Emploi d’étrangers: «Les Mauriciens moins enclins à travailler…»

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Pour des opérateurs, il est difficile de se passer de travailleurs étrangers dans des secteurs comme la menuiserie car ils sont plus disposés que les Mauriciens à faire des «overtime».

Pour des opérateurs, il est difficile de se passer de travailleurs étrangers dans des secteurs comme la menuiserie car ils sont plus disposés que les Mauriciens à faire des «overtime».

Les travailleurs mauriciens sont-ils moins compétents puisque des employeurs ont recours à des ouvriers étrangers? Pas du tout, à en croire Gérard Uckoor, le président de l’Association des petits contracteurs. Le problème, dit-il, ne réside pas dans les qualifications des travailleurs locaux. Au contraire, fait-il valoir, la main-d’oeuvre locale est très qualifiée. Mais force est de constater que des employeurs ont recours aux expatriés au point où les autorités veulent limiter leur recrutement dans deux secteurs, la construction et le tourisme. Elaborant sur la question, d’autres patrons montrent du doigt l’attitude de l’employé mauricien envers son travail.

38 695 expatriés ont travaillé à Maurice l’an dernier. Les données, qui émanent du ministère du Travail, indiquent aussi que 30 464 d’entre eux ont opéré dans le secteur manufacturier, 5 137 dans la construction et 728 dans le secteur touristique. Le salaire est attrayant dans le secteur de la construction, fait valoir Gérard Uckoor. Il prend le cas d’un maçon qui peut toucher jusqu’à Rs 1 200 en une journée. Idem pour un charpentier qui peut être payé jusqu’à Rs 1 000 par jour.

Le réel souci, souligne Gérard Uckoor, se situe au niveau de la différence quant au rythme de travail. En fait, explique-t-il, les Mauriciens sont moins enclins à travailler jusqu’à des heures tardives. Certains ne viendraient pas travailler les lundis, gonflant ainsi le taux d’absentéisme.

«De moins en moins de Mauriciens veulent faire des métiers réputés pour être fastidieux»

De son côté, Amar Deerpalsing, le président de la fédération des Petites et moyennes entreprises, martèle qu’on ne peut pas se passer des travailleurs étrangers. Il prend l’exemple des restaurants spécialisés où il est impossible d’opérer sans expatriés, comme les locaux ne possèdent pas l’expertise nécessaire.

Il ajoute qu’il y a également d’autres secteurs, comme la menuiserie, la pâtisserie, la boulangerie et le textile, où l’apport de la main-d’oeuvre étrangère est primordial. «La vérité, c’est qu’il y a de moins en moins de Mauriciens qui veulent faire ce type de métiers, qui sont réputés pour être fastidieux et peu rémunérateurs», conclut notre intervenant.

Alors que les ouvriers étrangers, eux, sont preneurs. Le syndicaliste Feizal Ali Beegun avance que les expatriés s’investissent davantage dans le travail pour gagner de l’argent qu’ils envoient ensuite à leur famille. «Pour certains travailleurs étrangers, Rs 9 000 c’est beaucoup. Tout en sachant que ce montant peut doubler lorsque l’argent est converti dans leur pays d’origine. C’est notamment le cas des Bangladais, des Népalais et des Sri-Lankais.» D’ailleurs, insiste-t-il, c’est pour les mêmes raisons qu’ils n’hésitent pas à faire des heures supplémentaires.

Ajay Sumbhoo, Managing Director de la société de construction Capricorn Co. Ltd, estime que si l’on veut se passer de main-d’oeuvre étrangère dans ce secteur et privilégier les ouvriers locaux, tout dépendra de l’envergure des projets. «Si l’on parle de constructions telles que les smart cities ou les technopoles et que nous nous reposons uniquement sur la main d’oeuvre locale, nous risquons d’être à court d’effectifs.»

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