Le jardin communautaire de Caritas Solitude

Avec le soutien de
Christiane Pasnin, coordonnatrice de La Caze Lespwar (2e à partir de la g., au 1er plan), entourée de la dynamique équipe de jardinières. [Photos : Dev Ramkhelawon]

Christiane Pasnin, coordonnatrice de La Caze Lespwar (2e à partir de la g., au 1er plan), entourée de la dynamique équipe de jardinières. [Photos : Dev Ramkhelawon] 

Depuis 2011, La Caze Lespwar-Caritas Solitude a lancé un projet de jardin écologique sur environ un arpent dans ce village du nord de l’île. Il a pour objectif l’autonomisation des bénéficiaires.
 
 
Faisant fi du temps de grenouille de ces derniers jours, nous sommes allés à la découverte d’un projet porteur de beaucoup d’énergie positive : celui du jardin communautaire de La Caze Lespwar-Caritas Solitude, dans le nord de l’île. Sur place, nous rencontrons Christiane Pasnin, coordonnatrice de cette antenne de Caritas île Maurice – organisation non gouvernementale (ONG) oeuvrant en faveur des démunis. Elle nous apprend que le jardin a vu le jour en février 2011 avec l’appui de la Terra Foundation et de la Fondation Nouveau Regard du groupe CIEL.
 
 
Derrière le bâtiment qui fait office de bureau et de salle de formation, les bénéficiaires du projet – elles sont huit actuellement – sont occupées aux diverses tâches du jardin sous la responsabilité de Rosemarie Bernard et Shalini Rungen. Rosemarie nous confie avec fierté : «Kan ou trouv sa zardin la ver koum sa, se lamour ki nou finn met ladan». Nous la croyons sans peine en contemplant les légumes, herbes aromatiques, plantes et arbres fruitiers cultivés sur environ un arpent, autour d’un longanier tutélaire : pé-tsaï, laitues, choux, brèdes «basmati», betteraves, épinards, radis, aubergines, haricots verts, soja, maïs, menthe, basilic, thym, papayers, mandariniers, bananiers… un modèle de polyculture.
 
 
 
Le brède ‘basmati’.
 

Insecticide Biologique

Les méthodes agricoles employées sont écologiques, nous dit Christiane Pasnin et pour épauler l’équipe féminine, un «comité jardin» lui rend visite une fois le mois ou plus souvent, au besoin. Il comprend des volontaires spécialisés en agronomie et en plomberie, notamment. Le projet bénéficie, en sus, de l’expertise du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) et de l’Entomology Division du ministère de l’Agro-industrie, pour la lutte biologique contre la mouche des fruits. Le contrôle des insectes ravageurs et champignons parasites se fait par ailleurs grâce à l’huile de neem alors que le compost, préparé sur place au moyen de deux composteurs, sert d’engrais naturel. L’objectif du projet de jardin communautaire, explique Christiane Pasnin, est celui de toutes les actions entreprises par La Caze Lespwar, soit : «OEuvrer au développement intégral et intégré de la personne». Depuis 2011, 64 femmes de Solitude, Pointe-aux-Piments et Triolet, toutes confessions confondues, ont participé au projet. Pendant six à sept mois, en plus de leurs responsabilités au jardin, elles suivent une formation en «life skills management». Ainsi, outre des cours d’alphabétisation, elles apprennent à faire un budget, à avoir l’esprit équipe, confiance en elles et à être disciplinées, entre autres. Christiane Pasnin se dit très satisfaite des résultats obtenus car de leurs 64 bénéficiaires, 54 ont maintenant un emploi et certaines ont même créé leur petite entreprise telle une pépinière.
 
Lors de notre visite, la coordonnatrice met l’accent sur l’atmosphère familiale qui règne parmi les bénéficiaires, essentielle à la réussite du projet. «Mo bien kontan mo travay; enkouraz bann madam, fer zot senti zot kot zot mem», confirme Shalini. Elle est rejointe par Rosemarie qui lance, dans un sourire : «Kan bann madam vinn isi, zot stres ale !».
 
 
Dans le cadre du cinquantenaire de Caritas île Maurice, célébré cette année, Christiane Pasnin fait ressortir que La Caze Lespwar offre un ensemble de services, «fruit des cinquante ans d’expérience» de l’ONG : un centre d’éveil pour les enfants de deux à trois ans, un service d’écoute, diverses formations pour adultes et enfants et un «service logement», soit des prêts. À Caritas Solitude, le jubilé verra l’inauguration, le 24 octobre, d’une boutique solidaire où seront proposés des denrées alimentaires non périssables dans un premier temps et des produits du jardin par la suite.
 

En images

Un aperçu, avec les dames du jardin de La Caze Lespwar, des légumes et plantes fruitières qui font l’objet de toute leur attention.
 
 
Les brèdes de Chine.
 
 
 
Les calebasses.
 
 
 
Les choux.
 
 
 
Les laitues.
 
 
 
Le maïs.
 
 
 
Les bananiers.
 
 

Infos pratiques 

Le jardin communautaire de Caritas Solitude met en vente ses fruits et légumes du lundi au samedi, de 8 heures à midi. Une partie de la production est aussi disponible à La Corbeille, au Domaine de Labourdonnais, Mapou.
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