Astrid Dalais, Directrice de Move for Art : Insuffler une âme à Port-Louis

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Sa date de naissance a beau indiquer qu’elle a 37 ans mais Astrid Dalais a conservé un look d’adolescente. Sa jupe de créateur, ses baskets ainsi que son sac à bandoulière contribuent à cet air juvénile. Mais la belle a bien bourlingué, se spécialisant dans la stratégie et dans la communication avant de faire ses preuves dans l’hôtellerie et l’événementiel tant à Maurice qu’en France. Astrid Dalais est la benjamine de la chef émérite Jacqueline Dalais, propriétaire de La Clef des Champs. Elle est l’enfant «que l’on n’attendait pas», celle qui est coiffée par trois frères aînés. Elle perd son père Cyril alors qu’elle n’a que six mois mais sa mère, sa famille et les amis de la famille font qu’elle est constamment entourée.

 Après avoir complété ses études secondaires au Lycée Labourdonnais, Astrid veut se spécialiser dans la publicité. Elle n’a pas oublié le stage qu’elle a effectué à l’agence Circus alors qu’elle était encore adolescente et au cours duquel Thierry Montocchio, le directeur, lui a transmis sa flamme pour le monde publicitaire. 

C’est à l’Institut universitaire technique de Montpellier qu’elle apprend les techniques de commercialisation. Elle va s’installer à Paris pour compléter ses études universitaires avec au final l’obtention d’une licence et d’un diplôme européen en communication. En vacances à Maurice, elle apprend que le groupe hôtelier Naïade cherche un coordinateur pour sa communication. Elle se laisse tenter et est recrutée. Après cinq années passionnantes, elle veut repartir vivre dans une grande ville, bousculer sa connaissance et se confronter à de nouveaux challenges. Entre-temps, elle revoit Guillaume Jauffret, un ami qu’elle avait perdu de vue lorsqu’il est parti en France. Ils échangent une longue correspondance pendant un an.

La jeune femme expédie alors son curriculum vitae aux entreprises ou aux décideurs qu’elle admire. Le Park Hyatt Paris-Vendôme lui propose le poste de Marketing Communications Manager et elle prend son envol. Bien qu’elle ait retrouvé Guillaume Jauffret et partage sa vie, leurs vies sont intenses et leurs emplois du temps pas les mêmes. Mais ce n’est pas un problème pour eux. 

«L’âme d’un lieu vient de ses propriétaires.»

Astrid Dalais décide de retourner vers un groupe hôtelier mauricien, Sun Resorts, qui a besoin d’une spécialiste pour la communication Europe, à Paris. Elle repart ensuite chez Naïade en tant que directrice de communication du groupe et opère à partir de l’Europe. Astrid Dalais réalise alors que ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est de donner vie à des lieux. «Quand on vit dans une ville, on voit à quel point les lieux vibrent, à quel point les espaces sont pensés pour favoriser l’échange, les concepts sont poussés, les idées, des plus simples aux plus élaborées, sont suivies de manière cohérente, les espaces deviennent hybrides avec un mélange art de vivre : mode, food, littérature… c’est inspirant !» Elle quitte le monde hôtelier après plus de 11 ans de carrière pour lancer la boîte Souffleuse d’Idées/Crafter of Ideas, spécialisée dans le conseil stratégique au niveau de l’innovation et des tendances. Son partenaire, Guillaume Jauffret, ouvre, lui, une agence de communication événementielle et culturelle Move for Art qui finit par absorber sa boîte de tendances. 

Grâce à leurs réseaux de contacts, ils décrochent des contrats d’événements pour des marques prestigieuses comme Vivendi, et ce, aux quatre coins du monde. Pour la Fondation Total, ils organisent la cérémonie d’inauguration du département des Arts de l’islam au musée du Louvre. Une fois l’an, ils organisent un événement à Maurice. 

Lors d’un casting dans l’île, ils rencontrent trois jeunes artistes de Roche-Bois ayant bénéficié d’une bourse pour se perfectionner dans les arts du cirque en Chine, mais qui n’ont pas de suivi de formation plus pointue et qui n’ont pas eu l’occasion de progresser dans ces disciplines car il manque de structures au niveau local. Touchés, Astrid Dalais et Guillaume Jauffret se disent qu’ils aimeraient participer au développement culturel de leur île, avec tous les acteurs déjà en place. Ils regagnent Paris une fois l’événement terminé. Le travail afflue en 2012 et ils font 14 déplacements outre-mer.

 Dans les semaines qui suivent l’accouchement du petit Roman, aujourd’hui âgé de trois ans et demi, Astrid Dalais et Guillaume Jauffret décident de lui offrir une enfance plus proche de la nature et de regagner Maurice. Ils ne cessent d’observer la capitale et rêvent de la voir reprendre vie le soir, tout en offrant des lieux d’expression aux artistes. C’est ainsi que le projet culturel «Porlwi» prend forme avec pour thème cette année «by light». «Là où je vais, que ce soit un café, un hôtel, un bureau, ou n’importe où, je ne peux m’empêcher de me demander comment améliorer l’endroit, comment insuffler de la vie au lieu. Cela boosterait le trafic, la notoriété et finalement le chiffre d’affaires. L’âme d’un lieu vient de ses propriétaires. Il est possible de les aider à y mettre de la vie par des actions stratégiques et cohérentes.» Selon elle, les lieux purement touristiques ne marchent plus car le touriste veut découvrir l’âme d’un pays. «Nous avons une capitale magnifique qui vit le jour mais qui est morte à partir de 17 heures alors qu’elle a un potentiel énorme.» 

Rêvant d’un futur agréable pour l’île, le couple travaille intensément sur son projet Porlwi by Light. Projet qui dispose d’un comité organisateur comprenant plus de 30 personnes. «Cet événement, qui sera annuel, comprend une série d’actions culturelles autour de Port-Louis destinées à donner une impulsion culturelle pour éveiller les consciences sur la nécessité d’un développement réfléchi et intégré de Port-Louis…»

 
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