple, je n’ai pas dans mon cerveau une carte de l’endroit où nous sommes en ce moment. Mais grâce à lui, j’ai pu développer une capacité à me déplacer. Diya One fonctionne de la même manière et c’est ce qui en fait aujourd’hui une vraie première mondiale. Il peut, comme nous, évoluer dans un  environnement inconnu.

 Dites-nous en plus sur le papa de Diya…

J’ai eu la grande chance de débarquer dans l’industrie des technologies dans les années 1990. J’ai vu défiler les technologies et j’ai surtout participé à de belles aventures, comme la création du premier smartphone, le Palm, l’ADSL pour Alcatel, où j’ai fait partie de l’équipe qui a travaillé sur la télé connectée. Mais la robotique de service m’a toujours attiré.

Et Maurice dans tout ça ?

Je rêve de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice. Ce qu’il faut, ici, c’est une articulation entre la recherche, l’enseignement, l’industrie et l’innovation. Je peux aider Maurice dans ces directions-là. Ce serait formidable de pouvoir développer la robotique de service, l’intelligence artificielle et le big data dans mon pays natal. La recherche est indispensable pour préparer le futur. L’innovation technologique contribuerait à développer rapidement des opportunités au niveau des marchés et de l’emploi. L’éducation assurera la formation et dotera les personnes de nouvelles compétences.

Comment réussir cette transformation ?

L’on peut déjà s’interroger sur ce qui a été réalisé au cours des 10 dernières années dans les domaines cités plus haut. Tout en sachant que beaucoup de pays commencent à sortir des brevets, des produits innovants sur de nouveaux marchés, des programmes actualisés d’enseignement, des start-ups modernes qui réalisent des ventes et qui génèrent des emplois. Maurice doit ainsi passer à la vitesse supérieure. Et il ne faut pas toujours compter sur l’État. On peut également se demander quelle est la contribution des acteurs industriels économiques. 

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