Un artiste australien se fait greffer une «oreille» sur le bras pour la connecter à l’Internet

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Il s’appelle Stelarc et est un artiste décidément pas comme les autres. Le fonds de commerce de cet Australien, ce sont les «performances» artistiques mêlant nouvelles technologies et exploration du corps humain. Il y a quelques années, il s'est fait pousser sur le bras une troisième «oreille» dans le cadre d’un projet totalement inédit. «Cette oreille n’est pas pour moi, j’en ai déjà deux bonnes pour entendre. Cette oreille est un dispositif d’écoute à distance pour les personnes dans d’autres endroits», explique-t-il à la chaîne ABC News (Australian Broadcasting Corporation). Cette oreille, il veut aujourd’hui connecter à l’Internet pour être suivi à la trace.

L'artiste, qui est aussi un professeur d’anatomie alternative à l’université Curtin, à Perth, dans l'Etat d'Australie occidentale, a fait pousser sur son bras l’«organe» construit en partie «grâce à la chirurgie». C’est une structure en biopolymère qui lui a été posée sous la peau. Toutefois, la culture cellulaire entre aussi en jeu, puisque quelque temps après la greffe, des tissus et vaisseaux sanguins ont commencé à grandir autour.

Stelarc veut aujourd'hui y insérer un micro miniature connecté à internet qui enregistrerait les bruits ambiants, de même qu'un GPS qui permettrait aux internautes de suivre ses déplacements.

«C’est quand l’art surprend qu’il devient véritablement intéressant», affirme ainsi l’artiste à CNN. «C’est parce qu’il génère cette anxiété, cette incertitude et cette ambivalence qui poussent le corps à voir le monde différemment.»

Poursuivant son explication, cette fois à l’Australian Broadcasting Corporation, il fait remarquer que de nos jours «de plus en plus, les gens deviennent des portails internet. Imaginez que je puisse entendre avec les oreilles de quelqu'un à New York, imaginez qu'au même moment je puisse voir avec les yeux de quelqu'un à Londres». Lorsque son «oreille» sera connectée, «il n'y aura pas d'interrupteur», précise-t-il. «Si j'éteins mon modem chez moi ou si je suis quelque part ou il n'y a pas de wi-fi, peut-être que je serais déconnecté mais l'idée c'est que l'oreille reste en ligne à tout moment.»

Ce n’est pas la première fois que Stelarc crée une telle «performance». Ce directeur du laboratoire des anatomies alternatives à l'Université de Curtin, a déjà utilisé un troisième bras robotisé pour écrire et créé un exosquelette, voire un robot à six jambes. «Avoir un oreille supplémentaire est une sorte de progression naturelle.» 

L'idée de se faire pousser une «oreille» sur le bras lui est venue en 1996 et le projet a commencé à être mis en oeuvre une dizaine d'années plus tard. 

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