Barlen Pillay, Manager de la Legal and Business Facilitation Division, MCCI: Adroit en affaires

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Changer la culture des affaires par l’introduction de bonnes pratiques, c’est ce à quoi s’est attelé avec un succès certain Barlen Pillay, Manager de la Legal and Business Facilitation Division à la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI). Il est convaincu que cela et l’esprit d’innovation et de la créativité sont des clés qui feront de Maurice un High Income Generating Revenue Country.
 
Avec son diplôme en droit du commerce international de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, une solide expérience auprès de cabinets juridiques parisiens et une dizaine d’années au service du Groupe Bouygues dont dans sa filiale offshore, Barlen Pillay aurait certainement pu naviguer dans de grandes eaux internationales s’il était resté à Paris. Mais c’est sur un coup de tête, en 1995, que cet aîné d’un ingénieur agronome, qui a vécu 23 ans à Paris avec sa mère Rodhia, s’est laissé convaincre par sa future épouse de retrouver son île natale. «C’était sur un coup de tête», reconnaît-il, ajoutant en riant «qu’il fallait être fou ou très amoureux pour tout quitter ainsi.»
 
Il ne le regrette pas car peu après son retour, il rencontre Jean-Claude Montocchio, secrétaire général de la MCCI, qui voit immédiatement l’avantage de l’employer car la MCCI cherche à mettre sur pied son département juridique. Barlen Pillay a une vision plus large. Il a aussi d’autres projets en tête. «Je ne suis pas un juriste qui dit qu’on ne peut faire ceci ou cela. Je fonctionne autrement : je dis ce qui est possible de faire et comment on peut le faire», explique-t-il.
 
Il commence par élargir et moderniser le comptoir de détaxe à l’aéroport. Étant nouveau venu, il doit convaincre son personnel, le département des douanes, le ministère des Finances mais aussi les opérateurs du bien-fondé de sa démarche. Aujourd’hui, au vu des résultats, personne ne se plaint.
 
Réalisant que trop d’affaires à l’époque se font au feeling, il décide de sensibiliser les opérateurs sur les bonnes pratiques, à commencer par la mise en place de contrat écrit et négocié entre les parties. «Qui dit business, dit risque et l’instrument juridique par excellence pour maîtriser les risques et les coûts, c’est le contrat. Et en cas de problème, l’arbitrage et la médiation entrent en jeu à travers les clauses à cet effet.»

DÉCISIONS JUDICIEUSES

C’est une toute nouvelle culture qu’il instaure avec la mise en place d’un Centre de médiation et d’arbitrage au sein de la MCCI. Le message qu’il répète alors aux opérateurs, c’est que l’ère des préférences est révolue, qu’il est possible d’avoir des ambitions internationales et faire du business mais qu’il faut être compétitifs et efficaces et s’appuyer sur les bonnes pratiques. Là où il rencontre des poches de résistance, c’est du côté des juristes qui sont davantage en faveur du règlement de contentieux par la cour plutôt que par l’arbitrage et la médiation. «Durant ces 20 dernières années, j’ai passé du temps à répéter aux juristes qu’on ne va pas leur enlever le pain de la bouche et leur démontrer que les activités juridiques commerciales sont ancrées dans le monde économique.» Un challenge constant, selon lui.
 
Barlen Pillay a amené la MCCI à prendre d’autres décisions judicieuses comme ouvrir son membership aux professionnels intéressés. Il a aussi participé au lobbying pour que le gouvernement introduise la loi sur la concurrence à Maurice et a aussi contribué à la création de l’Outsourcing Telecommunications Association of Mauritius. «Le rôle de la MCCI n’est plus de se battre pour le maintien des préférences mais pour la compétitivité. Mon souhait dans les mois à venir est que les entreprises maîtrisent les bonnes pratiques et la culture de l’innovation.»
 
Pour ce professionnel, l’autre étape pour que Maurice devienne un pays à hauts revenus, c’est le droit à la propriété intellectuelle. De ce fait, les 28 et 29 septembre, il organise un atelier de travail sur la propriété intellectuelle et le développement économique.
 
«Si notre modèle est Singapour et Hong-Kong, nous devons nous donner les moyens de suivre ces exemples», dit cet homme qui se dit satisfait d’avoir pu contribuer à améliorer l’environnement des affaires en s’appuyant sur une institution comme la MCCI.
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