Anna Patten:Pas à pas

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Treize mois après la disparition de Sanedhip Bhimjee, vous retrouvez la scène avec un spectacle intitulé «Rhythm of Fire». Comment avez-vous fait pour rebondir sans votre âme sœur?

Cela a été très difficile. J’ai gardé toutes ses affaires. J’hésite à partager ses vêtements. Sanedhip était la vie. Après sa disparition, j’étais cassée. Je ne voulais plus m’occuper de moi. Je me laissais aller. Ma sœur m’a parlé et m’a fait comprendre que Sanedhip n’aurait pas voulu me voir ainsi. J’ai donc pris sur moi pour continuer la traversée. Et même si Sanedhip n’est plus à mes côtés physiquement, il est présent dans ma tête. Je sens qu’il est là, qu’il me regarde. Il me disait : Consacre-toi à ton art, je m’occupe du reste. Aujourd’hui, je fais tout. 

Que faites-vous durant votre temps libre ?

Honnêtement, j’essaie de ne pas avoir de temps libre. Cela me permet de ne pas penser. Je me lève tôt, soit à 5 heures du matin et ne dors que deux heures par nuit. Je regarde la télévision jusqu’à ce que je sois épuisée. Et depuis la disparition de Sanedhip, je monte des spectacles pour passer le temps, pour continuer à respirer, à avancer. 

 Que faites-vous durant le week-end ?

Le samedi, je donne des cours à mes élèves toute la journée jusqu’à fort tard. Le dimanche matin, je suis dans ma cuisine à préparer des plats. Lorsque Sanedhip était encore là, c’est lui qui cuisinait. Là, je le fais jusqu’à environ midi-12 h 30. Après, je fais les cent pas. Je n’aime plus le dimanche. Je n’aime plus la vie mais j’aime encore la danse. 

Gourmande ou gourmet ?

Ni l’un, ni l’autre. Quand Sanedhip était encore là, nous faisions attention à notre alimentation. Aujourd’hui, je mange ce que j’ai envie. Il faut profiter de la vie car elle est courte. Il m’arrive même de sauter des repas.

Vos péchés mignons ?

Je ne craque plus pour quoi que ce soit aujourd’hui. Sanedhip m’emmenait toujours des petits gâteaux sucrés, tout comme il m’achetait des roses tous les dimanches. J’adorais cela. Maintenant cela ne m’intéresse plus. Si le mot ‘amour’ n’existait pas dans le dictionnaire, on aurait aisément pu le remplacer par Anna-Sanedhip. 

Quels livres lisez-vous ?

Autrefois, je lisais des magazines. Aujourd’hui, je ne lis plus. Je suis devenue bizarre. En fait, je crois que je suis en colère contre la vie.

Quelle musique écoutez-vous ?

J’écoute surtout des chansons de chanteurs comme Arjit Singh. Elles me donnent beaucoup de motivation et m’aident à continuer la route. 

Quelle est votre idée du bonheur ?

Le bonheur, c’est la santé. C’est  le plus important. 

Qu’auriez-vous voulu faire avant de quitter ce monde ?

J’aurais voulu continuer à faire des spectacles afin de laisser en héritage l’empreinte de Sanedhip et la mienne.

 
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