Commission d’enquête: «Maurice est devenu un pays producteur de drogue», dit Sam Lauthan 

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L’ancien ministre Sam Lauthan explique que la commission devra effectuer un état des lieux sur le trafic de la drogue.

L’ancien ministre Sam Lauthan explique que la commission devra effectuer un état des lieux sur le trafic de la drogue.

D’un pays consommateur, Maurice est passé au stade de pays producteur. C’est l’avis du travailleur social et ancien ministre Sam Lauthan. Il a prêté serment devant la présidente Ameenah Gurib-Fakim aux côtés de Dr Ravind Kumar Domun comme assesseurs de la commission d’enquête sur le trafic de drogue, mardi 14 juillet. Celle-ci est présidée par l’ex-juge Paul Lam Shang Leen. 
 
 «Il était grand temps de mettre de l’ordre», confie Sam Lauthan à l’express. D’autant plus que les drogues synthétiques ont pris d’assaut le marché. Ironiquement, ce sont peut-être les drogues synthétiques qui amèneront les changements attendus. Car de l’avis du travailleur social, qui lutte contre ce fléau depuis plus de 38 ans, «plus grave encore que la drogue, il y a l’indifférence. Mais avec les drogues synthétiques, les gens prennent conscience du danger». Et comme la drogue touche toutes les couches de la société, on ne peut plus l’ignorer, estime-t-il.

Des drogues concoctées dans des laboratoires clandestins 

Il affirme que dans les années 80, quand il avait déposé devant la commission Rault, il avait déjà tiré la sonnette d’alarme à propos des drogues synthétiques. Mais ce fléau, loin d’avoir été endigué, «s’est vite répandu. Les drogues sont de plus en plus accessibles».
 
Et si, «auparavant, ce sont les barons de la drogue des pays d’Amérique latine qui employaient des savants pour fabriquer des drogues de synthèse, ce n’est plus le cas maintenant». Aujourd’hui, affirme Sam Lauthan, ces mêmes drogues sont concoctées dans des laboratoires clandestins à Maurice même.

Cocktails explosifs

Comme les drogues de synthèse sont à base de cocaïne, les barons locaux importent cette drogue, sous une forme très concentrée, pour ensuite la modifier dans des home-based laboratories. «Certains ingrédients, pris seuls, ne comportent pas de risques. C’est le mélange avec d’autres produits illicites, souvent chimiques, qui rend les drogues synthétiques explosives», explique Sam Lauthan.
 
Notre interlocuteur s’inquiète aussi du fait que les toxicomanes sont de plus en plus jeunes : «Il y en a qui commencent à se droguer très tôt. C’est vraiment inquiétant.» Il affirme que certains consomment des médicaments dès l’âge de dix ans.
 
Et si auparavant, les soft drugs étaient, selon l’ancien ministre, la voie vers les drogues dures, ce ne serait plus le cas. «Certaines personnes consomment directement les drogues dures. Ce qui augmente leur dépendance.»
 
La commission, explique Sam Lauthan, établira un calendrier de travail. Elle devra, entre autres, faire un état des lieux sur le trafic de drogue et rechercher des preuves établissant des liens entre des barons de la drogue et des membres de la classe politique, ainsi que définir des stratégies pour combattre ce fléau. La Dangerous Drugs Act, affirme le travailler social, sera revue dans sa globalité.
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